Noble Energy « enfreint la loi » en ne publiant pas ses données d’émission
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Noble Energy « enfreint la loi » en ne publiant pas ses données d’émission

Le ministère de la Protection environnementale ouvre une procédure d'exécution contre l'exploitant de la plateforme Leviathan concernant les émissions polluantes de ses torches

La plate-forme du champ de gaz naturel Leviathan en mer Méditerranée photographiée depuis la plage de Dor, au nord d'Israël, le 31 décembre 2019. (Jack Guez/AFP)
La plate-forme du champ de gaz naturel Leviathan en mer Méditerranée photographiée depuis la plage de Dor, au nord d'Israël, le 31 décembre 2019. (Jack Guez/AFP)

Le ministère de la Protection environnementale a annoncé mardi l’ouverture d’une procédure d’exécution contre l’exploitant de la plateforme de gaz naturel Leviathan, située aux abords de la côte du nord d’Israël, pour violation des dispositions de ses autorisations d’émission.

Un communiqué du ministère accuse Noble Energy, qui exploite la plateforme et dont le siège se trouve au Texas, de ne pas avoir raccordé son système de contrôle permanent des émissions polluantes s’échappant de ses torches de brûlage à une base de données nationale qui permet au ministère de suivre l’émission des polluants en temps réel dans l’atmosphère. Ces données comprennent des séquences vidéo ininterrompues.

Les torches de brûlage sont de longs tuyaux utilisés pour libérer les gaz inflammables lorsque le système rencontre des problèmes ou une panne. La plateforme Leviathan en compte deux – une plus courte pour les émissions à basse pression et une autre, plus longue, pour les émissions à pression élevée.

C’est l’utilisation de cette dernière qui se trouve au cœur de plaintes répétées ces derniers mois, qui ont été déposées par les résidents locaux et l’Association des villes de Sharon-Carmel pour la protection de l’environnement.

Yoni Sappir, à la tête du groupe Gardiens du foyer (Home Guardians), une organisation à but non lucratif qui fait campagne contre la plateforme Leviathan, explique que les torches d’urgence éclairent le ciel « comme des boules de feu » plus longues que la torche elle-même.

Le ministère a indiqué considérer « avec gravité » les violations commises par Noble Energy, soulignant que « l’incapacité à respecter les instructions vient contrevenir aux dispositions de l’autorisation d’émission et nuit à la capacité du ministère de surveiller et de contrôler efficacement les émissions polluantes dans l’air via les torches, dans le but d’obtenir l’image la plus précise possible de la situation en temps réel et des effets des activités de la plateforme sur l’environnement ».

Vue de la plate-forme d’extraction du champ gazier israélien Leviathan près de la ville de Césarée, le 31 janvier 2019. (Marc Israel Sellem/POOL)

Le ministère a souligné que les stations de contrôle côtières n’avaient signalé aucune pollution irrégulière pendant les événements de brûlage – une affirmation qui a été confirmée par l’Association des villes de Sharon-Carmel.

Les responsables se sont refusés à donner le détail des démarches qu’ils ont l’intention d’entreprendre de manière « à ne pas nuire à la procédure d’exécution », mais le ministère a juré que les résultats en seraient publiés, une fois les décisions prises.

Yoni Sappir, chef de l’ONG des Gardiens du foyer (Crédit : Facebook)

Les Gardiens du foyer ont salué l’initiative prise par le ministère, ajoutant ignorer si l’intention de ce dernier était de condamner à une amende ou de sanctionner les hauts responsables de Noble Energy pour leurs activités délictueuses. Ils ont noté ignorer également si la plateforme devrait interrompre ses activités de la plateforme jusqu’à sa mise en conformité avec les instructions données.

« Le public, qui a tiré les leçons de ses expériences amères avec les compagnies gazières, réclame une pleine transparence », a déclaré Sappir. « Nous espérons voir mises en oeuvre des initiatives courageuses, déterminées et transparentes au bénéfice de tous les Israéliens ».

Pour sa part, Noble Energy a fait savoir dans un communiqué que « depuis le début du développement de Leviathan et à partir du jour où le gaz naturel a commencé à affluer, il n’y a pas eu un seul incident ayant entraîné des nuisances pour l’environnement ».

Capture d’écran d’une vidéo montrant du gaz naturel brûlé sur la plateforme Leviathan, au large de la côte, le 23 mai 2020 (Capture d’écran : Walla)

« Noble Energy s’engage à se conformer à toutes les lois et régulations en vigueur dans l’État d’Israël, et l’entreprise répond à toutes les exigences mentionnées dans les permis délivrés par le ministère de la Protection environnementale. Nous réexaminons le courrier reçu par le ministère et nous réfléchissons à la voie que nous allons emprunter au moment approprié ».

La firme a poursuivi en disant que toutes les « opérations sûres et ininterrompues » allaient continuer.

La production commerciale de la plateforme Leviathan, qui se situe à 9,7 kilomètres de Dor Beach, une plage populaire située au nord de Césarée, a démarré au mois de janvier.

Noble Energy et son partenaire Delek Drilling, propriété du magnat Yitzhak Tshuva, ont également établi la plateforme de gaz naturel Tamar, où la production a débuté en 2013.

Les données pour 2016, qui ont été publiées par le ministère de la Protection environnementale en novembre 2017, ont montré que les émissions de Tamar « connues pour être cancérigènes ou suspectées de l’être » égalisaient le total de ces mêmes émissions émanant de 570 importants sites industriels de tout le pays, en comptant notamment les raffineries de pétrole de Haïfa.

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