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Quatre membres du Hezbollah tués dans des frappes à la frontière irako-syrienne

Des frappes ont visé un convoi et un dépôt d'armes après l'attaque d'une milice pro-Iran contre une base militaire américaine d'Erbil ; les États-Unis ont démenti toute attaque défensive

Des images qui montreraient le sillage des frappes réalisées par des avions de chasse non-identifiés dans la ville syrienne de Boukamal, à proximité de la frontière israélienne, le 30 décembre 2023. (Capture d'écran /X : used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Des images qui montreraient le sillage des frappes réalisées par des avions de chasse non-identifiés dans la ville syrienne de Boukamal, à proximité de la frontière israélienne, le 30 décembre 2023. (Capture d'écran /X : used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Trois frappes qui ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi dans l’Est de la Syrie, aux abords d’un poste-frontière stratégique avec l’Irak, ont tué six personnes appartenant à des organisations soutenues par l’Iran et notamment des membres du Hezbollah, ont fait savoir deux membres de milices irakiennes.

Le Hezbollah, groupe terroriste libanais qui bénéficie du soutien de Téhéran, a confirmé la mort de quatre de ses membres, précisant qu’ils ont été tués « sur la route de Jérusalem » mais sans donner davantage de détail.

Les frappes ont pris pour cible un convoi de huit camions et au moins quatre d’entre eux ont été détruits, selon des sources proches des responsables des frontières syrienne et irakienne. Ces derniers auraient ajouté que trois bâtiments utilisés par une milice pro-iranienne avaient été visés.

Un officiel de l’armée américaine a affirmé, de son côté, que les États-Unis n’avaient lancé aucune attaque de défense.

Ces frappes survenues dans la région frontalière de Boukamal ont eu lieu plusieurs heures après qu’une organisation-cadre des militants soutenus par l’Iran – connue sous le nom de Résistance islamique – a revendiqué une attaque contre une base militaire dans la ville d’Erbil, dans le nord de l’Irak.

La Résistance islamique en Irak, une formation constituée de groupes armés affiliés à Hashed al-Shaabi – les « Forces de mobilisation populaire » ou PMF, une coalition paramilitaire de milices intégrées dans l’armée régulière irakienne- a revendiqué plus de cent attaques contre des positions américaines en Irak et dans l’Est de la Syrie depuis le début de la guerre opposant Israël et le Hamas, le 7 octobre. Ce jour-là, des terroristes du Hamas avaient semé la désolation dans les communautés du sud d’Israël, massacrant environ 1200 personnes et kidnappant 240 personnes qui avaient été prises en otage au sein de l’enclave côtière.

Des membres des groupes armés irakiens Hashed al-Shaabi (Forces de mobilisation populaire – PMF) brandissant leurs drapeaux lors des funérailles de Hassan Hammadi al-Amiri, un membre déchu du groupe Kataëb Hezbollah, l’une des factions des PMF, après avoir été tué plus tôt dans une frappe aérienne américaine, à Bagdad le 26 décembre 2023. (Crédit : Ahmad al-Rubaye/AFP)

Le groupe de milices a aussi revendiqué des attaques contre Israël. Cela a notamment été le cas jeudi, quand un drone vraisemblablement rempli d’explosifs avait été lancé, semble-t-il, depuis la Syrie, et qu’il s’était écrasé sur le plateau du Golan, à proximité du moshav Eilad, dans le nord d’Israël. Il n’y avait pas eu de blessé mais un certain nombre de structures avaient essuyé des dégâts.

La semaine dernière, le groupe avait affirmé avoir frappé « une cible déterminante » en mer méditerranée, plusieurs jours auparavant. Une source avait confié à Al-Jazeera que cette cible était le gisement gazier de Karish, qui se trouve au large de la côte israélienne, au nord.

Des affirmations qui avaient rapidement suivi l’annonce, par l’armée israélienne, de la destruction d’un drone qui survolait la mer, le 15 décembre, à proximité du Liban et qui se dirigeait vers l’espace aérien israélien. L’armée n’avait pas donné plus de détail sur la provenance du drone et sur cette annonce survenue une semaine après les faits.

Samedi également, les médias syriens ont signalé qu’une frappe israélienne présumée avait eu lieu dans le secteur d’Alep, dans le nord de la Syrie, dans l’après-midi.

L’agence de presse de l’État syrien, qui a cité une source militaire, a affirmé que des « pertes matérielles » avaient été essuyées à l’occasion de cette frappe aérienne attribuée à Israël sur Alep.

La radio pro-gouvernementale Sham FM a indiqué, de son côté, que les défenses anti-aériennes avaient été activées lors d’une attaque visant l’aéroport international d’Alep.

Cela fait des années qu’Israël procède à des bombardements aériens sur des cibles liées à l’Iran en Syrie, où l’influence de Téhéran s’est accrue depuis que la république islamique a commencé à soutenir le président syrien Bashar Assad dans une guerre civile qui a déchiré le pays depuis 2011. Israël ne commente que rarement ces attaques individuelles mais déclare de manière répétée que l’État juif ne permettra pas à Téhéran d’ancrer sa présence sur le territoire.

Samedi matin, l’armée israélienne a confirmé qu’elle avait lancé des attaques en Syrie après le tir de deux roquettes depuis cette dernière. Les projectiles sont retombés sur le plateau du Golan.

« Suite aux informations faisant état de l’activation des sirènes dans le nord d’Israël, deux projectiles en provenance de la Syrie et qui se sont écrasés dans un champ ont été identifiés il y a peu », a noté l’armée. « L’armée attaque actuellement la source de ces tirs ».

Photo d’illustration : Une frappe attribuée à Israël sur l’aéroport d’Alep, en Syrie, le 14 octobre 2023. (Capture d’écran : X ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

L’armée a aussi fait savoir qu’elle avait frappé « des infrastructures terroristes » appartenant au Hezbollah dans le sud du Liban, notamment un site de lancement de roquette utilisé par le groupe terroriste après un certain nombre d’agressions transfrontalières, vendredi dans la journée.

Dans les frappes qui ont eu lieu samedi dans l’Est de la Syrie, les milices irakiennes ont indiqué que les deux autres victimes étaient syriennes. Deux autres personnes ont été blessées, ont-elles ajouté.

Toutefois, un commandant local de Hashed al-Shaabi a démenti que les combattants du groupe déployés aux abords de la frontière aient été tués ou blessés.

L’Observatoire des droits de l’Homme syrien, un groupe de veille d’opposition dont le siège est au Royaume-Uni, a fait savoir que le convoi qui avait été pris pour cible était entré en Syrie depuis l’Irak et que le lieu où il se trouvait était un endroit où s’entraîne une milice qui est affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique, en Iran.

Il a ajouté que l’attaque avait fait neuf morts – trois Syriens et six personnes qui avaient une autre nationalité. L’organisation, qui est dirigée par un seul individu, a régulièrement été mise en cause par les analystes de la guerre syrienne qui lui reprochent de transmettre des informations mensongères ou inexactes.

De son côté, un collectif d’activistes couvrant l’actualité dans le secteur, Deir Ezzor 24, a annoncé que les frappes avaient visé deux postes de miliciens et un entrepôt d’armement qui, a-t-il dit, avait récemment été rempli de munitions et de lanceurs de roquette.

Les terroristes alliés à l’Iran, notamment le Hezbollah, règnent dorénavant en maître sur de vastes territoires de l’Est, du Sud et du Nord-Ouest de la Syrie ainsi que sur plusieurs banlieues de la capitale.

Un bilan réalisé par les responsables militaires américains fait état de plus de cent attaques menées contre ses troupes en Irak et en Syrie depuis le 17 octobre. La majorité d’entre elles a été revendiquée par la Résistance islamique en Irak.

Washington a averti que dans le cadre de cette recrudescence des agressions au cours des deux derniers mois, les États-Unis n’hésiteront pas à riposter contre des positions occupées par les milices pro-iraniennes.

Le président américain Joe Biden arrive à la Maison Blanche, à Washington, à son retour de Wilmington, dans le Delaware, le 19 décembre 2023. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

La semaine dernière, le président Joe Biden a ordonné à ses troupes d’attaquer des groupes irakiens qui sont soutenus par la République islamique après des tirs de roquette qui ont fait trois blessés du côté américain.

Une hausse des tensions qui place Bagdad dans une situation délicate. Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, a tenté d’apaiser la tension entre les groupes militants qui l’ont aidé à arriver au pouvoir et les États-Unis, où se trouvent les réserves étrangères du pays.

La région de Boukamal à Deir el-Zour, en Syrie, qui se situe le long de la frontière avec l’Irak, est un secteur stratégique pour les militants soutenus par l’Iran depuis qu’elle a été reprise à l’organisation extrémiste de l’État islamique en 2019. Les forces de la coalition américaines avaient lancé des frappes prenant pour cible des convois avant les tensions actuelles.

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