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La Conférence des Présidents déplore la tragédie en Ukraine mais n’accuse pas Moscou

L'organisation-cadre qui rassemble 50 groupes juifs américains évite d'attribuer l'attaque à Russie mais l'a mis en garde contre le "révisionnisme historique"

La Conférence des présidents des principales organisations juives américaines (CoP) a émis un communiqué, mercredi, exprimant son indignation face à une « tragédie humanitaire » actuellement en cours en Ukraine tout en évitant de blâmer la Russie.

« Nous pleurons les nombreuses victimes de ce conflit non-nécessaire et meurtrier. Nous recommandons vivement de trouver une solution rapide, pacifique et durable à cette crise », a fait savoir l’organisation-cadre américaine qui représente 50 groupes juifs, ajoutant qu’elle participe actuellement aux initiatives visant à apporter une aide humanitaire aux populations en souffrance.

La CoP a salué les pays qui ont ouvert leurs frontières aux réfugiés ukrainiens et elle a encouragé les États-Unis à prendre la même décision.

Elle a également appelé à ce que les sites historiques – comme le mémorial du massacre de Babi Yar, à Kiev – soient protégés mais elle a évité de désigner la Russie comme étant la responsable des frappes qui ont eu lieu dans ces secteurs.

Une attaque au missile, cette semaine, a eu lieu aux abords du site de commémoration.

« Nous encourageons toutes les parties et en particulier la fédération russe à s’abstenir de pratiquer un révisionnisme historique qui banalise et qui dénature la réalité de la Shoah », a noté la CoP – la seule mention faite à la Russie dans le communiqué.

Le président russe Vladimir Poutine, qui a ordonné la semaine dernière à ses forces d’envahir l’Ukraine, a affirmé qu’une partie de son objectif était de « dénazifier » l’Ukraine.

Des pompiers marchent dans les décombres après une frappe des forces russes qui a pris pour cible la Place de la Constitution à Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine, le 2 mars 2022. (Crédit : Sergey BOBOK / AFP)

L’approche prudente adoptée par la Conférence des Présidents est similaire à celle d’Israël – qui s’est attiré les foudres, mardi, d’un diplomate européen qui a accusé Jérusalem de ne pas être en phase avec les critiques de la Russie émises par nes nations occidentales.

« Israël ne peut pas ne pas décider de s’aligner sur les pays européens et sur les États-Unis », a déclaré ce diplomate européen qui s’est entretenu sous couvert d’anonymat avec le Times of Israël.

Le Premier ministre Naftali Bennett avait dit, dans la matinée de mardi, que l’État juif cherchait à « discrètement apporter son aide » tout en préservant ses intérêts stratégiques, se référant à la nécessité de conserver des relations avec la Russie qui contrôle l’espace aérien de la Syrie, un territoire où Israël est amené à frapper des cibles liées à l’Iran.

Si l’État juif a exprimé son soutien aux Ukrainiens et que a fait livrer cent tonnes d’aide humanitaire, Bennett a évité d’interpeller directement Poutine, refusé une demande ukrainienne d’équipements militaires et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’est abstenu de condamner nommément la Russie pour le bombardement du site du mémorial de Babi Yar à Kiev, où les nazis avaient massacré des dizaines de milliers de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale, en 1941.

Toutefois, Israël a soutenu mercredi une résolution de l’Assemblée générale condamnant la Russie et Lapid a déclaré que l’invasion russe de l’Ukraine était « une grave violation de l’ordre international ».

Israël s’efforce d’évacuer ses citoyens dans les pays voisins de l’Ukraine, et tente aussi de faciliter l’immigration en Israël des Juifs ukrainiens. Des centaines d’entre eux devraient arriver la semaine prochaine à Tel Aviv.

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