Une équipe gouvernementale pour faire face aux retombées des révélations sur NSO
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Une équipe gouvernementale pour faire face aux retombées des révélations sur NSO

Des responsables israéliens se penchent sur les conséquences diplomatiques que pourraient avoir les allégations au sujet du logiciel Pegasus, vendu par la firme israélienne

Le Premier ministre Naftali Bennett préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 27 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo, Pool)
Le Premier ministre Naftali Bennett préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 27 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo, Pool)

Le gouvernement a nommé une équipe spéciale pour gérer les conséquences des révélations selon lesquelles la société israélienne NSO avait vendu un logiciel espion à des gouvernements étrangers pour cibler des politiciens, des journalistes, des militants et autres dans le monde, selon une information publiée mardi.

Citant deux hauts responsables israéliens anonymes, le site d’information Walla a rapporté que l’équipe inter-agences examinerait les allégations contre NSO publiées dans de nombreux médias internationaux et quelles pourraient être les conséquences potentielles dans les domaines de la sécurité, de la diplomatie et de la justice. L’équipe, qui se serait réunie pour la première fois dimanche, comprendrait des représentants du ministère de la Défense, du ministère des Affaires étrangères, du ministère de la Justice, du Mossad et des renseignements militaires.

Les responsables ont déclaré que le gouvernement prenait le sujet très au sérieux et que la principale question était de déterminer comment traiter avec d’autres entreprises pour de futurs accords, car les procédures standard semblaient avoir été bien suivies pour que NSO se voit accorder des licences d’exportation.

« C’est un événement très important », a déclaré l’un des responsables. « Nous essayons de comprendre toute sa signification. Nous devons vérifier si, après les dernières publications, il y a un besoin de changement de politique concernant l’export de systèmes cyber-offensifs vers d’autres pays. »

Le site d’information a également fait état de préoccupations en Israël selon lesquelles les allégations pourraient entraîner des retombées diplomatiques – bien que les dommages initiaux se soient limités à une critique du public et des médias.

Le logo de l’entreprise israélienne NSO Group sur un bâtiment où elle avait des bureaux, à Herzliya, jusqu’en 2016. (Crédit : AP Photo/Daniella Cheslow)

L’information a été publiée alors que l’ONG qui a divulgué la liste des 50 000 cibles potentielles du logiciel Pegasus de NSO a déclaré que le numéro de téléphone du président français Emmanuel Macron en faisait partie. La radio française a également rapporté que le numéro du roi du Maroc Mohammed VI avait été identifié dans une liste de cibles potentielles pour les services de renseignement marocains.

Plus tôt mardi, le ministre de la Défense Benny Gantz a affirmé qu’Israël respectait pleinement le droit international dans l’octroi de licences d’exportation.

« Nous sommes au courant de publications récentes concernant l’utilisation de systèmes développés dans certaines cyber-entreprises israéliennes », a déclaré Gantz lors d’un discours à la Cyber ​​Week à l’Université de Tel Aviv, sans mentionner le groupe NSO par son nom. « Israël, en tant que démocratie occidentale libérale, contrôle les exportations de cyber-produits conformément à sa loi sur le contrôle des exportations de défense, et conformément aux politiques internationales de contrôle des exportations. »

Gantz a ajouté que « l’État d’Israël a pour politique d’autoriser l’exportation de cyber-produits uniquement à des gouvernements, uniquement à des fins licites et exclusivement à des fins de prévention et d’enquête sur le crime et le terrorisme. Les pays acquéreurs de ces systèmes doivent respecter leurs engagements vis-à-vis de ces exigences. Nous étudions actuellement les informations qui sont publiées sur le sujet ».

Dimanche, une enquête approfondie menée par 17 organisations de presse internationales a rapporté que NSO Group avait vendu son logiciel malveillant ciblant des téléphones portables pour espionner des journalistes, des militants et des politiciens dans des dizaines de pays.

Le reportage s’est concentré sur Pegasus, logiciel espion vendu par NSO qui, selon l’enquête, est utilisé par des dizaines de clients gouvernementaux. L’analyse effectuée sur une liste divulguée de 50 000 numéros de téléphone a révélé que la liste comprenait des individus ciblés par les gouvernements d’Azerbaïdjan, de Bahreïn, du Kazakhstan, du Mexique, du Maroc, du Rwanda, d’Arabie saoudite, de Hongrie, d’Inde et des Émirats arabes unis.

Le reportage du Guardian sur Pegasus a rapporté que Gantz « réglementait étroitement NSO » et approuvait chaque licence d’exportation individuelle avant que le logiciel de surveillance ne soit vendu à un nouveau pays. Dans sa réponse, NSO a déclaré que le journal « prétendait faussement que le gouvernement israélien surveillait l’utilisation des systèmes par nos clients, ce qui est le genre de théorie du complot que nos détracteurs colportent », ajoutant : « En ce qui concerne les licences d’exportation, NSO est soumis à diverses politiques de contrôle, y compris à celles du ministère de la Défense israélien, similaires aux réglementations existantes dans d’autres pays démocratiques. »

Le ministre de la Défense Benny Gantz prend la parole lors de la conférence Cyber Week de l’Université de Tel Aviv, le 20 juillet 2021. (Crédit : Tal Oz/Ministère de la Défense)

Dans un communiqué publié lundi, le ministère de la Défense a rapporté que s’il constatait que le groupe NSO avait violé les termes de ses licences d’exportation, il « prendrait les mesures appropriées ». Le ministère a déclaré qu’Israël autorisait les entreprises à exporter des produits de cybersécurité uniquement vers « des organes gouvernementaux et exclusivement à des fins légales et pour prévenir et enquêter sur le crime et lutter contre le terrorisme. Et cela dépend des engagements concernant l’utilisation/l’utilisateur final du pays acheteur, qui doit respecter ces conditions ».

NSO Group a nié avoir vendu le logiciel à des gouvernements autoritaires dans le but d’espionner des dissidents, qualifiant ces allégations de « fausses ».

L’AFP a contribué à cet article.

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