Le ministre des Affaires étrangères bahreini fustige le Hamas et l’Iran
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Le ministre des Affaires étrangères bahreini fustige le Hamas et l’Iran

Un responsable du groupe terroriste palestinien a critiqué Khalid bin Ahmed Al Khalifa pour une photo avec son homologue israélien, déplorant le "pro-sionisme" de certains Arabes

Le ministre des Affaires étrangères bahreïni  Khalid bin Ahmed Al Khalifa à l'Atlantic Council de Washington, le 17 juillet 2019 (Capture d'écran : YouTube
Le ministre des Affaires étrangères bahreïni Khalid bin Ahmed Al Khalifa à l'Atlantic Council de Washington, le 17 juillet 2019 (Capture d'écran : YouTube

Le ministre des Affaires étrangères bahreïni Khalid bin Ahmed Al Khalifa a expliqué que sans le soutien apporté par l’Iran au Hamas et autres groupes terroristes de la bande, Israël et les Palestiniens seraient plus proches de la paix.

L’Iran soutient les brigades Izz ad-Din al-Qassam, aile armée du groupe terroriste du Hamas, et les brigades al-Quds, celles du Jihad islamique palestinien.

« Nous ne voulons pas laisser cette question [du conflit israélo-palestinien] continuer à être utilisée par des pays ou par des groupes terroristes qui cherchent à dominer la région. Et cela nous amène à la question de l’Iran », a indiqué l’éminent diplomate bahreïni lors d’un événement organisé par l’Atlantic Council à Washington.

« Si ce n’était la présence de l’Iran – la présence des soldats iraniens, de l’argent iranien, la réalité du soutien iranien au Hamas et des jihadistes qui ont le contrôle de Gaza – nous serions bien plus avancés dans le processus d’une paix entre Palestiniens et Israéliens et nous aurions de meilleures chances de la réaliser », a-t-il continué.

« Mais ce rôle est tellement toxique qu’il rend les choses difficiles à toute occasion », a-t-il clamé.

Le ministre des Affaires étrangères israélien Israel Katz et son homologue bahreïni Khalid bin Ahmed Al-Khalifa, à droite, posent pour une photo au département d’Etat à Washington, le 17 juillet 2019 (Autorisation)

Comme Israël, cela fait longtemps que le Bahreïn critique l’Iran avec force pour son soutien apporté aux groupes armés du Moyen-Orient. L’Iran soutient également les rebelles Houthis au Yémen, les Unités de mobilisation populaire en Irak et le gouvernement du dictateur syrien Bashar al-Assad.

Les images du ministre des Affaires étrangères en train de faire ces déclarations sont apparues vendredi, lorsque l’Atlantic Council les a postées sur sa page YouTube.

Al Khalifa a également précisé que son pays s’intéressait au développement du commerce et du tourisme avec l’Etat juif à l’avenir, ajoutant qu’il était « prématuré » d’évoquer de telles initiatives.

« Nous voulons y parvenir », a-t-il affirmé.

Al Khalifa a par ailleurs pris la pose pour une photo cette semaine – une première – aux côtés du ministre des Affaires étrangères israélien Israel Katz. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne cesse de se vanter de liens croissants entretenus avec les Etats arabes, que ce soit au grand jour ou de manière secrète.

Jeudi, le ministère des Affaires étrangères a même annoncé que Katz et Netanyahu espéraient œuvrer en faveur d’un accord de paix avec les nations du Golfe au cours des prochaines années.

Le ministre bahreïni des Affaires étrangères Khalid bin Ahmed Al Khalifa s’entretient avec le « Times of Israel » en marge de l’atelier Peace to Prosperity à Manama, Bahreïn, le 26 juin 2019. (Raphael Ahren/Times of Israel)

Mais tandis qu’Al Khalifa a évoqué une population israélienne désireuse de « trouver la paix de l’esprit dans sa vie et dans celle des générations futures », ajoutant qu’elle méritait que ce vœu se réalise, il a toutefois souligné : « autant les Israéliens ont droit à leur propre pays, les Palestiniens ont droit à leur propre pays sur les terres qui sont les leurs ».

« Ils sont là depuis des millénaires. Et il est impossible que nous ignorions leur droit à appartenir également à cette terre », a-t-il poursuivi.

Pour sa part, le Hamas a dénoncé Al Khalifa pour le cliché le montrant aux côtés de Katz.

« La photo chaleureuse montrant les ministres des Affaires étrangères du Bahrein et de l’occupation révèle simplement le pro-sionisme qui caractérise dorénavant certains responsables arabes », a écrit Sami Abu Zuhri, un officiel du Hamas, sur Twitter.

« Ces rencontres et ces photos sont une trahison de Jérusalem et de la Palestine et elles ne parviendront pas à saper la conscience de la nation ou à amener cette dernière à abandonner la Palestine ou à normaliser l’occupation », dit encore son post.

Jason Greenblatt, l’un des envoyés pour la paix du président Donald Trump au Moyen-Orient, avait posté la photo sur Twitter jeudi, indiquant que les deux ministres des Affaires étrangères avaient pris part à un « échange amical ».

Katz a fait savoir que lui et Al Khalifa avaient « discuté de l’Iran, des menaces régionales et des relations bilatérales et convenu de rester en contact. »

Israël et le Bahrein n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles. Les deux pays critiquent toutefois l’Iran avec force en raison de son soutien aux groupes armés dans un certain nombre de pays du Moyen-Orient.

Le Hamas, un groupe islamiste qui a juré de détruire Israël, a vivement mis en garde les Etats arabes contre la normalisation avec Israël, ainsi que contre d’éventuels engagements auprès de l’Etat juif.

Au mois de juin dernier, le Bahreïn a accueilli un sommet organisé par les Américains consacré au volet économique du plan de paix très attendu mis au point par l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, cinquième de la gauche, et le Prince du Bahreïn Salman bin Hamad Al Khalifa, sixième de la gauche, écoutent le haut conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, debout, lors de la session d’ouverture de l’atelier « Paix pour la prospérité » à Manama, au Bahreïn, le 25 juin 2019. (Agence d’information du Bahreïn via AP)

Tandis qu’aucun responsable israélien n’avait participé au sommet de Manama, un certain nombre d’hommes d’affaires et de journalistes, venus de l’Etat juif, y avaient assisté.

Le Hamas et Ramallah s’étaient opposés avec férocité à cette conférence qui avait eu lieu dans la capitale bahreïnie.

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) avait clamé que la focalisation du sommet sur l’économie était une initiative visant à saper les aspirations palestiniennes à un Etat. Elle avait également accusé les Etats-Unis de tenter d’utiliser la rencontre pour normaliser le statut d’Israël dans le monde arabe.

Au cours d’un entretien accordé au Times of Israel en marge de la conférence, Al Khalifa avait exprimé son espoir de voir établir de meilleures relations et, un jour, la « paix » avec l’Etat juif – un pays dont il avait nonchalamment déclaré qu’il faisait partie de la région et qu’il « y restera ».

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