La roquette a traversé le salon : Les Israéliens décrivent la terreur des tirs
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La roquette a traversé le salon : Les Israéliens décrivent la terreur des tirs

20 minutes avant qu'une roquette ne traverse son toit à Ashkelon, Ruti Mozgorshvili regardait la télé. Et sirène, panne de courant et une explosion "inoubliable" se sont enchaînées

Un Israélien inspecte les dégâts dans un appartement touché par une roquette lancée depuis la bande de Gaza, dans la ville d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, le 12 novembre 2018. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)
Un Israélien inspecte les dégâts dans un appartement touché par une roquette lancée depuis la bande de Gaza, dans la ville d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, le 12 novembre 2018. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Une femme dont la maison d’Ashkelon a été frappée par une roquette depuis la bande de Gaza lundi soir a décrit les moments de peur lorsque le projectile a traversé le toit de son salon avec une explosion « inoubliable », alors que certains résidents du sud d’Israël étaient furieux face à ce qu’ils ont décrit comme étant une réaction insignifiante des forces israéliennes devant la montée en puissance des violences émanant de l’enclave côtière.

Selon l’armée israélienne, plus de 300 projectiles ont été tirés sur Israël lundi après-midi et lundi soir, déclenchant des sirènes dans les localités israéliennes près de la bande de Gaza, à Beer Sheva et même jusqu’à la mer Morte et les collines de Hébron.

Une soixantaine de roquettes et d’obus de mortier en provenance de Gaza ont été interceptés par le système de défense aérienne du Dôme de fer, a indiqué l’armée, et plusieurs autres ont frappé des maisons et bâtiments de localités israéliennes près de la frontière, faisant de légers blessés et des dégâts importants. La plupart des projectiles sont tombés dans des zones ouvertes, ne causant ni pertes humaines ni dégâts, a indiqué l’armée israélienne.

Un soldat de Tsahal de 19 ans a été grièvement blessé lorsqu’un missile anti-char a été tiré sur un autobus israélien près de la frontière de Gaza.

Des roquettes ont frappé des maisons dans la ville côtière d’Ashkelon et dans les villes de Sdérot et Netivot, au sud d’Israël, provoquant des incendies. Un obus de mortier a également touché une ligne électrique dans la région de Sdot Néguev, dans le sud d’Israël, selon les autorités locales.

« J’étais assise en train de regarder la télévision, il y a eu une sirène et je suis entrée dans la pièce fortifiée », a déclaré Ruti Mozgorshvili, dont la maison d’Ashkelon a été touchée, au site d’information Walla. « La roquette est tombée dans le salon, je n’ai même pas eu l’occasion de fermer la fenêtre de la pièce sécurisée.

« L’obscurité était totale à cause d’une panne de courant, a-t-elle dit. « J’ai entendu une forte explosion, je n’oublierai jamais ». Quand elle est sortie de la pièce, « j’ai entendu des gens crier : ‘Sortez, sortez’, » a déclaré Mozgorshvili.

« Par la suite, j’ai compris que ma maison avait été endommagée, a-t-elle dit.

Des Israéliens inspectent les dégâts dans un appartement touché par une roquette lancée depuis la bande de Gaza, dans la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 12 novembre 2018. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

A Sderot, six personnes ont été légèrement blessées par des éclats d’obus. Une septième victime dans la ville du sud, une jeune fille de 16 ans, a été légèrement blessée lorsqu’une porte d’abri anti-aérien en métal lourd s’est refermée sur sa main, ont déclaré les médecins.

« Cela fait 19 ans que je vis ici, des années d’angoisse », a déclaré Dvir Sasi, 19 ans, de Sderot à la radio de l’armée. « J’avais l’impression qu’ils voulaient me tuer. Les bombardements ont duré une demi-heure. »

« Dois-je mourir pour qu’il y ait une riposte ? » continua-t-il avec colère. « Quelqu’un doit-il être blessé pour que [le gouvernement] se réveille ? Je compte sur une réponse énergique du gouvernement. »

Un autobus a été incendié après avoir été touché par un missile anti-char tiré de la bande de Gaza près de la frontière entre Israël et Gaza le 12 novembre 2018. (Crédit : armée israélienne/Twitter)

« Bilha Maman, résidente de Sderot, a déclaré à la station de radio : « Le préjudice émotionnel est trop lourd à supporter ». « Nous continuons d’essayer de reconstruire et cela continue d’être remis en cause [par une autre guerre]. Il est inacceptable que le Hamas dirige ce pays. »

En réponse aux tirs massifs depuis la bande de Gaza – l’une des plus importantes attaques depuis la guerre de 2014 – des avions de combat israéliens ont lancé une série de frappes aériennes et terrestres. Au moins trois terroristes palestiniens ont été tués par les tirs israéliens lors des attaques de représailles et trois autres ont été blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas.

Le chef du commandement sud de l’armée israélienne le général de division Herzl Halevi, au centre-gauche, s’entretient avec le maire de Sderot, Alon Davidi, au centre-droite, lors d’une visite dans la ville du sud, qui a été frappée à plusieurs reprises par des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza le 9 août 2018. (Armée israélienne)

Mais le maire de Sderot, Alon Davidi, a exigé une action plus énergique.

« Nous devons détruire le régime meurtrier du Hamas », a-t-il déclaré dans une interview accordée à la radio militaire. « Ils ne vont pas soudainement s’habiller en Hollandais et offrir des chocolats. »

Après qu’une roquette a frappé de plein fouet une maison à Netivot, un résident a dit au radiodiffuseur public Kan qu’il voulait envoyer un message aux dirigeants israéliens : « Au lieu de vous asseoir et de tenir des réunions du cabinet, commencez à bouger. Réveillez-vous, ils nous détestent. »

Au total, au moins neuf personnes ont été emmenées à l’hôpital Barzilai d’Ashkelon pour y être soignées et d’autres ont reçu les premiers soins sur place.

Les tirs ont déclenché des sirènes de roquettes dans tout le sud d’Israël, envoyant des centaines de milliers d’Israéliens se précipiter vers des abris anti-aériens pour se mettre à couvert.

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