L’armée détient le corps d’un Palestinien abattu pour jets de cocktails Molotov
Rechercher

L’armée détient le corps d’un Palestinien abattu pour jets de cocktails Molotov

L'armée n’avait pas communiqué sur le sort de l'homme depuis lundi ; Israël a annoncé il y a peu cesser de rendre les corps des Palestiniens tués lors d’attaques anti-israéliennes

Illustration : un Palestinien lance un cocktail Molotov contre les forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements près de la ville d'Hébron en Cisjordanie, le 11 octobre 2015. (AFP / Hazem Bader)
Illustration : un Palestinien lance un cocktail Molotov contre les forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements près de la ville d'Hébron en Cisjordanie, le 11 octobre 2015. (AFP / Hazem Bader)

L’armée israélienne a déclaré vendredi qu’elle détenait le corps d’un Palestinien abattu lors d’un affrontement en Cisjordanie en début de semaine, mettant fin à plusieurs jours d’incertitude.

L’annonce reflète le changement de politique le mois dernier, quand Israël a déclaré ne plus rendre le corps des Palestiniens tués pendant ou à la suite d’une attaque anti-israélienne.

Cette politique vise à la fois à empêcher les funérailles festives dans les villes d’origine des assaillants et à les utiliser dans des négociations potentielles pour récupérer les corps de soldats israéliens détenus par des groupes terroristes.

Lundi, Samir Hamidi, un Palestinien de 27 ans, a été tué par des soldats israéliens près de l’implantation d’Einav, dans le nord de la Cisjordanie, après que l’armée a affirmé qu’il avait lancé des cocktails Molotov sur des soldats.

« Les troupes ont repéré trois assaillants qui leur ont lancé des cocktails Molotov », a déclaré l’armée lundi. « Les soldats ont riposté par des tirs et ont touché l’un des assaillants. »

Des soldats israéliens lors d’un raid dans le village de Bruqin près de la ville cisjordanienne de Salfit, le 17 mars 2019. (Flash90)

L’armée n’avait pas précisé à ce moment-là qu’Hamidi avait été tué, mais sa mort a ensuite été rapportée par les médias palestiniens. L’armée a divulgué son nom vendredi.

« Le corps du terroriste est détenu par l’armée selon les procédures existantes, jusqu’à ce qu’une décision soit prise conformément aux directives des élus sur la question de la détention des corps de terroristes », a ajouté Tsahal dans un communiqué.

La famille de Hamidi, du village de Beit Lid, près de l’implantation israélienne d’Einav, a refusé de recevoir des visites de condoléances jusqu’à ce que son corps ne lui soit restitué.

La coordination en matière de sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne est au point mort depuis le mois de mai, en signe de protestation contre le projet d’Israël d’annexer des zones de la Cisjordanie, une mesure depuis suspendue.

Le porte-parole du gouvernement palestinien, Ibrahim Melhem, a déclaré à l’AFP qu’en « l’absence de coordination », le Comité international de la Croix-Rouge leur avait annoncé la mort d’Hamidi.

Début septembre, Israël a déclaré qu’il détiendrait les corps de tous les assaillants palestiniens tués. Avant cette décision, Israël ne retenait que les corps de ceux du Hamas, le groupe terroriste islamiste qui dirige Gaza.

Le ministre de la Défense Benny Gantz avait alors déclaré que le changement de politique faisait partie d’une large campagne de dissuasion.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...