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L’armée confirme qu’un autre drone du Hezbollah a été abattu la semaine dernière

L'information avait été révélée par un média libanais ; l'incident aurait eu lieu trois jours avant le lancement de drones du groupe terroriste vers le champ de gaz de Karish

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une corvette Saar Class 5 israélienne montant la garde autour de la plateforme installée par Energean dans le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Une corvette Saar Class 5 israélienne montant la garde autour de la plateforme installée par Energean dans le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a annoncé, mercredi, avoir abattu un drone qui avait été lancé par le groupe terroriste du Hezbollah vers des ressources israéliennes, en mer, il y a une semaine – une annonce survenue quelques heures après la révélation de l’incident dans les médias libanais.

Les militaires israéliens avaient déclaré, samedi, avoir intercepté trois drones du Hezbollah qui se dirigeaient vers le champ de gaz de Karish. Le Hezbollah a confirmé avoir été à l’origine de ces lancements après des menaces proférées à l’encontre du site qui se trouve dans un secteur maritime dont la propriété est revendiquée à la fois par l’État juif et par le Liban.

Les militaires ont expliqué que le drone qui a été abattu, mercredi dernier, se trouvait « à grande distance de la frontière maritime », dans la zone économique exclusive du Liban.

Ils ont ajouté qu’il n’avait pas représenté de menaces pour les ressources israéliennes, indiquant qu’il ne transportait pas d’armement.

Tsahal n’a pas précisé comment le drone avait été abattu lors de cet incident du 29 juin, mais il aurait été détruit par des armes électroniques. Les trois drones qui ont été envoyés vers Karish, samedi, ont été abattus par un avion de chasse et par des missiles tirés depuis des navires de la marine israélienne.

L’annonce qui a été faite par l’armée est venue confirmer un article paru dans le journal libanais pro-Hezbollah, Al-Akhbar, dans l’édition de la matinée, qui faisait état de l’incident en disant qu’il avait précédé les lancements de drone vers Karish.

Un drone lancé par le groupe terroriste libanais du Hezbollah peu après son interception par un avion israélien en mer méditerranée, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le journal citait « des sources informées » affirmant que « les drones qui ont été lancés samedi n’ont pas été la première opération ; ils avaient été précédés par un autre lancement similaire, mercredi ».

Il est difficile de dire pourquoi Israël a choisi de passer sous silence l’incident jusqu’à l’article d’Al-Akhbar.

Un système anti-missile maritime du Dôme de fer sur un navire de guerre, montant la garde près de la plateforme d’Energean travaillant au champ de gaz de Karish, des images publiées par l’armée le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le Liban et Israël – qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques et qui se considèrent comme ennemis – mènent actuellement des pourparlers indirects sous la direction des États-Unis depuis près de deux ans pour résoudre un conflit portant sur leurs frontières maritimes.

Mais les discussions sont gelées depuis l’année dernière, à la suite de revendications du Liban portant sur la surface de la zone contestée – et notamment sur le champ gazier de Karish. Le mois dernier, l’administration Biden a fait savoir que les réunions récentes entre son envoyé spécial à l’énergie et les responsables israéliens et libanais avaient progressé.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait menacé Israël suite à la livraison d’une nouvelle plate-forme de forage sur le champ gazier, il y a un mois, affirmant que son organisation pouvait s’y opposer, au besoin par la force.

« Nous nous engageons auprès du peuple libanais : la résistance est matériellement et militairement capable d’empêcher l’ennemi d’extraire du gaz du gisement disputé de Karish », avait déclaré Nasrallah le mois dernier. « Aucune mesure prise par l’ennemi ne pourra nous empêcher de frapper la plateforme ou les opérations d’extraction. »

Le Hezbollah a confirmé être à l’origine de l’envoi des trois drones non armés de samedi, expliquant qu’ils avaient vocation à effectuer une « mission de reconnaissance » dans la zone. Il a ajouté que la mission avait été un succès et « qu’un message a été transmis ».

Israël et le Hezbollah sont des ennemis qui se sont affrontés dans le cadre d’une guerre d’un mois pendant l’été 2006. Israël considère le groupe comme une menace grave, estimant qu’il posséderait un arsenal de 150 000 roquettes et missiles dirigés vers les villes israéliennes.

L’AFP a contribué à cet article.

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