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Les Emirats investissent pour peser dans la nouvelle guerre téléguidée

Le ministère émirati de la Défense a signé trois accords avec des entreprises nationales et internationales d'une valeur totale de plus 178,2 millions de dollars

Des visiteurs se tiennent près d'une maquette d'un drone kamikaze QX-1 à munitions flottantes par par EDGE à l'exposition UMEX qui présente des drones, de la robotique et des systèmes sans pilote au Centre national des expositions d'Abu Dhabi, dans l'émirat du Golfe, le 22 février 2022. (Crédit : AFP)
Des visiteurs se tiennent près d'une maquette d'un drone kamikaze QX-1 à munitions flottantes par par EDGE à l'exposition UMEX qui présente des drones, de la robotique et des systèmes sans pilote au Centre national des expositions d'Abu Dhabi, dans l'émirat du Golfe, le 22 février 2022. (Crédit : AFP)

Drones, robots, mitrailleuses télécommandées : les Emirats arabes unis, cibles d’attaques de drones par les rebelles yéménites, investissent davantage dans les systèmes de défense téléguidés pour contrer ces armes « intelligentes ».

De grands drones noirs portant le logo orange du consortium émirati d’armement EDGE ont été présentés lors de l’exposition de lundi à mercredi sur les systèmes de défense téléguidés (UMEX) à Abou Dhabi, au côté d’autres armes « intelligentes ».

L’exposition a lieu dans le sillage d’attaques revendiquées par les rebelles yéménites Houthis : le 17 janvier, une attaque de drones et de missiles contre des installations pétrolières à Abou Dhabi a fait trois morts. Elle a été suivie de deux autres qui ont été déjouées.

Les Emirats font partie d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, qui soutient depuis 2015 le pouvoir au Yémen en guerre contre les Houthis.

« Les systèmes autonomes sont de plus en plus répandus », a affirmé à l’AFP Miles Chambers, directeur du développement commercial international d’EDGE. « Nous investissons massivement pour développer les systèmes de défense autonome (…) dans la guerre électronique et dans les munitions intelligentes. Ce sont nos trois piliers ».

Des visiteurs près du drone QX-5 du système d’hélicoptère sans pilote (UHS) à l’exposition UMEX qui présente des drones, de la robotique et des systèmes sans pilote au Centre national des expositions d’Abu Dhabi, dans l’émirat du Golfe, le 22 février 2022. (Crédit : AFP)

A 360 degrés

Basé à Abou Dhabi, EDGE regroupe 25 entreprises émiraties. En 2020, les ventes d’armes du consortium formé il y a trois ans ont atteint 4,8 milliards de dollars, presque toutes au gouvernement des Emirats.

Le groupe a été classé la même année 23e parmi les 100 meilleurs producteurs d’armes et services militaires dans le monde, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

Ses contrats les plus lucratifs incluent la maintenance d’avions militaires, d’une valeur de près de 4 milliards de dollars, ainsi que la fourniture de munitions téléguidées pour 880 millions de dollars.

Mardi, EDGE a dévoilé un fusil d’assaut télécommandé monté sur véhicule qui peut pivoter à 360 degrés et disposant d’une imagerie thermique et d’un télémètre laser précis à 50 centimètres près pour les cibles à plus de deux kilomètres.

Un visiteur regarde un terminal télécommandé de EDGE à l’exposition UMEX qui présente des drones, de la robotique et des systèmes sans pilote au Centre national des expositions d’Abu Dhabi, dans l’émirat du Golfe, le 22 février 2022. (Crédit : AFP)

L’utilisation de drones et autres armes téléguidées est de plus en plus courante.

En 2021, les Etats-Unis et Israël ont accusé l’Iran d’une attaque contre un navire au large d’Oman. Deux membres d’équipage ont été tués.

La même année, l’Iran a accusé Israël d’avoir assassiné l’un de ses scientifiques nucléaires en recourant à une mitrailleuse télécommandée montée sur une camionnette.

Et en novembre 2021, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a survécu à une attaque de drone chargé d’explosifs contre sa maison à Bagdad.

Un visiteur regarde les systèmes aériens sans pilote (UAS) Hunter 2-S, des « drones en essaim » de EDGE à l’exposition UMEX qui présente des drones, de la robotique et des systèmes sans pilote au Centre national des expositions d’Abu Dhabi, dans l’émirat du Golfe, le 22 février 2022. (Crédit : AFP)

« Compétitif »

Mais les drones sont surtout utilisés par les Houthis. D’après des chiffres de la coalition militaire publiés en décembre, ils ont lancé plus de 850 drones et tiré 400 missiles balistiques contre l’Arabie saoudite voisine depuis 2015 tuant 59 civils.

La coalition a elle mené 401 raids aériens au Yémen au cours du seul mois de janvier, selon le Yemen Data Project, un observateur indépendant qui a également fait état d’environ 9.000 civils yéménites tués dans les frappes depuis 2015.

Selon Ahmed Al Mazrouei, propriétaire d’une société émiratie développant principalement des véhicules à quatre roues motrices et de transport de troupes, « les défis sont importants car ils nous poussent à nous développer ».

« L’objectif est d’avoir plus de systèmes et plus de technologie » dans les dix prochaines années et d’être « compétitif à l’échelle mondiale. »

En 2021, EDGE a signé plusieurs accords avec des partenaires étrangers, dont les américains Lockheed Martin et Raytheon, et le brésilien Embraer, selon Khalid Al-Breiki, directeur d’un des cinq clusters du groupe.

Lundi, le ministère émirati de la Défense a signé trois accords avec des entreprises nationales et internationales d’une valeur totale de plus 178,2 millions de dollars, dont une vente de systèmes de drones à l’International Golden Group basé aux Emirats.

La normalisation des relations entre les Emirats et Israël en 2020 a également ouvert de nouvelles opportunités. Elle a permis à l’Etat hébreu de participer pour la première fois à l’UMEX.

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