Un Palestinien accusé du meurtre de sa petite amie israélienne enceinte
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Un Palestinien accusé du meurtre de sa petite amie israélienne enceinte

Le parquet ne croit pas à la version du suspect, qui dit avoir tué Michal Halimi pour des raisons nationalistes, et l’inculpe pour un crime, et non un acte terroriste

Muhammad Harouf, un Palestinien de Naplouse, en Cisjordanie, devant la cour des magistrats de Jérusalem, le 2 août 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Muhammad Harouf, un Palestinien de Naplouse, en Cisjordanie, devant la cour des magistrats de Jérusalem, le 2 août 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les procureurs israéliens ont accusé un Palestinien de Cisjordanie du meurtre d’une Israélienne enceinte, mais ont indiqué dimanche qu’il s’agissait d’une dispute conjugale et non d’un acte à motif nationaliste.

Muhammad Harouf, de Naplouse, a été accusé du meurtre de Michal Halimi par la cour des magistrats de Tel Aviv. Halimi habitait dans l’implantation d’Adam, au nord de Jérusalem, et était enceinte de huit mois au moment de sa mort, selon les enquêteurs.

La mise en examen comprend également des chefs d’accusation pour le vol d’une voiture, conspiration en vue de commettre un crime, vente d’un véhicule volé, entrée sans permis en Israël et tentative de fraude à la carte de crédit.

La police a indiqué que Harouf et Halimi, qui avaient tous les deux 29 ans, avaient une relation romantique, ce qu’ont démenti Harouf et le mari d’Halimi.

Selon l’acte d’inculpation, Harouf travaillait en Israël sans permis et entretenait depuis un certain temps une relation avec Halimi. Elle lui avait annoncé en mai qu’elle était enceinte.

Michal Halimi. (Crédit : police israélienne)
Michal Halimi. (Crédit : police israélienne)

Le 28 mai, Harouf travaillait comme agent d’entretien et jardinier à Holon, dans la banlieue de Tel Aviv, près du parc aquatique Yamit 2000. Cet après-midi là, Halimi avait vu Harouf près de son travail, et il l’avait entraînée dans un endroit reculé du parc des dunes de sable de Holon, où il l’a étranglée pendant 15 minutes avant de jeter deux blocs de béton sur sa tête et sur son corps, selon l’acte d’inculpation.

Harouf a recouvert le corps de poussière et d’un pneu, a volé la voiture et la carte de crédit d’Halimi puis s’est dirigé vers Taybeh, en Cisjordanie.

Il a alors contacté un autre Palestinien, considéré comme suspect dans cette affaire, Atir Levisi, 20 ans, de Tulkarem, qui a dit aux enquêteurs qu’Harouf lui avait demandé de vendre la voiture pour lui. Levisi a vendu la voiture pour 2 700 shekels, et a redonné 2 500 shekels à Harouf.

Le parquet a indiqué que l’accusé avait également essayé de retirer de l’argent avec la carte de crédit volé.

Harouf, 29 ans, avait affirmé aux enquêteurs avoir tué Halimi au nom des prisonniers palestiniens détenus en Israël, et par désir de tuer des Juifs. Les Palestiniens purgeant une peine pour des actes terroristes reçoivent un paiement mensuel de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), contrairement aux autres prisonniers.

Khalil Alsana, l’avocat d’Harouf, a indiqué étudier « l’acte d’inculpation pour y répondre », a indiqué le site d’information Ynet.

La mère d’Halimi, Gita Zilberman, a démenti toute relation romantique entre sa fille et son assassin, affirmant qu’il s’agissait de « mensonges et de fausses affirmations. »

« Nous affirmons que ce meurtre a des motifs nationalistes et non romantiques », a-t-elle dit au site d’information Walla. « L’Etat ne veut pas que le meurtre de Michal soit reconnu comme un meurtre nationaliste et que la famille [de l’assassin] reçoive les paiements et les aides de l’Autorité palestinienne. »

Dans une vidéo publiée quelques heures après la publication des informations sur l’enquête, le veuf d’Halimi, Aaron, a démenti les déclarations de la police sur la liaison entre Harouf et son épouse.

Il a indiqué que sa famille porterait plainte contre la police israélienne, et que « la vérité et la justice verront le jour ».

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