Israël riposte après une pluie de roquettes tirées depuis Gaza
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Israël riposte après une pluie de roquettes tirées depuis Gaza

Plus de 100 roquettes ont été lancées ; le Dôme de fer en a intercepté des dizaines; un ado israélien a été légèrement blessé; Un Palestinien a été tué samedi

L'intérieur d'une maison touchée par une roquette dans le conseil régional d'Eshkol. La famille s'était échappée quelques instants plus tôt dans un abri (Crédit : police israélienne).
L'intérieur d'une maison touchée par une roquette dans le conseil régional d'Eshkol. La famille s'était échappée quelques instants plus tôt dans un abri (Crédit : police israélienne).

Plus d’une centaine de roquettes ont été lancées samedi matin depuis la bande de Gaza vers Israël, provoquant en représailles des raids israéliens et des tirs de chars contre des positions du groupe terroriste palestinien du Hamas, responsable de l’enclave palestinienne, a indiqué l’armée.

Le Jihad islamique, un groupe terroriste palestinien allié du Hamas et soutenu par l’Iran, a revendiqué le lancement d’une partie des roquettes et affirmé qu’il était prêt à continuer les tirs.

Une source au sein du groupe terroriste a indiqué que l’Egypte intervenait pour tenter de calmer la situation, un rôle d’intermédiaire entre le Hamas et Israël que le Caire assure régulièrement.

Des sirènes d’alerte ont commencé à retentir dans les communautés israéliennes proches de l’enclave côtière à 10h du matin. Des alertes ont notamment été entendues à Rehovot, Ashkelon, Ashdod, Sderot et dans de nombreuses communautés des conseils régionaux d’Eshkol et Shaar Hanegev. Le système de défense anti-missiles du Dôme de fer a été activé à plusieurs reprises.

À Eshkol, une roquette est tombée dans une communauté sans causer de dégâts.

Une maison dans une communauté du conseil régional d’Eshkol a été directement touchée, sans faire de victimes, les habitants s’étant rendus à un abri anti-bombes voisin quelques instants plus tôt, une fois les sirènes entendues. La police s’est rendue sur les lieux.

Un démineur de la police est vu près d’une roquette qui a atterri sur la route 4, une route principale près d’Ashkelon (Crédit : police israélienne)

De même à Eshkol, une autre roquette a touché la route 4, une autoroute majeure, près d’Ashkelon. Les démineurs étaient sur les lieux.

Selon le site d’information Walla, les troupes de Tsahal dans la région ont été tenues au courant d’éventuelles tentatives de tirer ou de lancer des missiles anti-chars des groupes terroristes contre les forces à proximité de la frontière, ainsi que de possibles tentatives d’enlèvement.

Le Magen David Adom (MDA) a déclaré qu’aucun habitant n’avait été blessé par les roquettes. Cependant, un garçon de 15 ans a été légèrement blessé en courant dans un refuge et deux personnes ont été sous le choc.

La municipalité d’Ashkelon a annoncé l’ouverture des abris anti-bombes et la fermeture des plages.

Les événements sportifs ont été annulés.

Face aux attaques à la roquette en cours, le commandement de la Défense passive de l’armée israélienne a ordonné aux résidents des zones touchées de rester à proximité des espaces et abris protégés. Il a également limité les rassemblements publics à 300 personnes dans des espaces fermés uniquement et a interrompu les travaux agricoles.

Un Palestinien a été tué samedi dans la bande de Gaza, en représailles à la pluie de roquettes qui s’est abattue en matinée sur Israël, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas. Imad Nasser, âgé de 22 ans, a été tué lors d’une frappe dans le nord de l’enclave palestinienne, précise le communiqué du ministère.

Dans une déclaration, le Hamas a déclaré de son côté qu’il était « prêt à réagir aux crimes d’Israël » et a promis de l’empêcher de « verser le sang de notre peuple ».

Un porte-parole des Comités de résistance populaire a déclaré : « Les groupes de résistance enfreignent la formule qu’Israël est en train d’essayer de créer, en vertu de laquelle il pourrait attaquer sans qu’il y ait de réponse. »

Une source non identifiée du Hamas a déclaré au journal Haaretz que le groupe avait « mis en garde contre une escalade ces deux dernières semaines en raison du retard pris dans la mise en œuvre du protocole de cessez-le-feu. En Israël, ils ont demandé le calme et l’ont obtenu, et dans la bande de Gaza, nous n’avons eu aucune amélioration. »

Le nombre exact de tirs de roquettes n’est pas connu à l’heure actuelle, mais l’armée parlait en fin de matinée de samedi d’au moins 90 tirs. Puis plus d’une centaine en début d’après-midi.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, s’entretenait avec le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, le chef du commandement sud, Herzi Halevi, et d’autres hauts gradés. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, également ministre de la Défense, devait se rendre au siège de l’armée à Tel-Aviv pour des consultations.

« Le gouvernement israélien doit choisir une direction stratégique et non pas le chantage, » a déclaré le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, selon Hadashot. Un membre de son parti, Zvi Hauser, a critiqué Netanyahu pour ne pas avoir réuni le gouvernement : « Une décision étrange. » Le gouvernement ne s’est pas réuni depuis le mois de mars.

L’armée israélienne a ciblé deux lances-roquettes de la bande de Gaza. Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, a déclaré que quatre Palestiniens avaient été blessés par des tirs de chars israéliens dans le nord de la bande de Gaza.

L’armée israélienne avait auparavant fermé des routes et plusieurs sites proches de la frontière de Gaza, en anticipation d’une éventuelle escalade de la violence le long de la frontière. La plage de Zikim, située à environ 2 km au nord de la frontière, a également été fermée.

Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza, le 4 mai 2019 (Crédit : capture d’écran)

Cette escalade des tensions intervient un jour après que deux soldats ont été blessés par balle lors d’une patrouille menée près de la frontière dans le sud de Gaza. Un soldat a été légèrement blessé dans l’attaque et une soldate légèrement blessée, a déclaré l’armée. L’armée ne sait pas qui se cache précisément derrière cette fusillade.

En réponse à la fusillade, un avion de l’armée israélienne a attaqué un poste du Hamas situé à proximité, a annoncé l’armée. Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, avait déclaré que deux personnes avaient été tuées et deux autres blessées.

Des enfants palestiniens saluent les combattants des brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile armée du groupe terroriste du Hamas dans les rues de la ville de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 juillet 2017 (Crédit : SAID KHATIB/AFP PHOTO)

Le Hamas avait aussi confirmé que les deux hommes tués dans la frappe aérienne appartenaient à son aile armée, les brigades Ezzedin al-Qassam, et s’était engagé à répondre à ce qu’il a appelé « l’agression israélienne ».

Le compte Twitter en hébreu de l’agence de presse Shehab, affiliée au Hamas, a menacé vendredi soir Israël : « Nous répondrons aux crimes de l’occupation et au meurtre de notre peuple ».

Les récents développements, qui ont marqué une grave escalade, ont eu lieu lors de violentes manifestations hebdomadaires à la frontière au cours desquelles plusieurs milliers de Gazaouis se sont réunis sur cinq sites. Certains des émeutiers palestiniens ont jété des pierres et des engins explosifs improvisés sur les soldats, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles.

Un troisième Palestinien a été tué lors des émeutes qui ont éclaté à la frontière, a annoncé le ministère de la Santé à Gaza, l’identifiant comme étant Ra’ed Khalil Abu Tayyer, 19 ans, ajoutant que 40 manifestants avaient été blessés. L’armée a déclaré que les troupes avaient identifié plusieurs tentatives pour franchir la clôture.

Dans la nuit de vendredi à samedi, un quatrième Palestinien est mort des suites de blessures subies lors des émeutes, selon les médias en hébreu.

Plus tôt vendredi, les troupes israéliennes ont arrêté un Palestinien qui avait franchi la barrière de sécurité du nord de la bande de Gaza, a ajouté l’armée, ajoutant que les soldats qui l’avaient fouillé avaient découvert un couteau sur lui.

Une photo prise du côté palestinien de la frontière montre des soldats qui traitent deux soldats de Tsahal blessés après avoir été blessés par un tireur isolé le 3 mai 2019. (Crédit : Capture d’écran / 13e chaîne)

Un ballon en provenance de Gaza transportant un engin incendiaire a déclenché un feu de broussailles près de la ville de Tekuma, à cinq kilomètres à l’est de l’enclave côtière. Les pompiers ont réussi à éteindre l’incendie peu de temps après sa détection.

Jeudi, une délégation du Hamas menée par le chef du groupe à Gaza, Yahya Sinwar, s’est rendue au Caire pour s’entretenir avec des responsables égyptiens sur une trêve avec Israël, ont annoncé des responsables du Hamas.

Cet accord semble avoir été mis à rude épreuve ces derniers jours, des Palestiniens ont lancé des ballons incendiaires et des roquettes sur Israël et des avions de combat israéliens ont visé des cibles du Hamas en guise de représailles.

Le Hamas a déclaré que les ballons incendiaires étaient un message adressé à Israël pour ne pas retarder le transfert de millions de dollars en fonds d’aide qatarie au gouvernement du Hamas à Gaza, à court d’argent.

Le Jihad islamique, un groupe terroriste palestinien allié au Hamas et soutenu par l’Iran, a déclaré que son chef assisterait également aux réunions.

Jeudi matin, les forces aériennes israéliennes ont lancé des attaques aériennes contre « plusieurs cibles terroristes dans un complexe du Hamas dans le nord de la bande de Gaza », selon un communiqué de l’armée, ajoutant qu’il s’agissait d’une réaction au lancement de ballons incendiaires et explosifs sur Israël.

Les terroristes palestiniens ont réagi en lançant deux roquettes dans le sud d’Israël. Les projectiles sont tombés dans une zone dégagée et aucun blessé n’avait été rapporté.

Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a pris le contrôle de Gaza sur la faction du Fatah de Mahmoud Abbas lors d’un violent coup d’État en 2007.

Jacob Magid et l’AFP ont contribué à cet article.

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