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Le RN n’a plus « aucun problème à reconnaître » la loi Gayssot, assure Sébastien Chenu

Lors de la campagne présidentielle de 2017, Marine Le Pen a dit qu'elle ne voulait pas abroger la loi qui rend notamment le négationnisme délictuel si elle était élue

Sébastien Chenu, élu du Rassemblement national, sur le plateau de LCI, le 5 avril 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Sébastien Chenu, élu du Rassemblement national, sur le plateau de LCI, le 5 avril 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le vice-président RN de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, a assuré mercredi que le Rassemblement national (RN) n’aurait « aucun problème à reconnaître » la loi Gayssot qui rend notamment le négationnisme délictuel, autrefois cheval de bataille du parti de Marine Le Pen.

« Je pense qu’on n’a aucun problème à reconnaître une loi condamnant le négationnisme », a déclaré le député du Nord à l’antenne de Radio J. « Le négationnisme est une chose épouvantable », a-t-il ajouté. « Bien sûr que nous le condamnons sans aucune ambiguïté. »

La loi Gayssot a été adoptée en 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras avec le but assumé alors de faire cesser les discours antisémites et révisionnistes qui n’étaient pas juridiquement répréhensibles. Elle crée notamment un délit de contestation de crime contre l’Humanité.

L’opposition à cette loi, longtemps marqueur du Front national, semble ne plus être d’actualité dans la version dédiabolisée du Rassemblement national, voulue par Marine Le Pen.

Cette dernière a indiqué lors de la campagne présidentielle de 2017 qu’elle ne voulait pas abroger la loi Gayssot si elle était élue. Elle l’a répété lors de la présidentielle de 2022.

À la tête du mouvement d’extrême droite depuis 2011, Marine Le Pen y a succédé à son père Jean-Marie Le Pen, qu’elle a exclu du parti en 2015 après ses propos répétés sur les chambres à gaz, « point de détail » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale selon lui, qui lui ont valu une condamnation en justice.

Pour M. Chenu, « il y a besoin qu’on lutte contre l’antisémitisme dans notre pays d’une façon totalement rationnelle ». L’antisémitisme n’est pour lui aujourd’hui « pas le fait de vieux réseaux d’extrême droite », même s’ils « existent ». « L’antisémitisme militant, il est nourri par l’extrême gauche », selon lui.

Interrogé sur la position de Marine Le Pen reconnaissant deux États, israélien et palestinien, le député du Nord a défendu « une position d’équilibre ».

En outre, il a ajouté qu’il n’avait « pas attendu d’être au Rassemblement national pour manifester son soutien à Israël », se disant « ami » d’Israël.

Au sujet du port de la kippa en France, il a rappelé que son parti ne s’y opposait pas, à l’inverse du port du voile.

La veille, déjà sur Radio J, l’avocat Arno Klarsfeld avait estimé que le Rassemblement national « évoluait ». « Quand une partie ou certains membres du Front national évoluent, il faut le montrer, et Louis Aliot, d’ennemi est devenu adversaire », a-t-il expliqué.

Il a expliqué que Marine Le Pen avait fait un pas en avant en reconnaissant la Rafle du Vel’ d’Hiv’, saluant les efforts d’Aliot en faveur de la mémoire de la Shoah.

Alors que Marine Le Pen reste persona non grata en Israël, Arno Klarsfeld l’a invitée à « faire des gestes spectaculaires » pour qu’elle y soit accueillie. « Elle vient d’un parti qui était négationniste, antisémite et pro-Pétain, donc cela entraîne des devoirs. C’est normal », a-t-il expliqué, ajoutant qu’elle devait « couper le cordon avec tous les antisémites qui étaient et pour certains qui sont encore dans son parti ». Il a également ajouté que, parmi les électeurs du Rassemblement national, il y avait « plein de braves gens », qui ne sont pas antisémites.

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