Pegasus : Gantz assure à la France prendre l’affaire « au sérieux »
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Pegasus : Gantz assure à la France prendre l’affaire « au sérieux »

À Paris, le ministre de la Défense a déclaré à Florence Parly que les allégations d'espionnage étaient prises au sérieux ; les ministres ont discuté de l'Iran et des armes au Liban

Le ministre de la Défense Benny Gantz et son homologue française Florence Parly à Paris le 28 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz et son homologue française Florence Parly à Paris le 28 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a assuré mercredi à son homologue française Florence Parly que son pays prenait « au sérieux » les allégations d’espionnage concernant le logiciel israélien Pegasus, soupçonné d’avoir aussi été utilisé contre le président Emmanuel Macron.

Benny Gantz a « abordé le sujet NSO (société de cybersécurité israélienne conceptrice de Pegasus) et déclaré qu’Israël prenait les allégations au sérieux », a relevé le ministère israélien de la Défense dans un communiqué.

« Il a souligné que l’Etat d’Israël ne donnait des autorisations d’exportation de produits cyber qu’à des Etats et seulement pour lutter contre le terrorisme et le crime », a ajouté le ministère.

Benny Gantz a informé Mme Parly que des « représentants officiels s’étaient rendus mercredi dans les bureaux de NSO », a indiqué le ministère israélien de la Défense, sans plus de précisions.

Le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur les allégations d’utilisation de Pegasus à « mauvais escient » par certains Etats pour espionner des personnalités.

Le ministère de la Défense a déclaré précédemment que s’il constate que NSO Group a violé les termes de ses licences d’exportation, il « prendra les mesures appropriées ».

NSO a largement nié les allégations formulées dans l’enquête approfondie publiée la semaine dernière par un certain nombre de médias, et a déclaré que les accusations faisaient partie d’un effort « pour salir l’ensemble de la cyber-industrie israélienne. »

Le ministre de la Défense Benny Gantz à Paris le 28 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Florence Parly « lui a indiqué les clarifications qui sont aujourd’hui attendues par la France, et dont dépendent la confiance et le respect mutuel entre nos deux pays », a précisé le ministère français des Armées.

La ministre avait déjà indiqué mardi vouloir saisir l’occasion de cet entretien bilatéral, prévu de longue date, pour savoir « quelle connaissance le gouvernement israélien avait des activités des clients de NSO » et comment il comptait « prévenir un détournement de ces outils hautement intrusifs ».

Il s’agissait de la première rencontre entre le ministre de la Défense israélien et son homologue français depuis 2013, a précisé le ministère des Armées.

Le logiciel espion Pegasus, développé par NSO Group, peut activer l’appareil photo ou le microphone d’un téléphone et en récolter les données. Il est au centre d’une polémique après qu’une liste d’environ 50 000 cibles potentielles de surveillance dans le monde a été divulguée à des groupes de défense des droits de l’homme.

« Vérifications »

Dans une enquête retentissante publiée la semaine dernière, NSO a été accusée de vendre le logiciel espion aux gouvernements de l’Azerbaïdjan, du Bahreïn, du Kazakhstan, du Mexique, du Maroc, du Rwanda, de l’Arabie saoudite, de la Hongrie, de l’Inde et des Émirats arabes unis, qui l’ont utilisé pour pirater les téléphones de dissidents et de militants des droits de l’homme.

Selon le rapport, le Maroc a utilisé le logiciel espion pour suivre plusieurs journalistes français, et les procureurs de Paris ont ouvert une enquête sur ces allégations.

Selon les médias français Le Monde et Radio France, des numéros d’Emmanuel Macron ainsi que ceux de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement, dont le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian, figuraient « dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain, utilisateur de Pegasus, pour un potentiel piratage »

L’enquête n’a pas permis de déterminer s’il le téléphone du président français avait effectivement été piraté. M. Macron aurait directement appelé le Premier ministre Naftali Bennett la semaine dernière pour demander qu’Israël enquête sur ces allégations.

Le président français Emmanuel Macron parle sur son téléphone portable pendant une table ronde lors d’un sommet de l’UE à Bruxelles, le 20 juillet 2020. (Crédit : John Thys, Pool Photo via AP)

Macron a également changé de téléphone et de numéro à la suite des révélations de Pegasus.

Pegasus, qui permet d’infiltrer des systèmes informatiques, est au cœur d’un scandale mondial d’espionnage révélé à la mi-juillet par 17 médias.

Il aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 85 militants des droits humains ou encore de 14 chefs d’Etat dont le président français Emmanuel Macron – ce que NSO réfute.

Le ministre israélien a également fait le point avec son homologue sur le nucléaire iranien et sur la « menace » régionale que représente l’Iran aux yeux d’Israël. Il s’est également entretenu avec le patron du renseignement extérieur français (DGSE), Bernard Emié et des responsables de communautés juives.

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