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La police en état d’alerte après le raid israélien meurtrier à Naplouse

Les responsables palestiniens demandent une action de l'ONU après la mort de onze personnes pendant des heurts avec les soldats israéliens, qui ont fait plus de 100 blessés

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des Palestiniens se heurtent aux forces israéliennes dans le cadre d'un raid israélien à Naplouse, en Cisjordanie, le 22 février 2023. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)
Des Palestiniens se heurtent aux forces israéliennes dans le cadre d'un raid israélien à Naplouse, en Cisjordanie, le 22 février 2023. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

La police a indiqué, mercredi après-midi, qu’elle élevait son niveau d’alerte après la mort d’onze Palestiniens dans des échanges de coups de feu survenus dans le cadre d’un raid militaire à Naplouse, en Cisjordanie, dans la matinée. L’armée israélienne anticipe elle aussi des représailles potentiellement violentes.

Les groupes terroristes palestiniens ont fait savoir qu’au moins six individus tués lors de ces affrontements appartenaient à leurs rangs. Il est difficile de dire si les cinq autres étaient impliqués ou non dans ces heurts violents.

La police a indiqué que l’élévation du niveau d’alerte comprenait des initiatives sécuritaires renforcées dans les villes situées à proximité de la barrière de sécurité de Cisjordanie, de Jérusalem et d’autres villes centrales.

Une décision qui vient s’ajouter au déploiement d’unités de réservistes de la police des frontières à Jérusalem-Est dans le sillage d’une série d’attaques terroristes qui ont endeuillé la capitale, ces dernières semaines, faisant onze morts.

Six tirs de roquettes émanant de la bande de Gaza ont eu lieu avant l’aube en direction des villes israéliennes d’Ashkelon, de Sderot et d’autres secteurs des environs de l’enclave côtière. Au cours de l’année passée, les groupes terroristes de la bande – en particulier le Jihad islamique palestinien – ont lancé des roquettes en direction d’Israël en réponse aux membres tués ou arrêtés en Cisjordanie. Une riposte pourrait potentiellement survenir depuis la Cisjordanie et Jérusalem-Est, a précisé l’armée.

Mercredi dans la soirée, les soldats israéliens ont annoncé que des hommes armés palestiniens avaient ouvert le feu depuis un véhicule en circulation vers un checkpoint situé aux abords de l’avant-poste illégal de Homesh, en Cisjordanie. Les militaires ont riposté et le véhicule a pris la fuite, a fait savoir Tsahal, qui a ajouté que l’incident n’avait pas fait de blessé du côté israélien.

Des personnes, pendant leur procession funéraire, portant les corps de Palestiniens tués lors d’une opération israélienne dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 22 février 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Après l’opération militaire meurtrière qui a entraîné la mort de 11 Palestiniens et plus de 100 blessés, Abu Obeida, porte-parole de l’aile militaire du Hamas avait émis une menace voilée, disant que le groupe terroriste « observe les crimes de plus en plus nombreux qui sont commis par l’ennemi contre notre peuple en Cisjordanie occupée et sa patience est à bout ».

Le secrétaire-général de l’Organisation de libération de la Palestine, Hussein al-Sheikh, a pour sa part signalé que les dirigeants de l’Autorité palestinienne avaient décidé de se tourner encore une fois vers le Conseil de sécurité des Nations unies pour lui demander son intervention.

Sur Twitter, Al-Sheikh a écrit que l’AP « demandera la protection internationale pour notre peuple palestinien au vu des crimes continus commis par l’occupation ».

Il n’a pas précisé quelle action Ramallah attendait du Conseil de sécurité.

La dernière fois qu’un raid aussi meurtrier avait eu lieu en Cisjordanie, le Conseil de sécurité avait convenu de se réunir en urgence et les membres avaient exhorté les deux parties à prendre des initiatives visant à apaiser les tensions.

L’envoyé palestinien à l’ONU a aussi demandé un passage à l’action contre Israël.

« Les Nations unies, qui sont supposées défendre les faibles, les plus vulnérables, doivent défendre la population palestinienne », a affirmé Riyad Mansour qui s’est exprimé après le secrétaire-général de l’institution, Antonio Guterres, lors d’une session périodique pro-palestinienne qui était organisée au siège de l’ONU à New York.

« Nous perdons de la crédibilité, vous perdez de la crédibilité, ce système fabuleux perd de la crédibilité », a ajouté Mansour qui a appelé les Nations unies à utiliser toutes leurs ressources « pour mettre un terme à ces massacres ».

Il a aussi accusé le gouvernement israélien « d’atrocités », disant qu’il utilisait « tous les prétextes afin d’assassiner notre peuple, d’entraîner le chaos, d’entraîner l’horreur ».

L’armée israélienne avait expliqué que les militaires étaient entrés dans Naplouse mercredi matin pour arrêter Isleem, un responsable du groupe terroriste de la Fosse aux Lions qui aurait été le troisième membre de la cellule responsable du meurtre du sergent Ido Baruch dans une fusillade, au mois d’octobre. Les deux autres membres de la cellule avaient été arrêtés la semaine dernière.

Une source militaire a raconté au Times of Israel que les forces israéliennes avaient encerclé une maison où trois suspects, tous membres de la Fosse aux Lions, s’étaient terrés, leur demandant de se rendre. Les agents de l’unité d’élite Yamam, au sein de la police, avaient lancé des fusées sur le bâtiment afin d’obliger les hommes à sortir – une technique appelée « cocotte minute ».

Deux des suspects étaient morts à l’intérieur de l’immeuble et le troisième avait été tué alors qu’il tentait de prendre la fuite.

Les deux autres membres de la Fosse aux Lions s’appelaient Mohammad Abdul Fattah et Walid Riyad Dkhail, avait noté l’armée, qui avait précisé que Fattah était aussi affilié au Jihad islamique palestinien et que les trois hommes avaient pris part à des attaques contre les militaires israéliens dans le nord de la Cisjordanie.

Des heurts avaient éclaté à d’autres endroits de la ville. Selon l’armée, les troupes avaient essuyé « des coups de feu massifs » et ils avaient riposté par des tirs en direction des hommes armés.

Deux soldats israéliens avaient été légèrement blessés par des éclats d’obus pendant le raid de mercredi – qui avait eu lieu après une opération à Jénine qui, elle aussi, s’était déroulée en plein jour et qui avait fait dix morts, notamment une femme âgée qui avait été tuée dans les échanges de coups de feu féroces entre soldats israéliens et hommes armés palestiniens.

L’opération à Jénine avait entraîné l’inquiétude à l’international et les Palestiniens avaient appelé à une intervention étrangère. Ving-quatre heures après, sept personnes avaient été tuées dans le quartier Neve Yaakov de Jérusalem dans l’attentat terroriste palestinien le plus meurtrier depuis 2008.

Tsahal mène depuis un an des raids nocturnes quasi-quotidiens en Cisjordanie à la suite d’une série d’attaques terroristes palestiniennes qui ont tué 32 personnes en 2022 et 11 autres depuis le début de l’année.

L’opération menée par Tsahal tout au long de l’année a permis de procéder à plus de 2 500 arrestations lors de ces raids quasi quotidiens. 171 Palestiniens ont été tués en 2022, et 60 autres ont été tués depuis le début de l’année, la plupart lors d’attaques ou d’affrontements avec les forces de sécurité, mais certains étaient des civils non impliqués et d’autres ont été tués dans des circonstances qui font l’objet d’une enquête.

Jacob Magid et Luke Tress ont contribué à cet article.

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