Un diplomate confirme l’octroi de la citoyenneté turque à des membres du Hamas
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Un diplomate confirme l’octroi de la citoyenneté turque à des membres du Hamas

Roey Gilad, de l'ambassade israélienne à Ankara, affirme qu'une dizaine de membres du groupe terroriste ont reçu, ou sont en train de recevoir, des passeports turcs

Ismail Haniyeh, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, (à gauche), et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan saluent les élus et soutiens du parti islamique de la Justice et du Développement d'Ergodan au parlement à Ankara, en Turquie, el 3 janvier 2012. (Crédit photo : AP)
Ismail Haniyeh, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, (à gauche), et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan saluent les élus et soutiens du parti islamique de la Justice et du Développement d'Ergodan au parlement à Ankara, en Turquie, el 3 janvier 2012. (Crédit photo : AP)

Un diplomate israélien a confirmé mercredi les informations selon lesquelles la Turquie octroie la citoyenneté à une dizaine de membres du groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Certains sont en cours, d’autres ont déjà obtenu (les documents), mais nous parlons d’une dizaine », a déclaré Roey Gilad, chargé d’affaires à l’ambassade d’Israël en Turquie, à l’agence de presse Reuters.

Selon Roey Gilad, Israël a des preuves du phénomène.

« Nous avons déjà un document dont nous présenterons une copie au gouvernement », a-t-il indiqué. « A en juger par la dernière expérience que nous avons eue en présentant un dossier bien fondé au gouvernement… et en n’obtenant aucune réponse, je dois dire que je n’ai pas de grands espoirs que quelque chose soit fait cette fois-ci ».

Le diplomate a affirmé que les membres du Hamas recevant des passeports turcs finançaient et organisaient des opérations terroristes.

Le président turc Recep Erdogan a rencontré samedi une délégation du Hamas comprenant le chef de son bureau politique Ismail Haniyeh et son numéro 2, Saleh al-Arouri – un haut commandant militaire dont l’arrestation fait l’objet d’une récompense américaine de 5 millions de dollars.

La réunion a été sévèrement condamnée par le Département d’État américain, mais le ministère turc des Affaires étrangères a rejeté les critiques, accusant Washington de « servir les intérêts d’Israël ».

Et d’ajouter : « Classer le représentant légitime du Hamas, qui est arrivé au pouvoir après avoir remporté des élections démocratiques à Gaza et qui est une réalité importante de la région, comme un terroriste ne contribuera en rien aux efforts de paix et de stabilité dans la région ».

Au début de ce mois, The Telegraph a rapporté que la Turquie était en train d’accorder la citoyenneté à des membres de haut rang du Hamas vivant sur son territoire et qui sont soupçonnés d’être impliqués dans l’organisation d’attentats terroristes.

Sur les 12 membres de haut rang de la cellule, la plupart ont déjà reçu la citoyenneté, a rapporté le quotidien britannique.

Une source haut placée a confié au journal que sept d’entre eux ont déjà reçu la citoyenneté et des passeports, tandis que le processus est en cours pour les cinq autres. Certains des membres de la cellule vivent en Turquie sous des pseudonymes. Dans certains cas, la citoyenneté a également été accordée aux familles des membres du Hamas.

Le diplomate israélien Roey Gilad lors d’un entretien avec PBS le 3 février 2015. (Capture écran/PBS)

L’un de ceux à avoir apparemment obtenu la citoyenneté est Zacharia Najib, qui aurait supervisé un complot visant à assassiner des personnalités israéliennes de haut rang, dont le commissaire de la police nationale et député Likud Nir Barkat, qui était à l’époque maire de Jérusalem. Un Palestinien de Jérusalem-Est qui avait été recruté dans ce but lors d’une réunion à Istanbul a été arrêté, après être rentré en Israël et avoir tenté d’acheter un pistolet.

Un porte-parole du gouvernement turc a refusé de commenter l’article au Telegraph, le décrivant comme une revendication sans fondement contre la Turquie par un gouvernement étranger. Un haut responsable du Hamas a démenti les informations, affirmant que les membres du groupe n’opèrent pas en dehors des territoires palestiniens et ne se livrent pas non plus à des activités terroristes.

Les citoyens turcs peuvent déjà voyager sans visa dans divers pays, et selon The Telegraph, la Turquie s’efforce d’obtenir un accès similaire aux pays de l’Union européenne.

On craint que le Hamas ne planifie des attaques contre les Israéliens en Europe, a rapporté le quotidien, et la citoyenneté turque permettrait à ses membres de voyager plus facilement.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, serre la main du chef du mouvement terroriste du Hamas, Ismaïl Haniyeh, avant leur rencontre à Istanbul, le 1er février 2020. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)

La Turquie considère le Hamas comme un mouvement politique légitime. Le pays entretient depuis longtemps des liens chaleureux avec l’organisation, lesquels se sont développés de manière plus ouverte au fur et à mesure que ceux avec Israël se sont refroidis au cours de la dernière décennie. Israël s’est plaint à Ankara de ses liens avec le Hamas, mais en vain, selon le quotidien britannique.

En décembre 2019, The Telegraph a cité des sources israéliennes disant que la Turquie permettait aux membres du Hamas de planifier des attaques depuis son sol. Des responsables israéliens ont alors déclaré au journal que la Turquie était revenue sur son engagement de 2015, négocié par les Etats-Unis, de ne pas permettre aux responsables du Hamas de planifier des attaques terroristes contre l’Etat juif depuis son territoire.

Le Hamas et le parti AKP d’Erdogan sont liés politiquement. Tous deux ont des liens idéologiques étroits avec le mouvement égyptien des Frères musulmans.

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