Un journaliste arabe israélien agressé après la mauvaise traduction d’un post
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Un journaliste arabe israélien agressé après la mauvaise traduction d’un post

Les commentaires d'Ali Mograbi de la Treizième chaîne sur l'évasion des prisonniers de Gilboa ont semblé nommer une famille de Nazareth ayant aidé à la capture des fuyards

Le journaliste de la Treizième chaîne Ali Mograbi face à un groupe de manifestants furieux aux abords de la Cour de district de Nazareth, le 11 septembre 2021. (Capture d'écran)
Le journaliste de la Treizième chaîne Ali Mograbi face à un groupe de manifestants furieux aux abords de la Cour de district de Nazareth, le 11 septembre 2021. (Capture d'écran)

Une mauvaise traduction d’un post écrit pendant le week-end par un journaliste arabe israélien au sujet de la capture de terroristes palestiniens qui s’étaient évadés, la semaine dernière, d’une prison israélienne a entraîné des menaces à son encontre et à l’encontre de sa famille, ainsi qu’un face à face tendu avec un groupe de manifestants en colère, samedi soir.

Il s’agit du journaliste Ali Mograbi, qui couvre pour la Treizième chaîne l’échappée belle des six détenus palestiniens qui se sont évadés lundi de la prison de haute-sécurité de Gilboa. Pendant le week-end, quatre des six fugitifs ont été recapturés par les forces israéliennes qui étaient à leur recherche, aidées en partie par une famille de Nazareth qui avait déclaré avoir aperçu les hommes.

Mograbi a écrit un post en arabe sur Facebook rapportant qu’une famille avait aidé à la capture de certains des prisonniers mais une mauvaise traduction faite en hébreu a laissé entendre que Mograbi avait donné le nom de la famille impliquée.

Alors qu’il se trouvait, samedi soir, aux abords de la cour du district du nord de Nazareth où quatre des prisonniers comparaissaient lors d’une audience, Mograbi a été accosté par un groupe d’Arabes israéliens. Il a été insulté et bousculé. Mograbi a expliqué avoir reçu de très nombreuses menaces, des menaces également formulées à l’encontre de sa famille, en raison de cette mauvaise traduction.

« On a diffusé le post avec une traduction de Facebook ou de Google Translate et on a cru que j’avais publié le nom de la famille », a-t-il dit devant les caméras de la Treizième chaîne dans la journée de samedi.

Il est impossible de dire pour le moment qui a été le premier à publier cette mauvaise traduction de la publication du journaliste.

Mograbi a ultérieurement écrit qu’il ne médiatiserait jamais une information susceptible de mettre des civils en danger.

« Il y a des gens qui tentent de me nuire sans raison », a-t-il écrit sur Twitter. « Jamais je ne nuirai à qui que ce soit, jamais je ne révélerai une information qui mettrait en danger qui que ce soit. »

« Je suis avant tout un être humain et, seulement après cela, un journaliste – et rien ne pourrait me pousser à agir autrement », a-t-il continué.

Mograbi a déclaré que l’incident était dû « à un malentendu entraîné par la traduction » de sa publication.

« Il y a eu un lynchage médiatique à mon encontre sur les réseaux sociaux », a-t-il dit. « J’ai reçu des insultes et des menaces qui ne sont pas justifiées – si j’avais fait une erreur, j’aurais présenté mes excuses et je l’aurais reconnu, mais ce n’est pas le cas. »

Il a précisé avoir reçu des menaces de Juifs qui pensaient qu’il avait révélé le nom de la famille.

« J’ai été attaqué de tous les côtés », a-t-il précisé.

Zakaria Zubeidi arrive pour une audience à la cour de district de Nazareth, le 11 septembre 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Quatre des six fugitifs qui se sont échappés lundi ont été capturés par les forces de sécurité israéliennes pendant le week-end.

Les deux premiers suspects – Yaquob Qadiri et Mahmoud al-Arida — ont été arrêtés dans la ville de Nazareth à majorité arabe qui se trouve dans le nord d’Israël, vendredi soir, après des informations qui ont été transmises à la police par les résidents. Les deux autres — Zakaria Zubeidi et Muhammad al-Arida — ont été appréhendés à Nazareth dans la matinée de samedi, a annoncé la police.

Les quatre hommes ont été présentés devant le tribunal du district du nord de Nazareth, samedi soir, pour leur première audience après leur capture. Ils ont été accusés par le parquet d’avoir programmé un attentat terroriste majeur suite à leur fuite, un crime pouvant être sanctionné par une peine supplémentaire de 15 ans de prison.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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