Le directeur de Microsoft Israël limogé suite à l’usage controversé de sa technologie cloud
Le départ d'Alon Haimovich a fait suite à l'enquête menée ces derniers mois par le géant américain de la tech sur une possible utilisation contraire à l'éthique de son cloud, qui aurait servi à surveiller les Palestiniens
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.
Alon Haimovich, le directeur général de Microsoft Israël, s’apprête à quitter ses fonctions. Une décision qui fait suite aux conclusions d’une enquête interne qui a révélé une utilisation potentiellement contraire à l’éthique de la plateforme cloud Azure du géant américain de la technologie par l’armée israélienne, ainsi que l’a rapporté le quotidien financier israélien Globes.
Microsoft a annoncé le départ de Haimovich la semaine dernière,mais sans en préciser la raison.
Ce départ intervient après que Microsoft, l’année dernière, a lancé une enquête sur ses relations avec l’Unité 8200 de la Direction du renseignement militaire suite à un article qui avait été publié par le journal britannique The Guardian et le média militant d’extrême gauche +972 Magazine. Selon cet article, le logiciel Azure avait, semble-t-il, été utilisé pour stocker d’innombrables enregistrements d’appels téléphoniques passés par des Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Au mois de septembre, Microsoft a finalement interrompu l’accès de l’armée israélienne à certains services cloud, invoquant d’une part l’utilisation par celle-ci de sa plateforme Azure pour exercer une surveillance à grande échelle sur les Palestiniens, et d’autre part une violation présumée des conditions d’utilisation définies par l’entreprise.
Haimovich quittera ses fonctions après quatre années passées à ce poste. Selon Globes, une équipe d’investigation placée sous l’égide de la direction mondiale de Microsoft l’aurait convoqué ces dernières semaines. L’enquête aurait porté sur des violations du code d’éthique de Microsoft, dans un contexte marqué par des inquiétudes quant au manque de transparence totale de la filiale israélienne de l’entreprise vis-à-vis du siège mondial concernant l’utilisation de sa plateforme cloud et de ses systèmes technologiques par l’unité 8200 de Tsahal.
Plusieurs responsables du département de gouvernance de Microsoft Israël vont également laisser leurs fonctions, a fait savoir Globes lundi.
Microsoft n’a pas souhaité s’exprimer sur les détails entourant le départ de Haimovich de ses fonctions le 31 mai, ni sur ceux d’autres membres du personnel basés en Israël.
Haimovich avait intégré Microsoft Israël il y a sept ans au poste de responsable du secteur public, avant d’être nommé directeur général il y a quatre ans. Le groupe a indiqué qu’il annoncerait « en temps voulu » le nom du successeur de Haimovich.
« Haimovich va désormais s’engager dans une nouvelle aventure professionnelle dans les domaines de la technologie et de l’intelligence artificielle », a indiqué Microsoft. « Sous sa direction, Microsoft Israël s’est hissé parmi les trois filiales les plus performantes en termes de croissance au sein du pôle de pays comparables de l’entreprise, la firme a franchi des étapes importantes et elle a amorcé une transition vers une position de leader dans le domaine de l’IA de pointe. »
Les liens de Microsoft avec Israël ont fait l’objet de plusieurs manifestations devant les bureaux de l’entreprise. Parmi les actions menées, des sit-in et des manifestations organisés par le groupe de protestation « No Azure for Apartheid ».
Au mois d’août de l’année dernière, l’entreprise avait renvoyé quatre de ses employés qui avaient participé à des manifestations sur les lieux de travail. Microsoft avait justifié ces licenciements par de graves violations des règles de l’entreprise, expliquant que les récentes manifestations sur le site avaient « soulevé d’importantes interrogations en matière de sécurité ».
Microsoft avait précédemment réfuté les allégations qui lassaient alors entendre que les technologies d’intelligence artificielle et de cloud computing qu’elle fournissait à l’armée israélienne avaient été utilisées pour cibler des personnes à Gaza pendant la guerre opposant Israël au groupe terroriste palestinien du Hamas.
Microsoft exploite actuellement des centres de développement à Haïfa, Tel Aviv et Nazareth. La plupart de ses 3 000 employés travaillent sur des projets liés à la cyber-sécurité, aux technologies liées à l’intelligence artificielle, au big data et à la santé, ainsi qu’aux activités commerciales et marketing.
L’entreprise a ouvert une filiale locale en Israël en 1989 avant d’y établir son premier centre de R&D en 1991. Il s’agissait alors du premier centre du groupe en dehors des États-Unis.
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