Selon le PDG de Kan, les attaques de la coalition rappellent celles du BDS
La Knesset débat en ce moment-même sur le budget des chaines publiques
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Le premier débat de la commission des Finances de la Knesset concernant le projet de loi destiné à placer sous le contrôle direct du gouvernement le budget du diffuseur public Kan a donné lieu à des éclats de voix lorsque le PDG de Kan, Golan Yochpaz, a accusé les députés de la coalition de reprendre plus ou moins les arguments du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions.
« D’un côté, nous faisons face à vos attaques, et de l’autre, aux critiques du mouvement BDS et de tous les antisémites qui tentent d’étouffer la culture israélienne. Et au final, vous faites la même chose », a déclaré Yochpaz aux parlementaires lors d’une audition houleuse qui a eu lieu devant la commission des finances de la Knesset.
Ses propos lui ont valu des huées de la part des députés de la coalition. Le président de la commission et député du Likud, Hanoch Milwidsky a, sans preuve,accusé Kan de produire des contenus repris par des militants du mouvement BDS.
Cela fait plusieurs années que les militants anti-Israël demandent l’exclusion d’Israël du Concours Eurovision de la chanson, qui se tient en ce moment-même à Vienne. Leur voeu pourrait bien être exaucé si ce projet de loi venait à être adopté, car il disqualifierait Israël de la compétition en la privant de son indépendance, un des critères obligatoires pour l’Eurovision.
Cette loi permettrait au gouvernement de fixer chaque année le budget de Kan en fonction du budget global de l’État, mettant fin aux protections législatives destinées à mettre le diffuseur à l’abri des ingérences politiques.
A l’issue de la campagne globale menée depuis deux ans par le ministre des Communications, Shlomo Karhi, dans l’espoir de démanteler Kan, le projet de loi est passé en mars dernier de la commission économique, présidée par le député du Likud David Bitan, opposé à la mesure, à la commission des Finances de Milwidsky, un fidèle de Netanyahu très susceptible de la faire avancer.
Les députés de l’opposition et les spécialistes du droit estiment que ce projet de loi est contraire à la liberté de la presse, particulièrement dans la perspective des élections, et qu’il ne devrait pas avancer avant le scrutin.
Karine Elharrar, députée du parti Yesh Atid, a parlé, au sujet de ce projet de loi, de « populisme destiné à en finir avec l’indépendance de la corporation » et Vladimir Beliak, lui aussi député de Yesh Atid, a dit aux députés de la coalition que « par cette attaque contre les médias, vous entendez nuire à l’intégrité des élections ».
Amy Spiro a contribué à cet article.
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