Selon Erdan, les enquêtes sur Netanyahu ne sont pas « motivées politiquement »
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Selon Erdan, les enquêtes sur Netanyahu ne sont pas « motivées politiquement »

Le ministre de la Sécurité intérieure a défendu les enquêteurs en charge des dossiers sur le Premier ministre mais exprimé son malaise vis-à-vis des témoins de l'accusation

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 9 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 9 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a rejeté mercredi les accusations exprimées récemment par un grand nombre des membres de son parti du Likud qui ont estimé qu’il y avait des « motivations politiques » derrière les enquêtes de police contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, investigations qui ne cessent de prendre de l’ampleur.

Les enquêtes « ne sont pas menées par motivations politique ou autres », a déclaré Erdan, dont le ministère supervise la police, au micro de la radio israélienne.

Il a ainsi rejeté des affirmations fréquentes faites par de hauts-responsables du Likud, notamment par le chef de la coalition David Amsalem mais aussi par Netanyahu lui-même, qui a accusé la police le mois dernier de « partialité » à son encontre.

« J’ai souvent dit que j’appuyais le commissaire de la police [Roni Alsheich] et que je rejette les accusations qui laissent entendre qu’il y aurait des motivations politiques étrangères derrière les enquêtes », a-t-il dit.

Le mois dernier, après que la police a recommandé l’inculpation de Netanyahu dans deux enquêtes connues sous le nom d’Affaire 1000 et d’Affaire 2000, Amsalem avait dit dans un communiqué que « la cible a été désignée il y a deux ans. [La police] a tiré des douzaines de flèches dans sa direction dans l’espoir que l’une d’entre elles la touche, et après qu’ils ont retourné toutes les pierres, partout dans le monde, la police a tout fait pour atteindre son objectif ».

Roni Alsheich, à gauche, le chef de la police, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, et Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une cérémonie en l’honneur d’Alsheich dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 3 décembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Dans un pays démocratique, le gouvernement ne doit être renversé que dans les urnes et non par l’armée ou la police », avait ajouté ce loyaliste à Netanyahu.

Un autre membre du Likud, le ministre du Tourisme Yariv Levin, avait estimé que les recommandations policières étaient une « initiative méprisable visant à réaliser un coup gouvernemental contre la volonté des électeurs ».

Dans son interview, Erdan a également abordé le sujet d’un développement spectaculaire qui a eu lieu cette semaine. Nir Hefetz, ancien conseiller en communication de longue date de la famille Netanyahu, est devenu témoin de l’accusation contre le Premier ministre dans l’affaire Bezeq, dans laquelle le chef du gouvernement est soupçonné d’avoir fait avancer de manière illicite une politique ayant bénéficié à un magnat des médias.

Hefetz a ainsi rejoint Shlomo Filber, ancien directeur-général du ministère des Communications et l’ancien conseiller de Netanyahu Ari Harow, qui ont tous les deux signé des accords similaires avec l’Etat pour témoigner contre le Premier ministre dans les enquêtes en échange de condamnations plus indulgentes.

« C’est parfois difficile, cette idée que les témoins de l’accusation ne seront pas sanctionnés », a commenté Erdan mercredi. « Eux aussi sont des criminels, ils n’ont pas agi pour des raisons morales et je pense que c’est un tort de les exempter de sanctions ».

L’ancien porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Nir Hefetz, au premier plan, et l’actionnaire principal de Bezeq, Shaul Elovitch, lors d’une audience de prolongement de détention devant la cour des magistrats de Tel Aviv, le 26 février 2018 (Crédit : Flash90)

Dans l’enquête de corruption sur Bezeq, surnommée l’Affaire 4000, Elovitch est accusé d’avoir ordonné au site d’information Walla, qui lui appartient, d’accorder une couverture médiatique positive aux actions de Netanyahu et de sa famille en échange de la mise en avant de politiques au profit du géant des télécommunications.

Vendredi, le Premier ministre et son épouse Sara ont été interrogés pour la première fois dans ce dossier. Après leurs interrogatoires de plus de cinq heures, les responsables de l’enquête auraient déclaré que Netanyahu sera mis sous pression pour trouver de bonnes explications aux soupçons « concrets » et aux preuves « solides » réunies contre lui.

Le mois dernier, la police a recommandé que le Premier ministre soit inculpé pour fraude, abus de confiance et corruption dans deux autres affaires.

Dans l’Affaire 1 000, Netanyahu et sa femme auraient reçu des dons illicites de bienfaiteurs milliardaires, notamment du producteur d’Hollywood, d’origine israélienne, Arnon Milchan, et de la part de l’Australien James Packer, qui a fait fortune dans l’industrie du loisir, pour un montant total de 1 million de shekels en échange de certains profits.

L’affaire 2000 porte sur un accord de compromis présumé illicite entre Netanyahu et Arnon Mozes, éditeur du Yedioth Ahronoth, selon lequel le Premier ministre aurait affaibli un quotidien concurrent, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth.

Netanyahu a nié de manière répétée tout acte répréhensible dans ces dossiers.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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