Le Likud s’est dissous dans le culte de la personnalité, affirme Liberman
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Le Likud s’est dissous dans le culte de la personnalité, affirme Liberman

Pour le chef d'Yisrael Beytenu, le Likud du Premier ministre n'est plus le parti de la droite politique. Il ouvrirait la porte de son parti à un éventuel ralliement de Shaked

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l'accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l'accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le dirigeant d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré samedi que le parti du Likud s’était égaré dans le culte de la personnalité qui entoure le Premier ministre Benjamin Netanyahu, estimant qu’il n’est plus un parti de droite.

Interrogé sur les désaccords qui l’opposent au Premier ministre, Liberman a mis en cause ce dernier, disant que « Netanyahu veut tout transformer en culte de la personnalité. C’est tout le Likud qui s’est perdu dans ce culte ».

« Nous avons d’ores et déjà dit que nous n’avions aucun intérêt à rejoindre le parti du Likud. C’est une formation populiste, à moitié haredim, qui sanctifie le culte de la personnalité », a dit Liberman.

« C’est Netanyahu qui, au mois de mai, a dissous la Knesset pour de nouvelles élections. Il n’a transmis le flambeau à aucun membre autre du Likud – c’est une affaire personnelle pour lui », a-t-il ajouté.

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Flash90)

L’échec de la formation d’un gouvernement par Netanyahu, après les élections du mois d’avril, est survenu suite au refus de Liberman de rejoindre une coalition en l’absence de l’adoption sans changement préalable d’une loi officialisant les exemptions de service militaire pour les élèves des yeshivas – une condition rejetée par les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre.

Netanyahu avait été chargé d’assembler une coalition mais il avait été dans l’incapacité de réunir une majorité au pouvoir avant la date fixée pour ce faire.

Sous les termes de la loi israélienne, si le Premier ministre désigné ne parvient pas à rassembler un gouvernement dans le temps imparti, le mandat revient entre les mains du président qui nomme alors un autre député pour accomplir cette tâche.

Toutefois, sous l’impulsion de Netanyahu, la Knesset avait choisi de voter sa dissolution quelques minutes avant l’expiration du délai imparti, fin mai, ce qui entraîne un nouveau scrutin. Et ce qui aura empêché un autre législateur – un rival du Likud ou d’un parti extérieur – de pouvoir tenter à son tour de rassembler une coalition.

Liberman a également attaqué le Premier ministre pour son positionnement dans le spectre politique, disant que même si Netanyahu se décrit comme étant une personnalité de droite, ses actions montrent le contraire.

« Je ne comprends pas le lien entre Netanyahu et la droite. Netanyahu qui a voulu former un gouvernement avec le leader Travailliste Avi Gabbay et avec les Arabes ? Netanyahu qui paie le Hamas ? Mais qu’a-t-il donc à voir avec la droite ? », s’est-il interrogé.

Ayelet Shaked s’exprimant lors de sa cérémonie d’adieu, dans les locaux du ministère de la Justice à Jérusalem, le 4 juin 2019. (Hadas Parush / Flash90)

« De mon point de vue, il ne peut y avoir qu’un large gouvernement d’où seront absents les ultra-orthodoxes et sans ‘messianistes’ également, » a continué Liberman, se référant sans doute à l’Union des partis de droite qui compte parmi ses députés le nouveau ministre des Transports Bezalel Smotrich, qui a déclaré dans le passé que le pays devait aspirer à une gouvernance « comme au temps du roi David ».

Le ministre de la Défense de l’époque Avigdor Liberman et la ministre de la Justice d’alors Ayelet Shaked arrivent à la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 17 juin 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Alors qu’il lui était demandé s’il y avait une chance de coopération future avec l’ex-ministre de la Justice Ayelet Shaked, Liberman a répondu : « Je ne m’impose à personne. Si Ayelet Shaked décroche son téléphone, nous discuterons ».

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