Israël en guerre - Jour 143

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Tsahal ouvre une enquête sur les échecs ayant mené au 7 octobre ; colère des élus

Des ministres de droite s'insurgent contre le panel choisi, qui devrait inclure Shaul Mofaz, et dénoncent le fait que l'enquête se tienne alors que les combats se poursuivent à Gaza

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, faisant une déclaration aux médias, depuis une base de l'armée dans le sud d'Israël, le 26 décembre 2023. (Crédit : Flash90)
Le chef d'état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, faisant une déclaration aux médias, depuis une base de l'armée dans le sud d'Israël, le 26 décembre 2023. (Crédit : Flash90)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, a formé une équipe d’anciens responsables militaires pour enquêter sur les échecs de l’armée dans la période précédant le massacre du 7 octobre perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, déclenchant de virulentes critiques de la part de ministres de l’aile droite.

La décision a été prise 90 jours après que le Hamas a lancé son assaut meurtrier sur le sud d’Israël.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, Shaul Mofaz, l’ancien chef du Directorat des Renseignements militaires, Aharon Zeevi-Farkash, l’ancien chef du Commandement du Sud, Sami Turgeman, et l’ancien chef du Directorat des Opérations, Yoav Har-Even, figureront parmi les membres de la commission d’enquête.

Le panel n’examinera que les actions de l’armée le 7 octobre et la période qui a précédé l’attaque du Hamas. L’enquête vise à tirer des conclusions opérationnelles pour l’armée et n’examinera pas les agissements des dirigeants politiques.

En réponse aux critiques des ministres du cabinet, Halevi a clarifié vendredi que l’enquête se penchera uniquement sur l’état de préparation de l’armée israélienne.

Selon Ynet, Halevi a déclaré aux responsables de la défense qu’il mènera « une enquête professionnelle par observation externe pour examiner la conduite de l’armée dans la guerre afin d’améliorer ses performances pour l’avenir », et a réitéré qu’elle ne portera sur aucun aspect de la réponse d’Israël sur le plan national-politique.

Auparavant, Tsahal avait affirmé qu’elle n’enquêterait sur l’attaque du 7 octobre que « lorsque nous en aurions la possibilité opérationnelle ».

L’armée a précisé qu’elle n’avait pas encore commencé à enquêter sur les échecs qui ont conduit à l’attaque du Hamas le 7 octobre, lorsque des milliers de terroristes ont fait irruption dans le sud d’Israël, tuant 1 200 personnes et en kidnappant plus de 240, mais elle a confirmé que « le processus d’enquête est en cours de formulation ».

Dans une brève déclaration, Tsahal a indiqué que l’état-major général était en train de sélectionner les chefs des différentes équipes chargées d’enquêter sur les faits entourant l’assaut terroriste. « Lorsque les choses seront définitives, elles seront annoncées au grand public », a précisé le communiqué de l’armée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef de l’armée israélienne Herzi Halevi au début d’une réunion du cabinet de sécurité, à Tel Aviv, le 16 novembre 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)

Dans le cadre de l’enquête prévue, Mofaz enquêtera sur l’état-major de Tsahal, Zeevi-Farkash enquêtera sur les renseignements militaires, Turgeman enquêtera sur l’échec des défenses à la frontière de Gaza, et Har-Even enquêtera sur les aspects opérationnels généraux du 7 octobre.

Cette décision a été prise alors qu’une réunion des principaux ministres destinée à discuter de la planification de l’administration de la bande de Gaza après la guerre contre le Hamas s’est achevée par un échange de propos virulents entre les ministres et les hauts gradés de l’armée, des députés de droite ayant dénoncé le fait que l’armée israélienne ait l’intention d’enquêter sur ses propres erreurs.

Au cours de la querelle, des politiciens de droite, dont certains membres du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’en sont pris à Halevi au sujet du calendrier de l’enquête et de l’inclusion de Mofaz, un ancien politicien.

Cette affaire a fait remonter à la surface des tensions qui couvaient depuis longtemps entre l’armée et certains membres de la coalition de la droite radicale concernant la politique israélienne relatives aux Palestiniens, révélant ainsi les failles au sein du front largement unifié présenté par le cabinet depuis que la guerre a éclaté il y a trois mois.

Shaul Mofaz s’exprimant lors d’une conférence à l’Université Reichman, à Herzliya, le 17 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

L’annonce est également survenue alors que le secrétaire d’État américain Antony Blinken arrivait dans la région afin de tenir des discussions très attendues sur les plans visant à mettre fin aux combats et à transférer le contrôle civil de la bande de Gaza.

Selon différentes sources, la ministre des Transports Miri Regev a interpellé Halevi au cours de la réunion. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Coopération régionale David Amsalem se sont joints à la discussion pour demander pourquoi l’armée avait décidé de lancer son enquête alors que les combats étaient toujours en cours à Gaza.

En ce qui concerne l’inclusion de Mofaz, les ministres auraient exprimé leur colère en raison de son implication dans le retrait de Gaza en 2005. Certains membres d’extrême-droite espèrent que le désengagement de la bande de Gaza sera révoqué à la suite de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et que des implantations y seront rétablies.

Vendredi matin, Bezalel Smotrich, le ministre des Finances et leader du parti HaTzionout HaDatit, a défendu les critiques à l’encontre du chef d’état-major de l’armée israélienne. Il a déclaré sur X que le fait que les ooliticiens remettent en question ou critiquent les responsables militaires ne signifie pas qu’ils ne soutiennent pas pleinement l’armée dans le cadre de la guerre contre le Hamas à Gaza.

« Il est permis, voire souhaitable, de poser des questions à l’armée et de la critiquer également », écrit-il. « Les tentatives visant à empêcher cela sont anticonstitutionnelles et très dangereuses. C’est la première leçon de l’enquête initiale sur les attaques du 7 octobre. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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