Une pétition pour la pose de Stolpersteine à Paris
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Une pétition pour la pose de Stolpersteine à Paris

La mairie de Paris refuse la pose de ces petits pavés de la mémoire dans les rues de la capitale

Les 9 Stolpersteine posées au 8-10 rue Eau de Robec, à Rouen, en hommage à la famille Ettinger. (Crédit : Pavés de Mémoire Rouen Métropole)
Les 9 Stolpersteine posées au 8-10 rue Eau de Robec, à Rouen, en hommage à la famille Ettinger. (Crédit : Pavés de Mémoire Rouen Métropole)

Les Stolpersteine sont ces petits pavés de la mémoire inventés par l’artiste allemand Gunter Demnig en hommage aux personnes mortes dans les camps de concentration nazis.

On compte aujourd’hui plus de 75 000 pavés recouverts d’une plaque de laiton posés à travers 25 pays d’Europe depuis les années 1990, et de nouveaux viennent tout juste d’être posés dans la ville de Zurich, en Suisse.

Ces pavés visent à rappeler le destin des victimes du nazisme, qu’elles soient juives, tziganes, homosexuelles, handicapées ou opposants politiques. Gravés à la main par le sculpteur Michael Friedrichs-Friedlander, on retrouve inscrit sur chaque pierre le nom, l’adresse, la date de naissance et du décès de la personne tuée par les nazis.

Si le projet se retrouve aujourd’hui sur tout le continent et est relativement connu, la ville de Paris s’oppose toujours à ce que des pavés soient posés dans les rues de la capitale française.

En réaction, une pétition a été lancée sur Change.org par un collectif de citoyens. L’« Appel pour la liberté du mode de commémoration des victimes du nazisme à Paris » compte actuellement 458 signatures.

« Avec Munich, de sinistre mémoire, Paris est la seule ville d’Europe qui refuse encore les Pavés de Mémoire », peut-on lire dans la pétition. « La chargée de la Mémoire de la ville de Paris s’appuie sur l’avis qu’elle a sollicité auprès du Mémorial de la Shoah et son directeur. »

Selon le texte, la fonctionnaire aurait affirmé que « les Stolpersteine ne sont pas adaptés au travail de mémoire parisien. Les Juifs n’ont pas disparu de France, ils sont encore présents. Les Stolpersteine renvoient une image qui ne convient pas à la France où 75 % des Juifs ont survécu. Par ailleurs, marquer d’un signe distinctif, au sol, les lieux où les Juifs ont vécu ne nous convient pas, marcher sur ces pierres ne constitue pas un symbole acceptable. Pour toutes ces raisons, le Mémorial de la Shoah n’a jamais voulu s’associer à ce projet, et nous partageons pleinement ces arguments ».

Pour le collectif, cette position de la mairie « manifeste l’aveu de cette mauvaise image de la France que l’on préfère mettre sous le tapis comme la poussière, une poussière brûlante ».

« Oublie-t-on le repentir enfin exprimé lors du discours de Chirac ? [sur la responsabilité de la France dans l’extermination des Juifs de France] On assiste à une inconséquence manifeste et à un relent très amer face à une responsabilité trop gênante et inavouable, inscrite, qu’on le veuille ou non, dans le livre d’Histoire de la France et dans celui de l’Histoire tout court », écrivent-ils.

Ils espèrent ainsi rassembler un maximum de signatures pour continuer leur « pression démocratique à l’endroit des autorités parisiennes afin qu’elles s’ouvrent et soutiennent les multiples modalités du devoir de mémoire et la cohésion sociale ».

En France, on trouve des pavés de la mémoire dans les villes de Strasbourg, Bordeaux ou encore Rouen.

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