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Le ministre des Affaires religieuses veut une refonte des conseils religieux

Matan Kahana a l'intention de remplacer 90 chefs de conseil par des universitaires, y compris des femmes ; cette mesure devrait susciter les critiques des partis ultra-orthodoxes

Le ministre des affaires religieuses nouvellement nommé, Matan Kahana, dans son ministère à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des affaires religieuses nouvellement nommé, Matan Kahana, dans son ministère à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Affaires religieuses, Matan Kahana, prévoirait d’importants changements au sein des conseils religieux du pays, qui supervisent la vie quotidienne de la population juive.

Dans un premier temps, 90 chefs de conseils religieux ont été informés que leur poste ne serait pas prolongé à l’expiration de leur mandat dans quatre mois, une mesure destinée à faire de la place pour de nouveaux candidats, selon les médias israéliens lundi.

Les postes seront pourvus à partir d’une liste de candidats potentiels qui devront être titulaires d’un diplôme universitaire et seront ouverts aux femmes, selon les rapports. L’intention de Kahana est de créer des conseils qui reflètent mieux les populations locales qu’ils servent.

Il prévoit également de limiter plus strictement la durée du mandat des chefs de conseil, dont certains sont en poste depuis de nombreuses années.

La plupart des conseils sont présidés par des fonctionnaires directement sélectionnés par le ministre des Affaires religieuses.

Ces changements risquent de créer des frictions avec les partis ultra-orthodoxes qui ont été pendant des années à la tête du ministère des Affaires religieuses et, par conséquent, les conseils. Ces partis sont désormais dans l’opposition et ont perdu cette influence.

Il existe 130 conseils religieux chargés de fournir divers services religieux dans les municipalités locales du pays. Ils gèrent les questions relatives au mariage, à la casheroute, aux enterrements, aux mikvehs, aux activités culturelles, etc.

Kahana a fait de la représentation des femmes au sein des conseils religieux un élément central de son programme à la tête du ministère.

Les conseils sont légalement tenus d’avoir une représentation féminine d’au moins 30 %, mais dans la pratique, les chiffres sont beaucoup plus bas.

En juillet, pour la première fois en 17 ans – et pour la deuxième fois seulement dans l’histoire d’Israël – une femme a été nommée à la tête d’un conseil religieux. Haya Kliger, 71 ans, a pris la tête du conseil de la vallée de Sde Ya’akov-Jezreel, dont elle était membre depuis 2000.

Un autre conflit pourrait se développer à propos de la nomination de nouveaux juges, appelés dayanim, pour les tribunaux religieux.

Le site web Kikar Hashabbat a rapporté mardi que les partis ultra-orthodoxes craignent que Kahana ne fasse pression pour que deux rabbins orthodoxes modernes soient nommés juges dans les tribunaux, malgré les fortes objections passées des dirigeants ultra-orthodoxes.

Selon le rapport, Shas et Yahadout Hatorah, les deux partis ultra-orthodoxes de la Knesset, envisagent de prendre des mesures si les rabbins David Bass et Benayahu Bruner sont nommés juges de tribunaux religieux. L’une des options envisagées est de boycotter la commission de sélection des juges afin de ne pas être perçu comme étant actif dans ce processus.

Aucune date n’a encore été fixée pour la convocation de la commission de sélections.

Le nouveau gouvernement, le premier depuis des années à ne pas inclure de partis ultra-orthodoxes, a cherché à réformer les institutions religieuses israéliennes.

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