Israël en guerre - Jour 252

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Rafah étant fermé, Sissi dit à Biden accepter d’acheminer l’aide à Gaza via Israël

La Maison Blanche déclare que cette mesure "sauvera des vies" ; les dirigeants discutent aussi de "nouvelles initiatives" pour la libération des otages et une trêve durable à Gaza

Des camions d'aides humanitaires entrant dans la bande de Gaza depuis Israël par le poste-frontière de Kerem Shalom, à Rafah, le 14 janvier 2024. (Crédit : Hatem Ali/AP)
Des camions d'aides humanitaires entrant dans la bande de Gaza depuis Israël par le poste-frontière de Kerem Shalom, à Rafah, le 14 janvier 2024. (Crédit : Hatem Ali/AP)

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a convenu avec le président américain Joe Biden, lors d’un appel téléphonique vendredi, de provisoirement envoyer de l’aide humanitaire et du carburant aux Nations unies via le point de passage israélien de Kerem Shalom jusqu’à ce que des mécanismes juridiques soient mis en place pour rouvrir le poste-frontière de Rafah du côté palestinien, a annoncé la présidence égyptienne.

Biden s’est félicité de cette décision, et la Maison Blanche a déclaré dans un communiqué ultérieur que « cela permettra de sauver des vies ».

Le président américain « a également exprimé son engagement total à soutenir les efforts visant à rouvrir le passage de Rafah selon des modalités acceptables à la fois pour l’Égypte et pour Israël, et a accepté d’envoyer une délégation de haut niveau au Caire la semaine prochaine pour de nouvelles discussions », a indiqué le communiqué.

Cette annonce est une victoire pour l’administration Biden, qui a fait pression sur l’Égypte ces derniers jours pour qu’elle prenne cette mesure, l’aide s’accumulant en Égypte depuis qu’Israël a lancé l’opération de reprise du côté gazaoui du point de passage de Rafah avec l’Égypte le 7 mai.

Ne voulant pas être considérée comme complice de l’opération militaire israélienne qui a consisté à reprendre le poste-frontière, l’Égypte a refusé de rouvrir Rafah tant que les troupes israéliennes ne se seraient pas retirées de l’autre côté.

Dans l’intervalle, les États-Unis et Israël ont exhorté le Caire à au moins autoriser le transfert en Israël de l’aide de plus en plus importante qui se trouve en Égypte, afin qu’elle puisse être acheminée à Gaza par Kerem Shalom.

Le président américain Joe Biden et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 16 juillet 2022, à Jeddah, en Arabie saoudite. (Crédit : Evan Vucci/AP)

L’Égypte avait jusqu’à présent refusé, considérant toujours une telle initiative comme une collaboration avec l’incursion militaire israélienne dans Rafah.

Cette position a suscité de rares critiques de la part de l’administration Biden qui, jusqu’à cette semaine, n’avait fait que louer le rôle de l’Égypte dans la guerre, à la fois comme médiateur et comme intermédiaire dans l’acheminement de l’aide.

Biden a également remercié al-Sissi « pour les efforts qu’il a déployés depuis le début de la crise afin d’assurer un flux continu d’aide de l’Égypte vers Gaza », a indiqué la Maison Blanche.

« Les deux dirigeants se sont également consultés sur de nouvelles initiatives visant à garantir la libération des otages ainsi qu’un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza », selon le communiqué américain.

Un tank avec un drapeau israélien entre du côté gazaoui de la frontière avec Gaza, à Rafah, le 7 mai 2024. (Crédit : Armée israélienne via AP)

L’Autorité palestinienne (AP) a également apporté son soutien public à la décision de l’Égypte. Le Caire semble avoir demandé une déclaration de soutien au bureau du président de l’AP, Mahmoud Abbas, afin de présenter sa décision comme ayant été prise en totale coordination avec Ramallah.

Afin de sortir de l’impasse, Israël a subtilement demandé à l’AP de prendre en charge la partie gazaouie du passage de Rafah en lieu et place du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Cependant, Israël a conditionné l’offre à ce que les officiers ne s’identifient pas comme faisant partie de l’AP, craignant que cela ne suscite l’opposition des membres d’extrême-droite de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré un fonctionnaire américain au Times of Israel.

L’offre a été rejetée par Ramallah, qui a déclaré qu’il ne s’y conformerait pas à moins qu’Israël n’accepte d’établir une voie vers un futur État palestinien, ce qui constituerait une fin de non-recevoir pour le gouvernement Netanyahu, a ajouté le fonctionnaire américain.

Des Palestiniens transportant des boîtes d’aide humanitaire après s’être précipités sur les camions d’aide internationale depuis le quai Trident construit par les États-Unis non loin de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 18 mai 2024. Crédit : AFP)

Depuis ce rejet, Israël et l’Égypte sont en pourparlers pour que des Palestiniens non directement affiliés au Hamas ou à l’AP gèrent le poste-frontière de Rafah avec l’aide d’organisations internationales, a indiqué le responsable américain.

Par ailleurs, l’ONU a déclaré vendredi que l’accès à la bande de Gaza était extrêmement limité, moins de 1 000 camions d’aide humanitaire ayant pénétré dans l’enclave depuis le 7 mai, après le début de l’opération de Rafah par Israël.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré qu’entre le 7 et le 23 mai, seuls 906 camions sont entrés dans l’enclave de 2,3 millions d’habitants.

Le porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric, a déclaré qu’environ 800 de ces camions étaient des denrées alimentaires.

L’OCHA a indiqué que 143 camions sont passés par le point de passage de Kerem Shalom dans le sud de Gaza, tandis que dans le nord de Gaza 62 camions sont passés par le passage d’Erez et 604 par celui d’Erez Ouest. L’organisation précise que 97 camions sont passés par une jetée provisoire construite par les États-Unis dans le centre de Gaza, qui est fonctionnelle depuis une semaine.

Les accusations de grave insécurité alimentaire, de malnutrition et de famine font partie intégrante des accusations de « génocide » portées contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ) et de crimes contre l’Humanité et de crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI). Israël a vigoureusement nié toutes ces allégations.

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