La décision d’Israël de renvoyer des tomates à Gaza suscite des rumeurs
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La décision d’Israël de renvoyer des tomates à Gaza suscite des rumeurs

L'armée israélienne ainsi que le Hamas ont affirmé que la cargaison a été renvoyée parce qu'elle avait été cachée parmi des choux

Un agriculteur palestinien cueillant des tomates pour l'exportation à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le 2 mars 2011 (Crédit : Abed Rahim Khatib / flash 90)
Un agriculteur palestinien cueillant des tomates pour l'exportation à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le 2 mars 2011 (Crédit : Abed Rahim Khatib / flash 90)

Israël a, mardi, nié l’idée que plusieurs tonnes de tomates produites à Gaza ont été rejetées à l’importation car elles contenaient des produits chimiques cancérigènes.

Les activistes palestiniens avaient affirmé que le produit avait été renvoyé parce qu’il n’est pas bon à la consommation, probablement dû à une mauvaise utilisation des pesticides. Un militant a posté des images sur son profil Facebook d’un pesticide en particulier, le Nemacur 400 CE, qui, selon lui causerait le cancer en raison de sa « mauvaise utilisation dans la bande de Gaza depuis des années ».

Une source de Tsahal a confirmé au The Times of Israel mardi que les tomates ont été rejetées mais a précisé que la décision n’avait pas de lien avec des produits chimiques cancérigènes.

« Jeudi dernier, il y avait une cargaison de choux en provenance de la bande de Gaza à destination d’Israël qui avait à l’intérieur une cargaison dissimulée de tomates non déclarées », a expliqué la source. « Ceci est contre les protocoles du ministère de l’Agriculture et les tomates en question ont été renvoyées ».

Tahsin Al-Saqa, le directeur du marketing pour le ministère de l’Agriculture de Gaza, a déclaré aux médias palestiniens lundi que les tomates ont effectivement été cachées dans un chargement d’autres légumes. Mais, selon lui, les rumeurs sur les produits chimiques cancérigènes étaient des mensonges malveillants « propagés par l’occupation ».

Selon Saqa, les tomates ont été placées parmi les choux par des commerçants agricoles de Gaza entreprenants qui tentaient de contourner une interdiction contre les exportations de tomates émis par son ministère il y a deux semaines. « Les exportations de tomates en Israël sont actuellement interdites en raison de leur rareté dans la bande de Gaza et de la hausse des prix », a-t-il dit, attribuant la pénurie de tomates à la récente vague de froid.

Des tomates à vendre au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, en septembre 2012 (Crédit : Oren Nahshon / Flash90)
Des tomates à vendre au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, en septembre 2012 (Crédit : Oren Nahshon / Flash90)

Dans la période précédant l’interdiction, a poursuivi Saqa, 300 tonnes de tomates ont été exportées vers Israël et la Cisjordanie. Il a noté que la bande de Gaza a 8 000 dunams (2 000 acres) consacrés à la culture de la tomate et 4 000 à 5 000 tomates cultivées dans les serres.

L’importation de produits en provenance de Gaza à Israël a été complètement interdit par Israël après que le Hamas a pris le contrôle du territoire en 2007. Toutefois, cette interdiction a été annulée en mars dernier et les agriculteurs palestiniens de Gaza depuis exportent vers Israël principalement des tomates et des aubergines.

Avant le retrait unilatéral d’Israël de Gaza en 2005, les implantations y étaient connues comme une puissance agricole, en particulier dans la production de tomates – elles étaient responsables de 45 % des exportations de tomates d’Israël et 95 % des exportations de tomates cerises. Une grande partie de la production a été obtenue grâce à des techniques agricoles avancées dans les serres. Pendant le retrait, les serres ont été achetées par des donateurs internationaux pour le secteur agricole de Gaza. Cependant, ils ont été rapidement mis à sac par les habitants de la ville de Khan Younis qui leur ont causées des dommages irréparables.

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