Le chef de l’ONU exhorte Israël à revenir sur l’appropriation de terres en Cisjordanie
Rechercher

Le chef de l’ONU exhorte Israël à revenir sur l’appropriation de terres en Cisjordanie

L’ONG anti-implantation La Paix Maintenant dit que l’action est la plus importante de ce genre depuis 2014, pourrait accroître les tensions avec les Palestiniens

La vallée du Jourdain. (Crédit : CC BY Trocaire, Flickr)
La vallée du Jourdain. (Crédit : CC BY Trocaire, Flickr)

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé mardi à Israël de revenir sur sa décision de confisquer des hectares de terres dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie, décrivant l’action comme « un obstacle à la solution à deux Etats » au Moyen Orient.

Cet appel intervient après qu’Israël a annoncé mardi avoir déclaré 324 hectares de territoire de Cisjordanie comme terre de l’état, la plus grande reclassification de terrain depuis 2014, selon l’ONG anti-implantation La Paix Maintenant.

« De telles initiatives semblent signaler une intensification de la colonisation et montrent qu’Israël continue de consolider son contrôle de la Cisjordanie », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

Il a réaffirmé que « la colonisation est illégale au regard des lois internationales ».

Ban, a-t-il ajouté, « exhorte le gouvernement israélien à stopper de telles actions et à revenir sur cette décision dans l’intérêt d’une paix juste et entière. »

Le secrétaire général de l'ONU, Ban ki-Moon (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 22 juillet 2014. (Crédit : Flash 90)
Le secrétaire général de l’ONU, Ban ki-Moon (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 22 juillet 2014. (Crédit : Flash 90)

Les Nations unies ont à plusieurs reprises appelé Israël à cesser l’expansion des implantations en Cisjordanie, qu’elles voient comme une tentative de faire échouer les projets d’un futur état palestinien.

Le coordinateur des activités de gouvernement dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense, qui est responsable de la mise en place des politiques du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens, a déclaré que l’action avait été menée « en accord avec les décisions [prises] au niveau politique ».

La Paix Maintenant a déclaré que la dernière déclaration avait été signée le 10 mars, alors que le vice-président Joe Biden effectuait une visite en Israël et en Cisjordanie, bien que la COGAT ait refusé de commenter le calendrier.

En 2010, Israël avait dévoilé des projets de construction de 1 600 nouveaux logements à Jérusalem Est pendant une précédente visite de Biden, causant une querelle diplomatique entre la Maison Blanche et Jérusalem.

La Paix Maintenant a déclaré que le terrain – situé au sud de la ville palestinienne de Jéricho et proche de la mer Morte – pourrait aider à relier et potentiellement à étendre des implantations juives locales.

« Cette déclaration est de fait une confiscation de terres palestiniennes pour des objets d’implantation, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Au lieu d’essayer de calmer la situation, le gouvernement ajoute de l’huile sur le feu. »

La dernière action de ce genre du gouvernement israélien, en août 2014, a impliqué l’appropriation de presque 1,5 km² en Cisjordanie près du site de l’enlèvement et de l’assassinat de trois adolescents israéliens quelques mois auparavant.

L’armée israélienne avait déclaré qu’il n’y avait pas de preuve de propriété palestinienne sur le terrain en question, mais l’action avait été largement condamnée par les Etats-Unis et les gouvernements européens.

Israël a précédemment utilisé une loi ottomane de 1858 comme base légale, établissant que le terrain laissé en jachère pendant plusieurs années, peut revenir au gouvernement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...