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Champ gazier de Karish : Trois drones du Hezbollah abattus par les Israéliens

La réserve de gaz se trouve sur un territoire revendiqué par le Liban ; un drone a été abattu par un avion et deux autres par des missiles tirés depuis la mer

L’armée israélienne a affirmé samedi avoir abattu trois drones du Hezbollah libanais qui se dirigeaient vers un champ gazier en Méditerranée, au coeur d’une recrudescence des tensions ces dernières semaines entre Israël et le Liban.

Les tensions se sont accrues autour du site de Karish, ces dernières semaines, après l’arrivée d’une plateforme chargée de lancer les opérations d’extraction de gaz dans cette réserve offshore – une arrivée condamnée par le Liban, qui affirme être propriétaire d’une partie de ce champ. Selon Israël, Karish se trouve dans sa zone économique exclusive.

L’un des drones a été intercepté par un avion de combat de type F-16, et les deux autres par des missiles Barak 8 lancés depuis la Corvette Saar 5 INS Eilat, un navire de guerre, ont précisé des sources militaires israéliennes.

Cela a été la toute première fois, samedi, qu’un drone a été intercepté en opération par des missiles Barak 8 tirés depuis un navire de guerre.

Les drones ont été interceptés « à une distance sûre » de la plateforme de forage, ont commenté des responsables de la Défense.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait récemment menacé Israël pour son projet d’extraction de gaz de cette réserve offshore contestée, disant que son organisation était capable de l’empêcher de le faire, notamment par la force. Il avait alors prévenu que son mouvement « ne restera pas les bras croisés face au pillage des richesses naturelles du Liban qui représente le seul espoir de salut pour le peuple libanais ».

Le Hezbollah, de son côté, avait déclaré que « l’objectif immédiat devrait être d’empêcher l’ennemi d’extraire du pétrole et du gaz sur le champ gazier de Karish ».

Illustration : Energean en opération dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. (Crédit : Capture d’écran sur YouTube)

Suite à l’incident des drones, les militaires ont indiqué que des investigations préliminaires avaient montré que ces derniers n’avaient pas posé « une réelle menace » pendant leur vol, indiquant qu’ils n’étaient pas armés et qu’ils étaient utilisés à des fins de surveillance ou de dissuasion – en montrant que le groupe terroriste a effectivement des capacités de nuisance.

Le groupe terroriste a ultérieurement confirmé avoir lancé les trois drones non-armés, évoquant « une mission de reconnaissance » dans le secteur.

Le Hezbollah a ajouté que la mission avait été réussie et « qu’un message a été transmis ».

L’armée a expliqué que les drones avaient été « identifiés à un stade précoce et surveillés pendant leur vol par les unités de contrôle aérien » avant d’être « interceptés au moment le plus approprié au niveau opérationnel ».

« Vous avez la permission, détruisez maintenant les drones », dit la voix d’un haut-responsable militaire au téléphone au siège des opérations de la marine dans une vidéo qui a été publiée par l’armée.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a réagi à l’incident, disant que l’État juif « est prêt à défendre ses infrastructures faces aux menaces ».

« L’organisation terroriste du Hezbollah sape la capacité de l’État libanais à trouver un accord sur les frontières maritimes, un accord déterminant pour l’économie et pour les citoyens du Liban », a-t-il noté dans un communiqué émis par son bureau.

« Israël continuera à protéger ce qui lui appartient » et le pays se considère « à la fois dans l’obligation et dans son droit » s’agissant de riposter et d’agir face à toute tentative de porter préjudice au pays, a-t-il ajouté.

Le Liban et Israël – qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques et qui se considèrent comme ennemis – mènent actuellement des pourparlers indirects sous la direction des États-Unis depuis près de deux ans pour résoudre un conflit portant sur leurs frontières maritimes.

Mais les discussions sont gelées depuis l’année dernière, à la suite de revendications du Liban portant sur la surface de la zone contestée – et notamment sur le champ gazier de Karish. Le mois dernier, l’administration Biden a fait savoir que les réunions récentes entre son envoyé spécial à l’énergie et les responsables israéliens et libanais avaient progressé.

Israël et le Liban ont des intérêts économiques dans ces territoires qui contiennent des réserves de gaz naturel très lucratives. Le Liban, qui traverse une crise économique sans précédent depuis la fin de l’année 2019, estime que ces ressources pourraient l’aider à se sortir de sa situation difficile.

Le mois dernier également, l’armée a organisé un exercice militaire majeur à Chypre, qui simulait une offensive terrestre dans les profondeurs du Liban dans une guerre potentielle contre le Hezollah, soutenu par l’Iran.

Cela fait longtemps que l’organisation terroriste est un adversaire significatif pour l’armée israélienne. Il posséderait un arsenal de presque 150 000 roquettes et missiles en capacité de toucher tout le territoire israélien.

Cet incident est intervenu intervient au lendemain de la prise de fonctions en Israël du Premier ministre centriste Yair Lapid qui a succédé officiellement vendredi à Naftali Bennett.

« Je me tiens devant vous et dis à tout ceux qui veulent notre disparition, de Gaza à Téhéran, des côtés du Liban à la Syrie: ne nous testez pas! Israël sait comment utiliser sa force contre toute menace et contre tout ennemi », a déclaré samedi soir Lapid dans son premier discours en tant que Premier ministre.

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