Netanyahu est un « danger », disent d’ex-chefs du Mossad et du Shin Bet
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Netanyahu est un « danger », disent d’ex-chefs du Mossad et du Shin Bet

Dans une vidéo, six ex-dirigeants sécuritaires clament que le Premier ministre met le pays en péril, disant qu'il utilise des informations classifiées à son seul profit

L'ancien chef du Shin Bet chief Yuval Diskin prend la parole à Tel Aviv en  2012 (Crédit photo : Tali Mayer / Flash90)
L'ancien chef du Shin Bet chief Yuval Diskin prend la parole à Tel Aviv en 2012 (Crédit photo : Tali Mayer / Flash90)

Dans une vidéo mise en ligne vendredi, six anciens hauts-responsables sécuritaires mettent en garde les Israéliens contre un maintien au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le décrivant comme un danger et clamant qu’il met en péril le pays. Ils l’accusent également d’utiliser des informations classifiées sensibles pour son gain personnel.

Cette vidéo en hébreu est la dernière d’une série de protestations contre Netanyahu lancées par des officiels de la sécurité passés et présents alors que la troisième campagne électorale consécutive du pays touche à sa fin, avant les élections du 2 mars.

Dans la vidéo s’expriment les anciens dirigeants de l’agence d’espionnage du Mossad Tamir Pardo, Efraim Halevy et Shabtai Shavit, ainsi que les ex-chefs du service sécuritaire du Shin Bet Yuval Diskin, Carmi Gillon et Ami Ayalon. Tous dénoncent le péril représenté par Netanyahu.

Les six hommes ont tous travaillé sous l’autorité du Premier ministre, principalement au cours de son tout premier mandat à la tête du gouvernement, de 1996 à 1999.

« Les atouts stratégiques, qui sont la base sur laquelle Israël existe, sont instrumentalisés par Netanyahu au service de son ego et le prix à en payer pourrait nuire à l’existence continue de l’Etat d’Israël », affirme Gilon, qui a dirigé le Shin Bet en 1995 et 1996, dans la séquence.

L’ancien directeur du Mossad, Tamir Pardo, intervient lors de la Meir Dagan Conference for Strategy and Defense au Netanya Academic College, le 21 mars 2018. (Meir Vaaknin/Flash90)

« Un Premier ministre qui n’est pas un exemple personnel pour tous les citoyens d’Israël est un danger clair et net pour la sécurité de l’Etat d’Israël », clame pour sa part Pardo, qui a été le numéro un du Mossad de 2011 à 2016.

Diskin, qui a été à la tête du Shin Bet de 2005 à 2010, affirme que les mises en examen de Netanyahu révèlent qu’il « a perdu le droit moral et éthique de diriger Israël face aux défis que le pays est amené à affronter ».

Seuls Ayalon et Halevy donnent des exemples des actions du Premier ministre qui ont pu mettre en péril Israël, même si aucune n’a eu lieu alors qu’ils étaient à leurs postes de chefs sécuritaire : Ayalon, qui a dirigé le Shin Bet de 1996 à l’an 2000, cite le scandale des sous-marins – un dossier massif de pots-de-vin qui rejaillit sur un grand nombre de conseillers du Premier ministre. Halevy, directeur du Mossad de 1998 à 2002, met pour sa part en doute la décision prise par Netanyahu d’organiser une cérémonie ouverte à la presse à la structure nucléaire de Dimona, en 2018.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu durant la cérémonie pour renommer le réacteur nucléaire de Dimona d’après l’ancien président Shimon Peres, le 29 août 2018. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les relations entretenues par Netanyahu et ses anciens hauts-responsables sécuritaires sont épineuses. Un grand nombre d’entre eux, comme Diskin, sont devenus des critiques du Premier ministre rapidement après avoir quitté leurs fonctions.

Le principal rival de Netanyahu, Benny Gantz, est un ancien chef de l’armée israélienne. Deux sur trois de ses plus proches adjoints sont également d’anciens responsables militaires.

Le leader du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, durant une conférence de presse dans la ville de Sdérot, dans le sud d’Israël, à la frontière avec Gaza, le 24 février 2020 (Crédit : Jack GUEZ / AFP)

Un certain nombre de plaintes signées par des centaines d’officiers de l’armée, des pilotes et autres, ont été envoyées au président Reuven Rivlin, ces derniers jours, lui demandant de ne pas confier à Netanyahu la tâche de mettre en place un gouvernement à l’issue du scrutin du 2 mars au vu de ses mises en examen pour corruption.

Cette vidéo survient alors que le Likud et Kakhol lavan ont renforcé leurs campagnes de dénigrement respectives, Netanyahu taxant Gantz de faiblesse et Gantz clamant que Netanyahu est un menteur corrompu.

Netanyahu doit prendre place sur le banc des accusés pour fraude et abus de confiance dans trois dossiers et pour pots-de-vin dans une affaire le 17 mars, date du lancement de son procès.

Il est difficile de dire pour le moment qui a financé ou produit la vidéo, qui a été publiée par l’activiste progressiste Or-ly Barlev.

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