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Tony Blair: Les Palestiniens devraient apprendre de l’accord de paix en Irlande du Nord

L'ex-Premier ministre a expliqué que le camp pro-irlandais avait accepté de déposer les armes, qu'il avait changé de stratégie et qu'il fallait regarder le résultat

L'ancien premier ministre britannique Tony Blair s'exprime lors d'une interview dans le centre de Londres le 17 mars 2023. (crédit : Daniel Leal/AFP)
L'ancien premier ministre britannique Tony Blair s'exprime lors d'une interview dans le centre de Londres le 17 mars 2023. (crédit : Daniel Leal/AFP)

Il y a 20 ans, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair entraînait le Royaume-Uni dans la guerre en Irak derrière les Etats-Unis, une décision qui avait suscité des manifestations massives dans son pays.

Aujourd’hui, il refuse toute comparaison entre l’Irak, guerre menée sans mandat de l’ONU, et l’Ukraine, même si le président russe Vladimir Poutine l’a utilisée comme « une excuse ».

« Il n’y a aucune justification raisonnable pour envahir un pays indépendant et souverain, avec un président démocratique, (qui ne posait) aucun problème pour personne » et ne violait « aucune obligation internationale », explique M. Blair dans un entretien à l’AFP et aux agences de presse européennes, Ansa, DPA et Efe.

« S’il n’avait pas utilisé cette excuse (de l’Irak), il en aurait utilisé une autre », estime l’ancien dirigeant travailliste de 69 ans, à propos de Vladimir Poutine.

L’ancien dictateur irakien Saddam Hussein avait provoqué deux guerres régionales, défié de multiples résolutions de l’ONU et lancé une attaque chimique contre son propre peuple, rappelle M. Blair.

« Au moins, on peut reconnaître que l’on a écarté un despote du pouvoir (en Irak) pour tenter d’installer une démocratie », défend-il, depuis les bureaux de son Institute for Global Change, dans le centre de Londres.

Le Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair, à droite, et le président russe, Vladimir Poutine, quittent le 10 Downing Street, à Londres, le 26 juin 2003, après un déjeuner. (Crédit ; AP Photo/Dukor/Pool)

« Bien sûr on peut discuter de toutes les conséquences » de la guerre en Irak, concède-t-il.

Mais « nous ne devons jamais oublier ce qu’a fait Vladimir Poutine au Moyen-Orient, en Syrie. (…) Son intervention au Moyen-Orient a servi à maintenir un despote au pouvoir et à refuser une démocratie. Donc nous devrions traiter toute cette propagande avec le peu de respect qu’elle mérite », ajoute M. Blair.

M. Poutine est désormais visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour le crime de guerre de « déportation illégale » d’enfants ukrainiens après l’invasion russe de l’Ukraine, une décision qui selon Moscou n’a aucune valeur juridique.

Irlande du nord

Les retombées de la guerre en Irak ont sans doute entravé les efforts de Blair, en sa qualité d’envoyé international pour la paix entre Israël et les Palestiniens, après qu’il a quitté ses fonctions en 2007.

Par le biais de son institut, Blair dispose de bureaux dans la région et se dit « toujours passionné » par la promotion de la paix au Moyen-Orient, même si cela semble « une lointaine perspective en ce moment ».

Mais alors qu’il ne peut y avoir de règlement en Ukraine tant que la Russie ne reconnaît pas que « l’agression est mauvaise », il dit que les Palestiniens pourraient tirer des leçons du point culminant incontesté de son mandat : la paix en Irlande du Nord.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (à gauche) fait le signe V de la victoire alors que le leader du Fatah Mohammed Dahlan (à droite) assiste à leur rencontre avec le Premier ministre britannique Tony Blair dans son bureau de Ramallah, en Cisjordanie, le 18 décembre 2006. (AP Photo/Kevin Frayer/File)

En vertu de l’accord de Belfast, aussi appelé accord du Vendredi saint, les militants pro-irlandais ont accepté de déposer les armes et les unionistes pro-britanniques ont accepté de partager le pouvoir, après trente ans de conflits sectaires qui ont fait quelque 3 500 morts.

Avec le Premier ministre irlandais de l’époque, Bertie Ahern, et un envoyé du président américain Bill Clinton, Blair a passé trois jours et trois nuits à négocier les tout derniers détails avant la signature de l’accord, le 10 avril 1998.

Le territoire se trouve aujourd’hui pris dans une nouvelle impasse politique.

Mais le récent accord entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne pour réglementer le commerce post-Brexit en Irlande du Nord ouvre la voie aux États-Unis.

Rappelant le changement de stratégie des militants pro-irlandais, des armes aux urnes, Blair a déclaré : « Je le dis souvent aux Palestiniens : vous devriez vous inspirer de ce qu’ils ont fait. »

« Ils ont changé de stratégie, avec quel résultat », a-t-il ajouté, niant toute partialité envers Israël pour mieux rappeler la réalité dont se négocie la paix.

« Il y a beaucoup de choses contestées et d’autres qui le sont moins », a-t-il ajouté, s’attardant sur son passage tumultueux au 10 Downing Street de 1997 à 2007.

De gauche à droite : David Trimble, Premier ministre d’Irlande du Nord, le président américain Bill Clinton, Seamus Mallon, vice-premier ministre d’Irlande du Nord, et le premier ministre britannique Tony Blair sur les marches du Parlement, Stormont, Belfast, Irlande du Nord, le 13 décembre 2000. (Crédit : AP Photo/Peter Morrison)

« La seule chose véritablement incontestée est sans doute l’accord du Vendredi saint.

« Le souffle était retombé quand je suis arrivé à Belfast : nous avons dû tout réécrire et nous mettre d’accord là-dessus… C’est probablement le seul processus de paix vraiment réussi de ces derniers temps, des 25 dernières années. »

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