Le président libanais appelle le pays et son parti à « s’unir contre Israël »
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Le président libanais appelle le pays et son parti à « s’unir contre Israël »

Une partie du pays, qui ne voit pas la puissance du Hezbollah d'un bon œil, s'est fait l'écho des révélations du Premier ministre israélien

Le ministre des affaires étrangères du Liban Gibran Bassil s'adresse aux médias après avoir réuni 73 envoyés et journalistes étrangers à proximité de l'aéroport international au sud de Beyrouth, lors d'une visite des sites missiles secrets présumés aux environs de la capitale libanaise,  le1er octobre 2018 AFP PHOTO / ANWAR AMRO)
Le ministre des affaires étrangères du Liban Gibran Bassil s'adresse aux médias après avoir réuni 73 envoyés et journalistes étrangers à proximité de l'aéroport international au sud de Beyrouth, lors d'une visite des sites missiles secrets présumés aux environs de la capitale libanaise, le1er octobre 2018 AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Lors de la dernière assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre israélien a brandi un nouvel élément relatif au programme d’armement de l’Iran, et de son proxy au Liban, le mouvement terroriste du Hezbollah.

En présentant des photos aériennes d’entrepôts d’armes du Hezbollah dans la capitale libanaise, Netanyahu a déclaré : « Israël sait ce que vous faites, Israël sait où vous le faites, et Israël ne vous laissera pas faire ».

Netanyahu a accusé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah d’ »utiliser délibérément le peuple innocent de Beyrouth comme un bouclier humain ».

Cependant, grace à ces photographies de lieux familiers aux habitants de Beyrouth, le Premier ministre israélien a fait resurgir les divisions internes de la société libanaise au sujet du Hezbollah.

Via un message sur Twitter, Avishay Adraee le porte-parole de Tsahal s’est adressé directement en arabe aux Libanais à travers un photomontage représentant le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en train de discuter avec M. Bassil, président du Courant patriotique libre et ministre des Affaires étrangères libanais, en lui disant : « Vous, vous êtes le responsable des sites dont a parlé Netanyahu. Le reste ne relève pas de vos compétences, » explique le site d’information libanais L’Orient-Le Jour.

« Monsieur le ministre Gebran Bassil, que comptez-vous dire aux ambassadeurs ? a continué le porte-parole de Tsahal. Il faudrait tout d’abord que le Hezbollah mette fin à ses actions terroristes et qu’il retire ses armes des environs de l’aéroport de Beyrouth. Avez-vous bien vérifié si le parti de Dieu contrôle encore ces sites dont nous vous avons révélé l’existence ? »

Dans un communiqué daté du 2 octobre le bloc du Liban fort, un parti de tendance aouniste, cité par L’Orient-Le Jour, a tenté de resserrer les rangs et de mettre fin aux critiques liées à l’influence du Hezbollah au Liban. Chacun a été appelé à « resserrer les rangs pour défendre les intérêts des Libanais lorsque nous sommes pris pour cibles de l’extérieur ».

Image satellite diffusée par les forces de défense israéliennes montrant un site proche de l’aéroport international de Beyrouth qui, selon l’armée, est utilisé par le Hezbollah pour convertir des missiles ordinaires en munitions à guidage de précision, le 27 septembre 2018. (Forces de défense israéliennes)

« L’ennemi a été surpris par la réponse diplomatique (du Liban), mais il est ironique de constater que certains ici ont justifié les propos d’Avichay Adraee (porte-parole de l’armée israélienne) plutôt que de s’unir face à l’ennemi », dénonce le communiqué.

Peu après la déclaration de Benjamin Netanyahu, le président libanais Michel Aoun avait déclaré que les affirmations du Premier ministre israélien étaient « dénuées de tout fondement » et « cachent une nouvelle menace israélienne contre la souveraineté libanaise ».

Dans un entretien paru la semaine dernière dans Le Figaro, Aoun avait déploré qu’ « une certaine opinion publique étrangère » soit « déterminée » à faire du Hezbollah un « ennemi », ajoutant que les membres de la milice pourraient intégrer l’armée.

« Pour l’instant, Israël nous menace, viole notre souveraineté et poursuit la spoliation des droits des Palestiniens (…) affirmait le président libanais. Au Moyen-Orient, Israël cherche à fragmenter la région en pièces communautaires et confessionnelles, des simulacres d’États, pour assembler un puzzle sectaire. »

Questionné sur l’influence du parti chiite sur le Liban le président Michel Aoun a rétorqué : « Actuellement, certains lui reprochent son implication dans la guerre contre Daech et al-Nosra en Syrie, continue Aoun. Mais les faits sont là : les terroristes djihadistes attaquaient notre territoire, le Hezbollah le défendait. Il ne joue aucun rôle militaire à l’intérieur du Liban et n’intervient pas aux frontières avec Israël. Il est désormais lié à la question du Moyen-Orient et à la résolution du conflit en Syrie ».

Le numéro 2 Naïm Kassem a déclaré peu après dans un message cité par le site L’Orient Le Jour : « Les positions annoncées par le président de la République dans les pages du Figaro sont des positions responsables et honorables ».

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