Nissenkorn : l’absence de ministre de la Justice aurait des effets « tragiques »
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Nissenkorn : l’absence de ministre de la Justice aurait des effets « tragiques »

« Un pays sans ministre de la Justice, c’est dans la continuité de la mission de Netanyahu de démanteler l’État et ses institutions », a réagi de son côté Gideon Saar

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'ancien ministre de la Justice Avi Nissenkorn en conversation avec la Douzième chaîne de télévision, le 8 janvier 2021. (Capture d'écran de la Douzième chaîne)
L'ancien ministre de la Justice Avi Nissenkorn en conversation avec la Douzième chaîne de télévision, le 8 janvier 2021. (Capture d'écran de la Douzième chaîne)

Le ministère de la Justice devrait se retrouver sans ministre à partir de jeudi à minuit, – le Premier ministre Benjamin Netanyahu bloquant une nomination à ce poste, quelques jours à peine avant l’ouverture d’une phase important de son procès pour corruption.

Benny Gantz, chef du parti Kakhol Lavan et ministre de la Défense, occupe le poste de ministre de la Justice par intérim depuis trois mois, mais son mandat expire jeudi, bien que lui ni personne d’autre n’ait été nommé pour le remplacer comme ministre permanent.

Dans le cadre de l’accord de coalition entre Netanyahu et Gantz – qui doit rester en vigueur jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement issu des élections ne prête serment – le ministère de la Justice appartient au bloc gouvernemental de Gantz. Il peut choisir qui il souhaite pour occuper ce portefeuille, et Netanyahu n’a pas son mot à dire sur le sujet. Cependant, Netanyahu a le pouvoir de bloquer le vote du cabinet pour approuver la nomination, ce qu’il semble avoir fait depuis maintenant plusieurs mois.

L’ancien ministre de la Justice Avi Nissenkorn, qui a démissionné de son poste en décembre après s’être séparé de Kakhol Lavan pour rejoindre le parti HaIsraelim disparu entretemps, a déclaré jeudi que l’absence d’un ministre permanent aurait des conséquences « tragiques ».

« L’absence d’un ministre de la Justice est un signal d’alarme pour la démocratie israélienne, un comble », a-t-il déclaré à la radio de l’Armée.

« Un pays sans ministre de la Justice, c’est dans la continuité de la mission de Netanyahu de démanteler l’État et ses institutions », a écrit jeudi le chef du parti Tikva Hadasha Gideon Saar. « Netanyahu n’est pas de droite ; il privilégie son propre bénéfice aux dépends de l’État. » « S’il ose faire ceci en ces temps troublés, nous ne pouvons pas même imaginer ce qu’il fera si, Dieu nous en préserve, il parvient à former un nouveau gouvernement. »

S’exprimant mercredi soir, Gantz a fustigé Netanyahu pour avoir bloqué la nomination et a annoncé qu’il avait écrit au procureur général pour lui demander s’il ne devrait pas être obligé de démissionner de ses fonctions de Premier ministre pour cette décision.

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