La politique israélienne à l’égard de Gaza et du Hamas critiquée
Rechercher

La politique israélienne à l’égard de Gaza et du Hamas critiquée

Gantz dénonce le manque de "ligne stratégique" ; "Nous sommes en train de devenir des épaves," déplore une habitante de Sderot

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz s'exprime au quartier général du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019 (Flash90).
Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz s'exprime au quartier général du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019 (Flash90).

Alors que les roquettes de Gaza pleuvent sur le sud d’Israël et que les sirènes d’alarme retentissent depuis samedi matin, les chefs de l’opposition et les résidents locaux blâment le gouvernement pour ne pas avoir adopté de politique mettant fin aux cycles des violences.

« Depuis longtemps, le gouvernement israélien agit sans passer par une ligne stratégique », a déclaré le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz.

« Quand un manque de politique et de cohérence rencontre l’acquiescement au chantage du Hamas depuis un an, nous commençons notre samedi matin avec de lourdes salves sur Israël et une nouvelle série d’extorsions », a déclaré Gantz, ancien chef d’état-major de Tsahal. « Le gouvernement israélien doit choisir une direction stratégique résolue et déterminée… Le gouvernement israélien doit réaffirmer son niveau de dissuasion et ensuite rechercher un accord à long-terme, sans compromis en matière de sécurité et sans extorsion de fonds [par des groupes terroristes palestiniens] ». Gantz faisait probablement référence aux fonds versés par le Qatar au groupe terroriste palestinien du Hamas, en charge de la bande de Gaza.

« Le gouvernement israélien doit choisir une direction stratégique et non pas le chantage, » a déclaré le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, selon Hadashot. Un membre de son parti, Zvi Hauser, a critiqué Netanyahu pour ne pas avoir réuni le gouvernement : « Une décision étrange. » Le gouvernement ne s’est pas réuni depuis le mois de mars.

Après de violents combats début d’avril, Israël avait accepté d’assouplir le blocus de la bande de Gaza en échange de l’arrêt des tirs de roquettes. Il s’agissait notamment d’élargir une zone de pêche au large de la côte de Gaza, d’augmenter ses importations et de permettre à l’État du Qatar, situé dans le Golfe, de fournir de l’aide financière à Gaza, à court d’argent.

Le député Kakhol lavan Alon Schuster, jusqu’à récemment à la tête du Conseil régional Sha’ar Hanéguev près de Gaza, a critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui « dirige depuis 10 ans la politique et a délaissé les habitants de la périphérie de Gaza, » ajoutant qu’Israël devait se montrer « énergique envers le Hamas dans l’arène militaire et généreux envers la population civile à Gaza, qui est également un otage de la politique du [Hamas] ».

Le porte-parole du kibboutz Kissufim, Benny Hasson, a déclaré à la radio militaire qu’il était mécontent que le gouvernement tienne compte du danger potentiel que les hostilités pourraient représenter pour le concours de la chanson Eurovision, prévu à Tel Aviv plus tard ce mois-ci.

« Ils se préoccupent de l’Eurovision, alors que nous voulons sauver des vies. Nous sommes les otages de ce pays », a-t-il déclaré.

Matan, un résident de Netiv Ha’asara, a déclaré à la radio militaire : « C’est comme ça que je vis. Quelqu’un doit faire quelque chose avec ce gâchis. »

Hava, une habitante de Sderot, a déclaré à la radio que la situation était « impossible. Nous sommes en train de devenir des épaves. » Elle a appelé le gouvernement à « laisser l’armée israélienne faire son travail » et à accorder moins de considération aux éventuels dommages causés à des vies innocentes à Gaza. « Mes petits-enfants sont aussi innocents », a-t-elle déclaré.

Le député Ofer Shelah (Yesh Atid) prend la parole lors d’une réunion de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset le 19 novembre 2015. (Miriam Alster/Flash90)

Le député Ofer Shelah de Kakhol lavan a accusé Netanyahu de renforcer efficacement le Hamas à Gaza grâce à sa politique « afin d’éviter un processus politique avec l’Autorité palestinienne ».

La nouvelle députée Michal Shir, du Likud, a accusé Kakhol lavan d’essayer de « marquer des points politiques cyniques aux dépens des habitants du sud du pays ». Elle a ajouté que Netanyahu « travaillait jour et nuit pour assurer la sécurité d’Israël. Si vous n’avez rien à donner, au moins ne nous gênez pas le chemin ».

Le député travailliste Amir Peretz, un ancien ministre de la Défense, a déclaré que l’actuelle direction israélienne « ne parvient pas à gérer [les événements] et poursuit ses tentatives infructueuses de gérer « la réalité au lieu de la changer. »

Il a également appelé à une nouvelle communication avec l’Autorité palestinienne, affirmant que « la politique de » diviser pour régner « entre Gaza et [la Cisjordanie] a échoué. »

Tamar Zandberg, présidente du parti Meretz, a déclaré qu’une autre série d’hostilités n’était pas la solution et a appelé à « un véritable cessez-le-feu comprenant les mesures nécessaires pour assouplir les conditions humanitaires et lever le blocus, puis entreprendre une action diplomatique significative ».

Plus d’une centaine de roquettes ont été lancées samedi matin depuis la bande de Gaza vers Israël, provoquant en représailles des raids israéliens et des tirs de chars contre des positions du groupe terroriste palestinien du Hamas, responsable de l’enclave palestinienne, a indiqué l’armée.

Le Jihad islamique, un groupe terroriste palestinien allié du Hamas et soutenu par l’Iran, a revendiqué le lancement d’une partie des roquettes et affirmé qu’il était prêt à continuer les tirs.

Une source au sein du groupe terroriste a indiqué que l’Egypte intervenait pour tenter de calmer la situation, un rôle d’intermédiaire entre le Hamas et Israël que le Caire assure régulièrement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...