Le Likud taxe Gantz de « gauchiste » ; Koulanou déplore un discours avec « 0 idées »
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Le Likud taxe Gantz de « gauchiste » ; Koulanou déplore un discours avec « 0 idées »

Le parti de Benjamin Netanayhu a mis en garde contre la formation d'un gouvernement de gauche réunissant l'ancien chef d'état-major et Yair Lapid

L'ancien chef d'état-major Benny Gantz prononce son premier discours électoral à Tel Aviv, le 29 janvier 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)
L'ancien chef d'état-major Benny Gantz prononce son premier discours électoral à Tel Aviv, le 29 janvier 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les critiques des rivaux politiques de Benny Gantz ne se sont pas fait attendre, à l’issue du premier discours de campagne du chef du parti Hossen LeYisrael.

Dans une vidéo préparée, le parti Koulanou a fustigé le discours de Benny Gantz avec une vidéo, montée comme une séquence d’un film d’action.

« Nous avons patienté, nous avons attendu, nous nous sommes rongés les ongles, et c’est enfin arrivé : 20 000 mots arrogants, condescendants, détachés, 0 plans, 0 idées, 0 solutions. La conclusion est claire : la note de 0 en ‘préoccupation’. »

Puis une photo de Moshe Kahlon, le chef du parti Koulanou, apparaît, avec la légende : « Seulement Kahlon. Le seul à se préoccuper. »

Capture d’écran d’une vidéo de Koulanou en réponse au discours de campagne du candidat Benny Gantz, avec la photo de Moshe Kahlon, chef du parti et la légende ! « Seulement Kahlon. Le seul à se préoccuper ». La vidéo a été publiée sur Internet le 29 janvier 2019. (Crédit : capture d’écran)

Benny Gantz a accusé le Likud, parti au pouvoir d’avoir mené un gouvernement fondé sur l’incitation et la tolérance de la corruption. Dans un communiqué, le Likud qualifie inlassablement Gantz de « gauchiste ».

« Les belles paroles de Gantz, qui ont été chaudement accueillies par les médias, ne peuvent pas dissimuler le fait qu’il soit gauchiste. Celui qui ne se réclame ni de droite ni de gauche… est de gauche. Juste après les élections, Gantz s’unira avec [Yair] Lapid et les autres partis de gauche, et formera un gouvernement de gauche. La stratégie de la gauche, consistant à placer un général à la tête de leur liste pour renverser un gouvernement de droite ne fonctionnera pas cette fois-ci auprès du camp nationaliste. »

Netanyahu a réagit avec un tweet acerbe dans lequel il raille Gantz qui se place comme un centriste.

« Un autre discours de Lapid », a écrit Netanyahu en référence à Yaïr Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid.

« Quiconque ne se déclare ni de gauche ni de droite – est de gauche », a déclaré le Premier ministre.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein, membre du Likud de Netanyahu, a réagi au discours de Gantz dans un tweet : « Rien de neuf sous le soleil ».

« On s’attendrait à ce que quelqu’un qui prétend briguer le leadership de ce pays présente une direction, des valeurs, et ne se contente pas d’affiches flatteuses et de slogans poétiques », a-t-il écrit.

Le ministre de l’Education Naftalie Bennett, qui co-dirige la nouvelle formation politique HaYamin HaHadash, a déclaré que l’ancien chef d’état-major était un danger pour la sécurité nationale.

« Il parle bien, mais ses actions sont faibles », a déclaré Bennett. « Les positions de Gantz sont clairement à gauche. Il est dangereux de lui donner le portefeuille de la Défense ou toute responsabilité dans la sécurité d’Israël. »

Le ministre de la Technologie et des Sciences Ofir Akunis (Likud) a accusé Gantz de ne pas révéler ses véritables opinions.

« Nous avons entendu beaucoup de slogans, mais nous n’avons pas entendu de positions, a déclaré Akunis selon Walla. »Flouter et dissimuler ses positions, ce n’est pas du leadership ni de la gouvernance. Il est clair que lorsque vous avez des voix plutôt à gauche, il faut les cacher pour les dissimuler du public, afin d’obtenir des votes. »

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev s’est fait l’écho d’Akunis.

« Gantz est la nouvelle gauche, qui apparemment ne fait aucun distinguo entre monarchie et démocratie », a-t-elle dit, en référence aux propos tenus par Gantz, qui suggérait que le gouvernement se comportait comme une monarchie. « Et le pire, c’est qu’il n’a pas donné son opinion sur les questions importantes d’ordre politique. Il est resté silencieux. Tout ce qu’il veux, c’est faire tomber la droite et Netanyahu. »

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, également membre du Likud, a déclaré que « les conseillers médiatiques de Benny Gantz n’ont épargné aucun slogan vide ou cliché vu et revu. »

« Benny Gantz est le nouveau Yair Lapid, la gauche en tenue de camouflage », a-t-elle ajouté. « Le public de droite n’est pas client de ce type de déguisement. »

Le parti ultra-orthodoxe Shas a également fustigé le discours de Gantz, dans lequel il a appelé à l’approbation du mariage civil et à la validation de l’accord de compromis de 2015 du mur Occidental.

« Après des semaines de silence, votre chant pour le peuple d’Israël, c’est le mariage civil et un kotel (mur Occidental) réformé ? », a demandé le parti dans un communiqué. « Les transports publics pendant Shabbat ? Ce n’est pas comme cela que l’on unifie un pays, cela le divise. Ne défaites pas le délicat tissu social qui nous unit en tant que nation. Ne touchez pas à l’héritage d’Israël. »

Tout comme le parti Koulanou, le communiqué du Shas était accompagné d’une infographie préparée en avance, ce qui laisse penser qu’ils avaient plusieurs réponses prêtes à avancer en fonction du contenu du discours du candidat Gantz.

La députée Shelly Yachimovich, du parti travailliste, dans le camp de l’opposition, a déploré le fait que Gantz se dise prêt à siéger dans un gouvernement Netanyahu tant que ce dernier ne fait pas l’objet d’une mise en examen.

« Le courage ne se limite pas au champ de bataille, mais aussi à la politique », a-t-elle tweeté. « Gantz a dit de belles choses, mais il s’est laissé l’option d’être un ministre dans le gouvernement de quelqu’un qui est plongé dans la criminalité jusqu’au cou et qui viole l’Etat de droit pour son propre intérêt. Il est regrettable que les nouveaux visages en politique, qui sont supposés apporter un vent de fraîcheur et un esprit neuf ne fassent pas preuve de courage. »

Tzipi Livni, la chef du parti Hatnua, a pour sa part félicité Gantz pour son discours et paraphrasé certains de ses propos.

« Il en fait aucun doute que le pays passe avant nous, tout comme la réponse à la question du type de pays que nous laisserons derrière nous – s’agira-t-il d’un Israël sur lequel souffle un mauvais vent tel que Netanyahu et ses partenaires l’auront laissé, ou s’agira-t-il d’un Etat dans l’esprit de la Déclaration d’Indépendance, avec une majorité juive et l’égalité ? »

Bien qu’il soit opposé à la création d’un État palestinien, Yaalon a été salué par la gauche pour son opposition à Netanyahu.

Le chef du parti travailliste Avi Gabbay a salué l’alliance entre Gantz et Yaalon, affirmant que « les alliances sont importantes », mais a souligné que le nouveau partenariat doit désormais choisir s’il s’oppose directement ou non à Netanyahu dans la formation du prochain gouvernement.

« Gantz et Yaalon doivent décider s’ils veulent continuer à perpétuer le règne de Netanyahu ou si ensemble, ils vaincront Netanyahu », a déclaré Gabbay à la conférence annuelle de l’Israel National Security Studies à Tel Aviv.

Le député Yair Lapid a déclaré que Gantz et Yaalon étaient « de bonnes personnes et il est bien qu’elles soient en politique. Je leur souhaite bonne chance, tant qu’ils n’exagèrent pas. »

Cependant, Lapid a clarifié qu’il visait la position de Premier ministre et que s’il gagnait, il se rapprochera d’abord du Likud ou des travaillistes pour former sa coalition, a fait savoir la Treizième chaîne.

Réactions à l’alliance avec Yaalon

Le parti HaYamin HaHadash, dirigé parla ministre de la Justice Ayelet Shaked et son homologue à l’Education Naftali Bennett, qui ont toujours fait partie des détracteurs de la politique de Netanyahu et l’ancien chef d’état-major sur Gaza, ont vivement critiqué l’alliance entre Gantz et Moshe Yaalon.

Dans un communiqué, HaYamin HaHadash a décrit les deux anciens chefs de l’armée comme les « architectes de l’échec et mat » avec le Hamas.

« La denière fois que [Yaalon] et Gantz ont travaillé ensemble, cela s’est fini par 30 tunnels terroristes [depuis Gaza] vers le sud », a déclaré HaYamin HaHadash.

« Ce sont tous les deux des gens biens, mais ils ont mené une doctrine faible d’échec et mat », poursuit le communiqué, avant d’ajouter qu’il s’agit d’une « doctrine consistant à ignorer les menaces au lieu de les gérer avec détermination. La question de ces élections est : qu’est ce qui est mieux, la doctrine échec et mat de Gantz et Yaalon ou la doctrine de Bennett sur une victoire décisive. »

L’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman, dont la nomination à ce poste a fait suite à la démission de Yaalon du gouvernement en 2016, a décrit cette alliance comme passagère.

« Ce qui est clair pour le moment, c’est que le parti du général est isolé, c’est un parti qui a été mis sur pied pour les élections et qui disparaîtra avant les prochaines élections », a déclaré Liberman, à la tête du parti Yisrael Beytenu. « Je leur souhaite de réussir, mais je dois admettre que nous ne sommes d’accord sur rien. »

La députée Michal Rozin, du parti de gauche du Meretz, s’est interrogé sur la viabilité d’un parti où les deux figures de proues sont des opinions tellement divergents sur les politiques du gouvernement.

« Il devient clair qu’il ‘n’y a pas de droite ni de gauche’ si [Yaalon], qui s’oppose à la solution à deux Etats, et Gantz, qui apparemment recherche la paix, s’associent dans le parti du général », a-t-elle dit au sujet du conflit israélo-palestinien.

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