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Pose des premiers Stolpersteine à Paris dans des zones privées

Des pavés de la mémoire sont désormais présents à cinq adresses parisiennes ; fin 2020, la mairie de Paris avait refusé la pose de ces petites pierres dans les rues de la capitale

Anna Schwartz et le Stolpersteine lui rendant hommage à Paris. (Crédit : Hugues Marie Geoffroy Lefèvre / Facebook)
Anna Schwartz et le Stolpersteine lui rendant hommage à Paris. (Crédit : Hugues Marie Geoffroy Lefèvre / Facebook)

De nouveaux Stolpersteine ont été posés à Paris le mois dernier, après un premier l’an dernier.

Le 26 avril, une pierre de la mémoire a été posée au 23 rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement, d’où a été déportée Anna Schwartz.

Elle faisait partie du convoi 39 de Drancy le 30 septembre 1942 et est décédée à son arrivée à Auschwitz le 5 octobre.

Le projet a été portée par Yvet Anna, nièce d’Anna Schwartz, à l’origine de la page Facebook « Stolpersteine A Paris ».

Anna Schwartz, Juive hongroise, est née en 1922 à Budapest. Elle a rejoint son père immigré en France en 1935 et travaillait dans l’atelier de maroquinerie de ses père et frère, rue des Petites écuries.

Fin 2020, la mairie de Paris avait refusé la pose de ces petits pavés de la mémoire dans les rues de la capitale, affirmant qu’ils n’étaient « pas adaptés au travail de mémoire parisien ». Une pétition avait alors été lancée.

Ainsi, celui pour Anna Schwartz a été posé sur le porche de l’immeuble du 23 rue d´Enghien, une zone privée.

« Je n’ai jamais connu ma tante dont je porte le prénom », a expliqué sa nièce.

« Pourtant j’éprouve le besoin d’honorer et de conserver sa mémoire. Disparue, dispersée, j’aimerai laisser un signe, là, où elle a vécu, au 23 rue d´Enghien, juste devant sa porte. Car c’est de là qu’elle est partie pour ne jamais revenir. Mon but : arracher son nom à l’oubli, laisser un témoignage concret de son existence, par ce petit monument discret. Et qui s’intègre dans le Grand Ensemble de tous les Stolpersteine, symbole de notre mémoire collective. »

Peu avant, d’autres pierres avaient été posées à Paris, là aussi sur des seuils d’immeuble, des zones privées, aux 1 rue Perrée, 81 rue du Temple et 24 rue Rambuteau.

Ils sont venus rendre hommage aux familles Grodnicki et Rajchgod.

Leurs histoires ont été résumées par Hugues Marie Geoffroy Lefèvre, militant de la mémoire, sur Facebook.

L’an dernier, un Stolpersteine avait déjà été posé au 24 rue Dauphine, dans le 6e arrondissement, en hommage à Victor Perahia.

Ce dernier est né le 4 avril 1933 à Paris. Le 15 juillet 1942, il a été arrêté avec ses parents à Saint-Nazaire. Deux jours plus tard, son père a été déporté à Auschwitz, et Victor Perahia et sa mère ont été transférés au camp de La Lande de Monts puis à Drancy. De là, ils ont été déportés vers le camp de concentration de Bergen-Belsen. Lorsque les troupes britanniques se sont approchées du camp, ils ont été mis dans un train avec près de 2 400 autres prisonniers, qui a erré dans les zones inoccupées d’Allemagne. Ils ont été libérés le 23 avril 1945. Victor Perahia a souffert du typhus et de la tuberculose mais a survécu. Sa mère, son frère et sa grand-mère ont eux aussi survécu, tandis que son père et son grand-père ont été assassinés à Auschwitz. Victor Perahia est devenu marchand d’art à Paris, et la pierre a été posée devant la galerie Perahia l’an dernier – le survivant était présent lors de la pose. Il a publié un livre sur son histoire, Mon enfance volée.

Créés par l’artiste allemand Gunter Demnig, les Stolpersteine visent à rendre hommage aux personnes mortes dans les camps de concentration nazis. On compte aujourd’hui près de 100 000 pavés recouverts d’une plaque de laiton posés à travers 30 pays d’Europe depuis les années 1990.

Ils viennent rappeler le destin des victimes du nazisme, qu’elles soient Juives, Tziganes, homosexuelles, handicapées ou opposants politiques. Gravés à la main par le sculpteur Michael Friedrichs-Friedlander, ils sont généralement posés devant le dernier domicile des personnes, avant leur expulsion et leur déportation, et citent leurs noms, leur année de naissance, et leur parcours de déportation.

En France, on trouve déjà des pavés de la mémoire notamment dans les villes de Strasbourg, Bordeaux, Orsay ou encore en Vendée et en Normandie.

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