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La démission des internes en médecine reportée après l’annonce d’un nouveau plan

L'action est reportée de 24 heures après que le ministère de la Santé a annoncé qu'il présenterait une nouvelle offre suite au rejet du plan précédent

Des internes en médecine manifestent pour de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 9 octobre 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des internes en médecine manifestent pour de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 9 octobre 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)

Des centaines d’internes en médecine qui s’apprêtaient à remettre leur lettre de démission dimanche dans le cadre d’une manifestation à l’échelle nationale en faveur de la réduction des heures de travail ont accepté de reporter leur décision de 24 heures afin de donner au ministère de la Santé la possibilité de faire une offre pour mettre fin à l’impasse, a rapporté la radio de l’armée.

Une proposition précédente du ministère a été rejetée par les internes car elle était loin de satisfaire leurs demandes.

Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, devait faire une annonce plus tard dans la journée avec une proposition actualisée, a rapporté la station.

Entre-temps, les manifestations de soutien aux internes se sont poursuivies. Des centaines d’étudiants en médecine ont défilé dimanche à Tel Aviv, bloquant les routes et les carrefours.

Les internes en médecine ont protesté contre les gardes de 26 heures qu’ils sont obligés de faire, et ont rejeté une proposition du gouvernement visant à réduire progressivement les gardes à 18 heures d’ici 2026 – mais seulement dans 10 hôpitaux situés dans des zones périphériques.

Des lettres de démission avaient été préparées pour être remises dimanche à 20 services de différents hôpitaux, selon l’organisation Mirsham, qui représente certains des internes du pays et qui est à l’origine de la protestation.

Mirsham a déclaré qu’au moins 50 % des internes dans les départements avaient signé les lettres à soumettre dimanche, et il y avait environ 20 autres départements où un pourcentage similaire d’internes ont déjà signé des lettres qui devaient être remises à une date ultérieure alors que la campagne de protestation se poursuit, a rapporté le quotidien Haaretz.

Des internes en médecine manifestent pour de meilleures conditions de travail devant le bureau de santé du district de Tel Aviv, le 7 octobre 2021. (Miriam Alster/Flash90)

Ces démissions devaient être la première étape d’une vague de démissions massives sur la question des horaires de travail.

Mirsham n’a pas révélé pour quels départements ou hôpitaux les démissions étaient prévues, afin d’éviter que des pressions soient exercées sur les médecins en formation pour qu’ils fassent marche arrière, selon le rapport.

La Dr Rey Biton, directrice de Mirsham, a déclaré que des centaines d’internes avaient signé des lettres de démission.

« Nous allons nous battre maintenant pour une véritable réduction des heures de gardes pour tout le monde », a-t-elle déclaré dans une déclaration à Haaretz. « Ce qui se passera dans les prochains jours décidera de l’avenir de la médecine en Israël ».

Le Dr Rey Biton, chef de l’organisation Mirsham des internes en médecine, le 21 janvier 2021 (capture d’écran/Globes).

Biton a maintenu que le groupe n’accepterait pas les termes de la proposition antérieure du ministère de la Santé qui, selon elle, ne répond pas aux besoins de 90 % des internes.

Le 7 octobre, plus de 2 500 internes en médecine ont remis des lettres de démission au ministère de la Santé pour protester contre leur charge de travail, faisant craindre que la fuite des effectifs ait un impact sur les soins de santé dans les hôpitaux. Toutefois, il n’a pas été possible de savoir si les lettres, qui ont été affichées sur les portes du bureau de santé du district de Tel Aviv, ont été officiellement acceptées.

Le gouvernement avait promis qu’après le programme pilote de réduction du travail dans les 10 hôpitaux périphériques, le plan serait étendu à tous les hôpitaux, mais seulement si le budget nécessaire pouvait être trouvé et si un comité mis en place pour examiner la question constate qu’il n’y a pas eu de détérioration du niveau des soins médicaux.

Jusqu’en 2000, les internes faisaient des gardes de 36 heures et parfois plus. Cette année-là, un accord a été signé pour réduire les schifts à 26 heures avec une pause de deux heures.

En 2012, suite à des appels à une nouvelle réduction des horaires, le gouvernement avait modifié le permis de travail irrégulier afin de limiter les internes à deux gardes par semaine et de leur interdire de travailler plus de 71,5 heures au total par semaine.

Malgré cette nouvelle réglementation, la plupart des hôpitaux ne l’ont pas appliquée.

Selon une étude de 2016 publiée dans The Marker, 72 % des internes ont travaillé plus de 26 heures d’affilée au moins une fois par mois, 42 % n’ont pas dormi pendant leur garde et 27 % ont travaillé plus de 71,5 heures par semaine.

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