Livni lance sa campagne en accusant la coalition de détruire la démocratie
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Livni lance sa campagne en accusant la coalition de détruire la démocratie

Après son humiliante rupture avec le parti travailliste, la cheffe de Hatnua se dit ouverte à d'autres fusions politiques

La cheffe du parti Hatnua Tzipi Livni, en campagne électorale le 29 janvier 2019. (Crédit: Flash90)
La cheffe du parti Hatnua Tzipi Livni, en campagne électorale le 29 janvier 2019. (Crédit: Flash90)

Moins d’un mois après avoir été brutalement écartée de l’Union sioniste, l’alliance de l’opposition, en direct à la télévision par le chef du parti travailliste Avi Gabbay, Tzipi Livni a lancé mardi la campagne électorale de son parti Hatnua.

Livni s’en est prise au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à ses alliés de droite, l’accusant de souiller le caractère sioniste d’Israël.

« Israël est assez fort pour gérer les menaces existentielles matérielles, avec le Hamas, le Hezbollah et l’Iran. Mais aux côtés de cette menace, une autre menace place sur l’identité d’Israël », a déclaré Livni à ses partisans durant un discours à Tel Aviv. « Notre lutte a été d’établir un État qui soit à la fois juif et démocratique, et quiconque porte atteinte à l’un de ces deux aspects n’est pas sioniste. »

« Netanyahu et ses alliés ont fait d’Israël un pays qui n’est ni juif ni démocratique », a accusé Livni en lançant une vidéo dans laquelle le Premier ministre et le ministre de l’Education Naftali Bennett tiennent des propos contre les autorités policières.

Elle a accusé la ministre de la Justice Ayelet Shaked de tenter, idéologiquement, « de détruire les tribunaux et les bureaux du procureur général » en promouvant des juges conservateurs et en tentant d’altérer la définition du poste de procureur général.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) en compagnie du ministre de l’Éducation Naftali Bennett lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 30 août 2016. (Crédit : Emil Salman/POOL)

En référence aux trois affaires de corruption dans lesquelles la police a recommandé que Netanyahu soit mis en examen, Livni a déclaré qu’il « incitait contre les journalistes, la police, les procureurs et le procureur général », et c’est pourquoi « il ne peut pas rester Premier ministre un jour de plus ».

Pour préserver le caractère juif et démocratique d’Israël, Livni estime que le pays doit se désengager des Palestiniens.

Les sondages montrent que Livni pourrait peiner à intégrer la Knesset, si elle s’allie à un autre parti ou à un autre politicien.

Concernant une éventuelle fusion avec d’autres partis en amont des élections du 9 avril, Livni a déclaré que « nul n’ignore que j’ai parlé de relations. Je crois en un bloc [de centre-gauche] et j’attends le moment où l’espoir reviendra sous la forme d’un bloc entier, qui est pour l’heure confus ».

Ksenia Svetlova de l’Union sioniste (Miriam Alster / Flash90)

Ksenia Svetlova a signifié à Livni avant le lancement de campagne qu’elle ne fera pas partie d’une alliance anti-Netanyahu et qu’elle quittait Hatnua et la politique, apparemment après avoir compris qu’elle n’obtiendrait pas une bonne place sur la liste du parti.

« Quand j’ai intégré la Knesset, je me suis engagée à aider les immigrants et les défavorisés », a tweeté l’ancienne journaliste, elle-même immigrée de l’ex-URSS. « Cela n’arrivera pas dans le cadre politique actuel. »

Au début du mois, le parti Hatnua a déclaré qu’il était en pourparlers avec Yair Lapid, le chef du parti Yesh Atid, pour la formation d’un bloc de centre-gauche destiné à contrer Netanyahu et son parti du Likud dans les élections à venir.

Les deux personnalités politiques se sont rencontrées pour évoquer une fusion politique à un certain nombre d’occasions depuis que le président du parti travailliste Avi Gabbay s’est séparé de Livni en dissolvant l’Union sioniste au cours d’une émission de télévision en direct, le 1er janvier, avait fait savoir dimanche le quotidien Haaretz.

Le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay (à gauche), annonce la rupture brutale de l’Union sioniste avec son ancienne partenaire, Tzipi Livni, chef de l’opposition, pendant une réunion du parti à la Knesset, le 1er janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Selon Haaretz, Livni a convenu de laisser la place de numéro un sur une liste conjointe Hatnua-Yesh Atid à Lapid.

Ce dernier chercherait à se rapprocher de Livni après avoir échoué à attirer les électeurs du centre-droit, ces trois dernières années. Le chef de Yesh Atid espère que si une liste Lapid-Livni est suffisamment populaire auprès des électeurs, il sera alors en mesure de courtiser l’ancien chef d’Etat-major Benny Gantz.

Les sondages ont montré que le parti de Gantz, Hossen LeYisrael, serait en deuxième position, loin derrière le Likud. Les sondages indiquent également qu’il pourrait mieux rivaliser avec Netanyahu s’il s’alliait avec un autre parti centriste.

Le parti travailliste, le centre-gauche historique d’Israël, aurait perdu des suffrages depuis l’éviction de Livni.

Gantz et Lapid devraient tous deux s’opposer à toute alliance avec Gabbay et le centre-gauche travailliste, parce qu’ils tentent d’obtenir les votes de la gauche et de la droite ; il a maintenu qu’il voudra garder la place de numéro un quelle que soit l’alliance.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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