Nouvelles accusations de harcèlement sexuel contre le député Eitan Broshi
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Nouvelles accusations de harcèlement sexuel contre le député Eitan Broshi

Shelly Yachimovich a publié sur Facebook un témoignage d'une femme qui a servi dans l'armée sous les ordres du député de l'Union sioniste, qui nie les faits

Eitan Broshi, député du Parti travailliste de la faction de l'Union sioniste, lors d'une réunion de la Commission des finances à la Knesset, 30 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Eitan Broshi, député du Parti travailliste de la faction de l'Union sioniste, lors d'une réunion de la Commission des finances à la Knesset, 30 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Une députée du parti travailliste a publié dimanche un témoignage dans lequel elle accuse un confrère d’avoir harcelé et agressé sexuellement une subordonnée alors qu’il était commandant d’un bataillon au sen de l’armée israélienne.

Dans une publication sur sa page Facebook, la députée Shelly Yachimovich, qui a affirmé avoir reçu des signalements sur des actes de harcèlement de la part du député Eitan Broshi, qu’elle aurait entendu de la part d’une ancienne soldate qui était sergente dans l’unité de Broshi.

La femme a affirmé que Broshi s’est introduit dans sa chambre et avait tenté d’abuser d’elle, a écrit Yachimovich.

L’avocat de Broshi a rejeté ces accusations et menacé de lancer des poursuites pour diffamation contre Yachimovich.

Shelly Yachimovich, députée de l’Union sioniste et ancienne dirigeante du Parti travailliste. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des membres du parti de Broshi l’ont appelé à démissionné, à la lumière d’autres accusations de harcèlement, pour des faits remontant à une quinzaine d’année, dans un ascenseur.

Il a également touché de manière inappropriée une députée de son parti récemment, et s’est excusé.

Selon Yachimovich, la femme, dont l’identité n’a pas été révélée, lui a confié que Broshi la harcelait systématiquement avec des propos « grossiers et vulgaires », lubriques, et lui faisait régulièrement part des ses intentions sexuelles, « lui rendant la vie impossible ».

Yachimovich a écrit que Broshi s’arrangeait pour se retrouver seul avec la soldate, qui avait peur de déposer une plainte officielle.

Une nuit, alors que la soldate dormait dans une chambre mitoyenne à celle de Broshi, « elle s’est réveillée aux aurores avec sa langue dans sa bouche, alors qu’il tentait d’abuser d’elle », a écrit. « Elle l’a repoussée, il a eu peur qu’on les entende et s’est retiré. »

Yachimovich a affirmé qu’elle avait vérifié tous les détails de l’histoire de cette soldate et s’était entretenue avec d’autres personnes au courant des faits.

« J’ai parlé avec quelqu’un qui a fait son service [militaire] avec elle, avec ceux qui ont entendu parler de cet incident au fil des ans », a écrit Yachimovich.

Au moment des faits, la soldate avait parlé au responsable chargé des militaires de sa souffrance, mais n’avait pas déposé de plainte officielle, a écrit Yachimovich.

L’ancienne soldate a écrit à Yachimovich que « les récents évènements ont ravivé le dégoût que j’avais alors ressenti. La différence, c’est qu’aujourd’hui, la peur n’existe pas. Il n’y a rien qui empêche d’humilier quelqu’un qui a osé se comporter comme ça. »

Broshi, 68 ans, a servi dans l’unité d’infanterie Golani et a combattu durant la guerre de Kippour en 1973. Les propos de Yachimovich n’indiquent pas quand les faits se sont déroulés.

Yachimovich a indiqué qu’elle avait reçu d’autres plaintes sur Broshi, de la part de personnes qui ont été témoins d’actes de harcèlement ou qui en ont entendu parler, qui en ont été les victimes, ou encore de la part de témoignages anonymes. Elle dit avoir eu le sentiment de ne pas pouvoir rester de marbre face à ces informations.

Trois femmes l’ont contactée par mail, et lui ont confié leurs histoires. L’une d’entre elles est l’ancienne soldate.

Le réprésentant légal de Broshi, l’avocat Ilan Bombach, a rejeté le témoignage de la soldate, a déclaré qu’il portait plainte pour diffamation contre Yachimovich.

« J’appelle la députée Yachimovich à lever son immunité [parlementaire] et à calomnier mon client, dans un endroit où les faits sont clairs – dans un tribunal et pas sur Facebook », a déclaré Bombach dans un communiqué relayé par Hadashot.

« Nous avons l’intention de porter plainte pour diffamation. Ces faits ne se sont jamais produits. »

Le dirigeant de l’Union sioniste Avi Gabbay anime une réunion de faction à la Knesset le 16 juillet 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Broshi a déjà porté plainte pour diffamation contre le chef du parti Avi Gabbay et réclame 300 000 shekels. Gabbay l’a traité de « délinquant sexuel » et a refusé de retirer son insulte malgré un ultimatum et une demande d’excuses.

Après que l’agression présumée survenue dans un ascenseur a été rendue publique dimanche par la Dixième chaîne, Gabbay, qui est également à la tête de l’Union sioniste, avait temporairement suspendu Broshi et écrit dans un tweet qu’il n’y a « pas de place pour les délinquants sexuels, que ce soit dans la rue ou à la Knesset ».

Le parti travailliste, aux côtés de la formation Hatnua, forment l’Union sioniste, principale faction d’opposition.

Il y a deux semaines, la députée travailliste Ayelet Nahmias-Verbin avait accusé Broshi de l’avoir touchée de manière inappropriée sur les fesses durant une sortie des membres de la formation. Elle avait accepté ses excuses consécutivement à l’incident.

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