Les familles des soldats morts demandent des réponses après le rapport de Gaza
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‘Ce gouvernement a joué avec le sang de nos soldats !’

Les familles des soldats morts demandent des réponses après le rapport de Gaza

Les proches endeuillés disent aux députés d’adopter les conclusions de l’enquête, puisque “c’est vous qui avez envoyé nos fils à la guerre”

Le frère du soldat israélien décédé Oron Shaul organise une manifestation devant la résidence du premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 juin 2016. Les panneaux disent "Rendez Oron". (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le frère du soldat israélien décédé Oron Shaul organise une manifestation devant la résidence du premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 juin 2016. Les panneaux disent "Rendez Oron". (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les familles des soldats qui ont été tués pendant la guerre de 2014 dans la bande de Gaza ont réagi avec colère aux conclusions du rapport du contrôleur de l’Etat sur le conflit, qui a été publié mardi. Elles ont appelé le gouvernement à prendre ses responsabilités pour la mort de leurs fils.

Le rapport a montré des échecs importants du renseignement militaire avant la guerre, ainsi qu’une absence de plans opérationnels précisément définis pour détruire le réseau de tunnels du Hamas. Ces échecs ont pu mener, peut-on lire, à des morts inutiles de soldats israéliens pendant le conflit de 50 jours.

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu porte la plus grosse part des critiques du contrôleur de l’Etat, Yossef Shapira, en raison de son échec à informer suffisamment les membres du cabinet de sécurité de la menace souterraine.

Dans une lettre lue par le président de la Knesset, Yuli Edelstein, les proches des soldats appellent les députés à « adopter pleinement les conclusions du rapport » afin de garantir que la prochaine « menace ne se transforme pas en autre guerre. »

Yosef Shapira (à droite) remet le dernier rapport du contrôleur d'Etat au président de la Knesset, Yuli Edelstein, le 24 mai 2016. Illustration. (Crédit : Isaac Harari/Flash90)
Yosef Shapira (à droite) remet le dernier rapport du contrôleur d’Etat au président de la Knesset, Yuli Edelstein, le 24 mai 2016. Illustration. (Crédit : Isaac Harari/Flash90)

Puisque « c’est vous qui avez envoyé nos fils à la guerre, la responsabilité morale d’appliquer les leçons apprises vous revient », ont-ils écrit.

La lettre soulignait la description faite dans le rapport des « immenses échecs dans la conduite du cabinet de sécurité, du Conseil de sécurité nationale et du Shin Bet » pour préparer la menace des tunnels. Les familles ont accusé ces institutions de « ne pas prendre leurs responsabilités » pour les lacunes de la préparation en amont du conflit.

Les familles ont également écrit que « nous méritons des réponses » et « nous méritons des dirigeants qui prennent leurs responsabilités ».

En plus de la lettre, plusieurs familles ont publié d’autres documents dans lesquels elles expriment leur colère après la publication des conclusions du contrôleur de l’Etat.

Les parents de Hadar Goldin et d'Oron Shaul s'adressent aux médias, à Jérusalem, le 28 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Les parents de Hadar Goldin et d’Oron Shaul s’adressent aux médias, à Jérusalem, le 28 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La famille d’Oron Shaul, qui a été tué au combat pendant la guerre et dont le corps est toujours entre les mains du Hamas à Gaza, a déclaré que le rapport « confirme nos pleurs qui ont parfois semblé absurdes et peu réalistes », a annoncé le site d’information Walla.

« Le Premier ministre d’Israël et l’ancien ministre de la Défense ont abandonné [les soldats], cachés et dissimulés. C’est ainsi que la guerre à Gaza, qui a duré plus de 50 jours, a été gérée et c’est ainsi que cela a été pour la déclaration, si inconsidérée et si contraire à la loi juive, qu’Oron avait été tué au combat. »

« Une fois encore, nous le demandons au Premier ministre : n’abandonnez pas le sergent Oron Shaul, un combattant [de la brigade] Golani, qui est entre les mains du Hamas », a déclaré la famille.

Ilan Sagi, le père du soldat décédé pendant Bordure protectrice Erez Sagi, le 28 février 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Ilan Sagi, le père du soldat décédé pendant Bordure protectrice Erez Sagi, le 28 février 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Ilan Sagi, le père d’Erez Sagi, tué au combat pendant une attaque transfrontalière lancée par l’un des tunnels du Hamas, a déclaré à la Deuxième chaîne pendant un émouvant entretien que la conduite du gouvernement était « honteuse ».

« Je n’ai pas besoin de lire le rapport, j’ai payé le prix le plus lourd du sujet de ce rapport. C’est honteux, honteux. Le sang de mon fils pleure sous terre et les politiciens font la fête, a déclaré Sagi. Ils se comportent de manière insultante. Chacun d’entre eux tentent de fuir ses responsabilités. Mon fils est mort pour notre pays, pour notre peuple, et ceux qui ont échoué devrait en payer le prix. »

« Peuple d’Israël réveille toi, ouvre les yeux, et ne dis pas ‘cela ne m’arrivera pas à moi’, a ajouté Sagi. Nous ne pouvons pas accepter ça en silence. Il doit y avoir une commission d’enquête et ceux qui seront jugés coupables devront être punis. C’est du sang qui a été versé, pas de l’eau. Peuple d’Israël, levez-vous, criez ! Ce gouvernement a joué avec le sang de nos soldats ! »

Le sergent Erez Sagi, 19 ans, décédé pendant Bordure protectrice. (Crédit : armée israélienne)
Le sergent Erez Sagi, 19 ans, décédé pendant Bordure protectrice. (Crédit : armée israélienne)

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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