Les cas de rage ont quadruplé, faisant craindre une contagion chez l’homme
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Les cas de rage ont quadruplé, faisant craindre une contagion chez l’homme

Une commission de la Knesset prévient le ministère de l'Agriculture qu'il pourrait faire l'objet d'une enquête pour ne pas avoir réglé le problème dans le nord d'Israël

Groupe de chacals sur une route de montagne près de Jérusalem, le 4 août 2008. (Haim Shohat/Flash90)
Groupe de chacals sur une route de montagne près de Jérusalem, le 4 août 2008. (Haim Shohat/Flash90)

Les cas de rage en Israël ont quadruplé ce mois-ci, par rapport à décembre de l’année dernière, en battant des records et suscitant la crainte que l’épidémie ne se propage à l’homme.

Avi Tsarfati, chef de l’Association des vétérinaires, a indiqué que 16 cas de rage avaient été découverts pendant le seul mois de décembre, contre quatre en décembre 2016, a rapporté mardi le site d’information en langue hébraïque Ynet.

Parmi les animaux infectés, on trouve 13 chacals, deux chiens et un veau.

Egalement ce mois-ci, un homme et une femme ont été attaqués par des chacals enragés lors de deux incidents distincts, a déclaré Tsarfati. Les chacals infectés n’ont pas été capturés et se promènent sans doute encore, contaminant d’autres animaux.

Il y a probablement beaucoup plus d’animaux infectés qui n’ont pas encore été détectés, a-t-il dit.

Les 16 incidents se sont déroulés dans la région de Gilboa, dans la vallée de Springs, dans la vallée du Jourdain, dans la vallée de Jezreel, à Megiddo et Yokneam, tous dans le nord d’Israël.

Les incidents sont « très préoccupants », a déclaré Tsarfati. « Chaque jour, il y a des contacts entre le public et les animaux sauvages, et dans des zones infectées par la rage, ces contacts peuvent mener au désastre. »

Lors d’une discussion du Comité des Affaires économiques à la Knesset lundi, le président du comité Eitan Cabel (Union Sioniste) a déclaré que le ministère de l’Agriculture était responsable de ne pas avoir créé une équipe d’urgence pour gérer l’épidémie. Il a averti que les autorités pourraient faire face à une enquête officielle si aucune mesure n’était prise pour endiguer le fléau.

« S’il n’y a pas une meilleure compréhension et une meilleure gestion de la situation, il y aura une commission d’enquête », a déclaré M. Cabel.

Eitan Cabel (photo credit: Uri Lenz/Flash90)
Le député de l’Union sioniste Eitan Cabel (Crédit photo: Uri Lenz/Flash90)

Oved Nur, chef du conseil régional de Gilboa, a averti le comité que des vies humaines étaient en danger.

« Tout le monde dit que c’est une urgence, mais personne ne fait ce qu’il faut faire en cas d’urgence », a-t-il dit.

« Nous sommes à un point de rupture. Nous n’avons pas assez de personnel et nous avons besoin de fonds supplémentaires de toute urgence ».

Nur a exprimé son inquiétude concernant les chats errants qui pourraient être infectés. Alors que ceux qui sont mordus par un chacal sont susceptibles de consulter un médecin, les gens sont moins préoccupés par une griffure de chat et ne se font pas soigner, ce qui augmente le risque que la victime développe la rage, a-t-il dit.

Shlomo Garazi, directeur des services vétérinaires au ministère de l’Agriculture, a déclaré que la question relevait de la responsabilité de plusieurs autorités, notamment les autorités locales, l’Association israélienne Nature et Parcs, le ministère de la Santé et les vétérinaires.

« Nous travaillons sur plusieurs niveaux », a déclaré M. Garazi, selon le site web Walla en hébreu. « Nous élevons la couverture vaccinale grâce à des vaccinations par voie orale dans toute la région, en encourageant la vaccination des animaux de compagnie, des bovins et des ovins. Il y a une tentative ici pour nous laisser nous débrouiller seuls. »

Boris Jacobson, directeur du laboratoire de la rage au ministère de l’Agriculture, a déclaré que l’épidémie a atteint Israël depuis la Jordanie à cause des animaux qui traversent la frontière.

« Nous faisons des efforts pour que cela ne se propage pas aux chiens et aux chats », a-t-il déclaré au comité.

Les représentants des autorités locales ont déclaré aux députés que l’épidémie avait un impact sur la qualité de vie des résidents locaux, qui ont peur de quitter leur domicile par crainte de rencontrer un animal malade.

Depuis le début de l’année, il y a eu 68 cas de rage identifiés alors qu’en 2016 il n’y en avait que 29, a indiqué le rapport Walla.

La rage est une maladie virale qui provoque une inflammation aiguë du cerveau chez l’homme. Les personnes peuvent être infectées lorsqu’elles sont mordues ou griffées, ou lorsqu’elles sont exposées à la salive d’un animal infecté si la peau présente des lésions, par les yeux, le nez ou la bouche. Si elle n’est pas détectée et traitée tôt, la rage entraîne presque toujours la mort, généralement dans les trois mois ; et moins dans le cas des enfants, car le virus a moins de distance à parcourir avant d’atteindre le système nerveux central.

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