Rencontre au sommet entre les dirigeants palestinien, égyptien et jordanien
Rechercher

Rencontre au sommet entre les dirigeants palestinien, égyptien et jordanien

Mahmoud Abbas, Abdel-Fattah Al Sissi et le le roi Abdallah II se sont réunis au Caire avant l'Assemblée générale de l'ONU, réaffirmant leur soutien à la solution à deux États

Le président de l'Autorité palestinienne  Mahmoud Abbas rencontre le dirigeant égyptien Abdelfattah El-Sissi et le roi jordanien Abdullah II au Caire, le 2 septembre 2021. (Crédit :  WAFA)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontre le dirigeant égyptien Abdelfattah El-Sissi et le roi jordanien Abdullah II au Caire, le 2 septembre 2021. (Crédit : WAFA)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rencontré le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et le souverain jordanien Abdallah II au Caire, jeudi. C’est la première rencontre trilatérale entre les parties depuis 2017.

Abbas a fait la navette entre Amman et Ramallah à plusieurs reprises ces derniers mois pour des entretiens éclairs avec le monarque jordanien. Le leader de l’Autorité palestinienne avait aussi rencontré Sissi l’année dernière.

Mais une telle réunion entre les trois hommes n’avait plus eu lieu depuis 2007, année où les trois dirigeants s’étaient rencontrés en marge du sommet annuel de la Ligue arabe.

« Notre main est encore tendue pour une paix juste, intégrale, conforme au droit international et au cadre qui a été défini par le Quartet », a déclaré Abbas dans un discours, des propos repris par l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne, WAFA.

Selon l’agence palestinienne, Abbas a dénoncé les « violations » d’Israël et les « agressions des colons (…) sous la protection de l’armée d’occupation », faisant référence aux Palestiniens menacés d’expulsion à Jérusalem-Est.

Les Palestiniens souhaitent faire de Jérusalem-Est, occupée depuis 1967 par Israël, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent, tandis qu’Israël l’a décrétée « une et indivisible ».

Ce sujet intéresse particulièrement la Jordanie car elle chapeaute le Waqf de Jérusalem, en charge de la mosquée al-Aqsa au cœur de la Vieille ville.

Le leader palestinien était accompagné de deux de ses proches conseillers, Hussein al-Sheikh et Majdi Khalidi, ainsi que par le chef des renseignements de l’AP, Majed Faraj.

Azzam al-Ahmad, haut-responsable du Fatah, a déclaré au micro de la station de radio de la Voix de Palestine, mercredi, que cette réunion permettrait aux trois parties d’encourager une « conférence internationale » consacrée à l’établissement d’un état palestinien – une proposition déjà évoquée par Abbas au cours de l’année passée.

Al-Ahmad a ajouté que cette rencontre permettrait également à l’Autorité palestinienne, à la Jordanie et à l’Égypte de coordonner leur message en amont de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue à la fin du mois.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a prononcé un discours sur la pandémie de coronavirus, au siège de l’AP dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 5 mai 2020.

Dans un communiqué émis à la fin de leur rencontre, les trois leaders ont juré de promouvoir la solution à deux États, avec un état palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza dont la capitale serait Jérusalem-Est.

Sissi a invité le Premier ministre Naftali Bennett au Caire dans les prochaines semaines pour une rare visite d’État d’un Israélien dans la capitale égyptienne, selon le bureau de Bennett.

Abbas a aussi rencontré le ministre de la Défense Benny Gantz à Ramallah, la semaine dernière. Un tel entretien entre hauts-responsables israélien et palestinien ne s’était pas produit depuis des années. Abbas a été très critiqué par des adversaires du Hamas et du Jihad islamique suite à cette réunion et Gantz a essuyé des critiques similaires de la part de la droite dure israélienne.

Toutes ces rencontres ont lieu alors que Ramallah a été largement tancé à l’international en raison de ses violations des droits de l’Homme et de sa gouvernance médiocre. De nombreux Palestiniens considèrent l’AP comme corrompue, faible, incapable de réaliser le rêve d’un état indépendant.

L’AP a aussi vu son statut régional chanceler alors que les gouvernements arabes forgent des liens de plus en plus étroits avec l’État juif. Au mois de juin 2021, Ramallah n’avait pas encore reçu de fonds de la part des états arabes, selon les documents du ministère des Finances de l’AP.

Abbas avait rencontré aussi Sissi avant le sommet trilatéral pour évoquer « les derniers développements politiques ainsi que la situation intérieure palestinienne, ainsi que les développements dans les territoires palestiniens occupés », selon un communiqué émis par son bureau.

Un porte-parole de Sissi a indiqué que le leader égyptien avant fait part de son soutien à l’Autorité palestinienne, en particulier à son rôle à Gaza, ainsi qu’au renforcement du cessez-le-feu conclu « entre les parties palestinienne et israélienne ».

Sissi a « souligné l’importance d’unir les efforts visant à soutenir les Palestiniens dans leur recherche d’un arrangement politique et à promouvoir la reprise des négociations », a continué le porte-parole.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...