Les démocrates remportent la Chambre et des élus juifs décrochent des rôles clés
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Les démocrates remportent la Chambre et des élus juifs décrochent des rôles clés

Le changement de majorité à la Chambre des représentants influera sur les relations commerciales et les politiques d'immigration de Trump, et peut-être sur les liens avec Israël

La nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants avec, de gauche à droite, les législateurs juifs Jerrold Nadler et Adam Schiff dans des rôles clés, Alexandria Ocasio-Cortez représentant la gauche rebelle et Nancy Pelosi dans la course à la présidentielle. (Getty Images/via JTA)
La nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants avec, de gauche à droite, les législateurs juifs Jerrold Nadler et Adam Schiff dans des rôles clés, Alexandria Ocasio-Cortez représentant la gauche rebelle et Nancy Pelosi dans la course à la présidentielle. (Getty Images/via JTA)

WASHINGTON (JTA) – Si vous pensiez que la première moitié du premier mandat de Donald Trump à la présidence était mouvementée, imaginez-vous les deux prochaines années : Ses adversaires détestés, les démocrates, sont maintenant armés.

De nouveau dans la majorité après huit ans, les démocrates à la Chambre des représentants des États-Unis vont maintenant pouvoir se servir de la redoutable citation à comparaître. Et certaines des figures clés du parti qui seront en mesure de forcer les fonctionnaires de l’administration Trump à témoigner sont juives.

Des élections de caucus auront lieu d’ici au lancement du 116e Congrès, mais à moins d’une surprise, ces cinq démocrates juifs sont maintenant prêts à présider des commissions clées de la Chambre, dont trois de New York – Jerrold Nadler, la Commission judiciaire, Eliot Engel, Affaires étrangères, et Nita Lowey, Crédit. De plus, Adam Schiff, de Californie, dirigera la Commission du renseignement et John Yarmuth, du Kentucky, dirigera la Commission du budget.

Ces présidences de commission entre autres figureront en bonne place dans les efforts déployés par les démocrates pour contrecarrer ce qu’ils considèrent être une présidence catastrophique.

La destitution ne semble pas être une option pour l’instant : Nancy Pelosi, de Californie, qui est susceptible de regagner le marteau de présidente, l’a exclu, de même que Nadler, dont la commission aura pour tâche de diligenter toute enquête sur le président.

Mais il y a d’autres domaines dans lesquels la majorité démocrate à la Chambre influera sur la politique.

Les scandales

Ce n’est pas parce que la destitution (impeachment) n’est plus sur la table que les enquêtes sont hors-sujet. Les démocrates sont furieux que les républicains de la Maison Blanche et du Sénat aient restreint l’enquête sur les accusations d’agression sexuelle portées contre Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême, qui a été confirmé. Nadler a dit qu’il pourrait creuser davantage sur les accusations de Kavanaugh.

Les démocrates, dont M. Yarmuth, disent qu’ils veulent jeter un coup d’œil aux déclarations fiscales de M. Trump, ce qui révélerait à quel point ses entreprises sont endettées, peut-être envers des intérêts étrangers. La Commission de surveillance souhaitera examiner les liens entre les entreprises appartenant à Trump et sa famille et les conflits d’intérêts avec les États-Unis – questions qui pourraient troubler la fille de Trump, Ivanka, et son mari, Jared Kushner.

M. Schiff, un détracteur acharné de Trump sur les réseaux câblés, est très irrité par ce qu’il dit être les obstacles placés par le président actuel des Républicains de Californie, Devin Nunes, sur les enquêtes de la commission relatives aux collusions entre la Russie et la campagne présidentielle de Trump.

Politique intérieure

Les mesures visant à supprimer « Obamacare », la loi sur l’assurance-maladie accessible, qui a été la victoire politique de l’ancien président Barack Obama, sont caduques. Les principales protections, dont la couverture garantie pour les personnes atteintes de maladies préexistantes, demeurent en place. Il faut s’attendre à ce que le débat sur la réforme soit orienté à gauche, les principaux démocrates appuyant maintenant l’idée d’un régime « Medicare for All », l’assurance-maladie pour tous.

Une commission budgétaire dirigée par M. Yarmuth chercherait également à réduire le déficit en rétablissant certaines des réductions d’impôt qui ont été signées par Trump lors de son premier mandat.

Les politiques d’immigration de Trump, dont les séparations familiales et le déploiement prévu de soldats à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, ont surtout été adoptées par décret présidentiel, sans tenir compte de la procédure législative.

Toutefois, les démocrates contrôlant la Chambre, ils seront soumis à un contrôle. Les organismes juifs qui défendent les intérêts des immigrants et des réfugiés, comme la HIAS, éprouveront un sentiment de soulagement, sans pour autant faire de concessions.

Politique étrangère

Beaucoup a été écrit sur l’effet que l’élection d’une poignée de démocrates qui ont vivement critiqué Israël aura sur le parti démocrate. Il s’agit de Rashida Tlaib dans le district 13 du Michigan, la première femme musulmane élue au Congrès ; Ilhan Omar, la gagnante somalo-américaine dans le district 5 du Minnesota ; Ayanna Pressley, qui a remporté sa course pour la Chambre dans le district 7 du Massachusetts mardi ; et Alexandria Ocasio-Cortez, dont le premier échec à la suite de dix mandats lui a permis de remporter la victoire dans le 14e district de New York.

Rashida Tlaib (Crédit : capture d’écran CNN)

À long terme, c’est une question intéressante, car de plus en plus de démocrates semblent prêts à remettre en question la politique israélienne.

Mais au cours des deux prochaines années, leur élection n’est pas vraiment significative. Les législateurs résolument pro-israéliens sont toujours aux commandes. Engel est l’un des partisans les plus fiables d’Israël, des deux camps, à la Chambre, tout comme Lowey, qui sera le démocrate le plus influent dans le contrôle des dépenses publiques.

Israël et bon nombre de ses partisans au sein de la communauté juive ont été ravis des initiatives unilatérales et souvent sans précédent de Trump à l’égard d’Israël, notamment sa décision de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, son discours sceptique concernant une solution prévoyant deux États et surtout sa décision de renoncer à l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas hésité à dire à quel point il était satisfait du président et de son parti.

S’il y a un changement, ce sera le rétablissement d’une partie du financement des Palestiniens que Trump a supprimée. Mais ce n’est pas un financement auquel Israël s’oppose nécessairement. Alors que les relations entre Israël et l’Autorité palestinienne sont au plus bas, les services de sécurité israéliens considèrent toujours qu’une Autorité palestinienne viable est essentielle pour maintenir la paix en Cisjordanie.

Il est trop tard, si cela a jamais été possible, pour les démocrates d’influer sur l’autre domaine de la politique au Moyen-Orient où ils ont un désaccord important avec M. Trump : L’Iran. Le retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire de 2015 est pratiquement définitif, avec de nombreuses sanctions pré-accord réimposées à l’Iran cette semaine.

Plus généralement, les démocrates et certains républicains au Congrès ont été consternés par la désinvolture de Trump face aux abus commis par des alliés américains, notamment l’Arabie saoudite et l’Égypte. On peut s’attendre à une surveillance accrue de la façon dont les États-Unis interviennent en faveur des opprimés à l’étranger.

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