L’ONU va assurer le transfert de patients de Gaza vers Israël et la Cisjordanie
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L’ONU va assurer le transfert de patients de Gaza vers Israël et la Cisjordanie

Annoncé en juillet, le mécanisme aurait été bloqué pendant trois mois car l'Autorité palestinienne avait refusé l'accord

Des Palestiniens au point de passage d'Erez avec Israël près de Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza, le 27 août 2018. (AFP/Mahmud Hams)
Des Palestiniens au point de passage d'Erez avec Israël près de Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza, le 27 août 2018. (AFP/Mahmud Hams)

Les Nations unies ont déclaré avoir conclu un accord temporaire qui verra l’Organisation mondiale de la santé (OMS) assurer la coordination entre l’Autorité palestinienne (AP) et Israël pour garantir que les Gazaouis puissent recevoir des permis de sortie afin d’être soignés dans les hôpitaux d’Israël et de Cisjordanie.

« Suite à une vaste campagne de sensibilisation et de négociations avec les parties prenantes, l’OMS a lancé, le dimanche 6 septembre, un mécanisme de coordination temporaire pour aider les patients palestiniens et leurs accompagnateurs dont Israël a besoin pour demander des permis d’accès aux services de santé essentiels en dehors de la bande de Gaza, » a annoncé lundi Gerald Rockenschaub, chef de la mission de l’OMS auprès des Palestiniens.

Le responsable palestinien de la santé, Oussama al-Najjar, a déclaré au Times of Israel que l’accord temporaire avait été finalisé lors d’une visite des ministres de l’AP à Gaza la semaine dernière, dirigée par la ministre de la Santé de l’AP, Mai al-Kaila.

Le mécanisme avait été initialement annoncé le 20 juillet, avec la promesse qu’il serait déclenché d’ici la seconde moitié du mois de juillet. Cependant, il a ensuite été retardé de deux mois et demi sans aucune explication publique.

Selon la chaîne israélienne Kan, Israël avait déjà accepté la proposition, mais l’Autorité palestinienne a tardé à accepter l’accord.

Le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Depuis que le groupe terroriste du Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007, les Gazaouis voient leur liberté de mouvement étroitement réglementée par les pays voisins, Israël et l’Égypte. Ceux qui souhaitent voyager, même pour des raisons humanitaires, sont confrontés à un système de permis byzantin.

Des Palestiniens attendent pour se rendre en Égypte par le poste frontière de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 26 septembre 2018. Photo illustrative (Said Khatib/AFP)

Les résidents palestiniens de Gaza qui doivent se rendre en Israël ou en Cisjordanie pour y recevoir un traitement médical se tournent normalement vers le Bureau de liaison sanitaire de l’AP dans la bande de Gaza, qui assure la coordination avec la commission des affaires civiles de Cisjordanie, laquelle travaille à son tour avec Israël pour coordonner les délivrances d’autorisations.

Cependant, en raison de la crise du coronavirus, l’Égypte et la Jordanie ont toutes deux fermé leurs frontières, certains habitants de Gaza attendant en vain la fin de la crise pour pouvoir se rendre dans les États voisins pour se faire soigner. Et depuis l’annonce du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas fin mai selon laquelle l’Autorité palestinienne était absoute de tous ses accords et ententes avec Israël, Ramallah a en grande partie cessé toute coordination avec Israël concernant les délivrances de permis aux Gazaouis.

Le nombre d’autorisations de sortie humanitaire délivrées aux résidents de Gaza en juillet est tombé à quelque 260, contre 2 910 en février, selon l’OMS.

Selon les groupes de défense des droits humains qui essayent de servir de médiateurs entre Israël et les patients, il y aurait une grande accumulation de malades qui n’ont pas pu avoir accès à un traitement parce qu’ils n’ont pas pu obtenir de permis de sortie.

Physicians for Human Rights-Israel a déclaré avoir traité 263 demandes de patients palestiniens de la bande de Gaza entre mai et août ; 103 d’entre eux étaient atteints de cancer, dont 20 enfants. Le nombre d’autorisations refusées, quant à lui, est passé à 50 %.

« Chaque jour, des centaines de patients ne peuvent pas sortir pour un traitement médical parce qu’ils n’ont pas reçu de permis – ou même de réponse aux demandes soumises – et ne bénéficient ainsi pas des soins essentiels », a indiqué le directeur de PHR-Israël, Ran Goldstein. « Chaque patient devrait être autorisé à quitter Gaza pour se faire soigner sans délai ni obstacle bureaucratique.”

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