Un animateur TV australien « secoué et furieux » après un contrôle à la frontière
Rechercher

Un animateur TV australien « secoué et furieux » après un contrôle à la frontière

Waleed Aly a déclaré ignorer comment finirait ce rapport de forces déséquilibré quand il a été écarté alors qu'il voulait quitter Israël

Waleed Aly (Capture d'écran : Via Channel 10 Australie)
Waleed Aly (Capture d'écran : Via Channel 10 Australie)

Une personnalité médiatique et universitaire australienne a raconté avoir été « choisi » pour un contrôle de sécurité alors qu’il tentait de quitter Israël – un incident qui l’a laissé « secoué et furieux ».

Waleed Aly participait à un débat sur Channel 10, une chaîne australienne, consacré aux fouilles au corps dans la région des New South Wales lorsqu’il a révélé ce qu’il avait vécu au sein de l’Etat juif, sans établir clairement la date ou le lieu exact de l’incident.

« Je ne l’ai vécu qu’une seule fois et ce n’était pas ici, c’était à l’étranger », a-t-il indiqué. « Je tentais de quitter Israël et alors que je partais, on m’a choisi, on m’a mis à l’écart et ça a duré des heures ».

Aly n’a pas dit quelles questions lui avaient été posées mais il a ajouté que s’il n’avait pas été fouillé, il lui avait été demander d’ôter son jeans.

« Ce qu’il se passe, c’est que vous ne savez pas jusqu’où ça va aller », a dit Aly. « On ne vous explique rien. Vous vous trouvez dans cette situation et vous ne savez pas pourquoi. Le déséquilibre du rapport de force est horrible et on n’a aucune idée d’où on va », a-t-il ajouté.

« Je ne me suis jamais senti plus secoué et furieux qu’après m’être trouvé dans cette situation. Il ne faut plus que ça se reproduise », a conclu Aly.

Cette révélation survient après quelques cas dans lesquels des militants anti-israéliens ont été placés en détention alors qu’ils essayaient d’entrer dans le pays. Gilad Erdan, ministre des Affaires stratégiques, a justifié au mois d’octobre des exemples de militants juifs de gauche placés en détention et interrogés par les services de sécurité du Shin Bet aux aéroports et aux frontières, évoquant des préoccupations sécuritaires légitimes.

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)

Plusieurs personnes emprisonnées ont dû donner leur opinion sur le gouvernement israélien et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et Erdan a dû concéder qu’il y avait eu des abus.

La Cour suprême israélienne a statué au mois d’octobre qu’une étudiante accusée de prôner le boycott d’Israël pouvait entrer dans le pays, mettant un terme à une saga qui aura duré des semaines et qui aura attiré l’attention sur une loi israélienne qui autorise l’interdiction sur le territoire des militants anti-israéliens présumés. En acceptant l’appel déposé par Lara Alqasem, la Cour suprême a rejeté un jugement émanant d’une juridiction inférieure qui avait maintenu l’interdiction de son entrée sur le sol israélien sous les termes d’une législation de 2017, qui prévoit le refoulement des activistes de BDS.

Photo d’illustration : Contrôle des bagages à main par le personnel sécuritaire à l’aéroport Ben-Gurion (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Le placement en détention d’Alqasem était survenu moins d’une semaine après que la Procureure-générale adjointe Dina Zilber a estimé que les services de sécurité du Shin Bet n’interrogerait plus les personnes, aux postes frontaliers, au sujet de leurs opinions politiques et que des directives en ce sens seraient répétées aux responsables concernés.

La déclaration de Zilber avait suivi une enquête d’un mois portant sur Peter Beinart, journaliste juif américain et critique du gouvernement israélien, qui avait affirmé avoir été soumis à des questions sur ses points de vue politique alors qu’il arrivait dans le pays à l’occasion de la bat mitzvah de sa nièce.

L’auteur Peter Beinart attend de s’exprimer lors d’un événement, le 14 novembre 2012 à Atlanta (Crédit : AP Photo/ David Goldman/File)

Après que Beinart a raconté son histoire, un éminent auteur américano-iranien avait également dit avoir été interrogé et menacé par le Shin Bet deux semaines auparavant alors qu’il entrait en Israël avec sa famille depuis la Jordanie. Dans une série de posts publiés sur Twitter, Reza Aslan avait fait l’analogie entre son interrogatoire et ceux subis dans les « États policiers » et expliqué avoir décidé de partager son expérience après que Beinart a raconté le sienne. Même s’il a reconnu l’interrogatoire de Beinart, le Shin Bet a rejeté les accusations d’Aslan qu’il a qualifiées « d’infondées ».

Parmi d’autres personnalités qui ont indiqué avoir été placées récemment en détention, Simone Zimmerman, co-fondatrice du groupe progressiste juif IfNotNow; Abby Kirschbaum, qui travaille pour une agence de voyage israélo-palestinienne et le romancier Moriel Rothman-Zecher. Début juillet, Ariel Gold, activiste juive pro-boycott, s’est vue interdite d’entrée sur le territoire.

Une loi adoptée l’année dernière permet au ministère de l’Intérieur d’interdire l’entrée des partisans du mouvement BDS qui encourage le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël. Sous les termes de la Loi fondamentale : Dignité humaine et liberté, l’entrée en Israël ne peut être refusée à des citoyens israéliens.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...