Violences à Gaza : Bennett critique « l’échec politique » du gouvernement
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Violences à Gaza : Bennett critique « l’échec politique » du gouvernement

Le ministre de l’Éducation a déclaré que les "accords" du ministre de la Défense Liberman avec le Hamas "sont caducs" après les violentes manifestations de vendredi

Un manifestant palestinien jette une pierre vers les soldats israéliens pendant des affrontements le long de la frontière de Gaza, le 28 septembre 2018 (Crédit :. / AFP PHOTO / Said KHATIB)
Un manifestant palestinien jette une pierre vers les soldats israéliens pendant des affrontements le long de la frontière de Gaza, le 28 septembre 2018 (Crédit :. / AFP PHOTO / Said KHATIB)

Des ministres israéliens ont échangé des piques au cours du week-end qui a vu une flambée de la violence à la frontière avec Gaza. Naftali Bennett, le ministre de l’Education, a fustigé la politique du gouvernement à Gaza, affirmant qu’elle n’était pas assez agressive envers le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Dans un communiqué publié dimanche, le président du parti HaBayit HaYehudi a critiqué son homologue de la Défense Avidgor Liberman pour la violence continue à Gaza. Yisrael Beitenu, le parti de Liberman dans la coalition, a rapidement répondu en tournant en dérision « l’hystérie » et la « jalousie » de Bennett.

« La situation actuelle est le résultat direct des politiques de Liberman vis-à-vis de la bande de Gaza, a déclaré Bennett dans un communiqué repris dans les médias en hébreu.

« Sous couvert de ‘pragmatisme’ et de ‘responsabilité’, Liberman a soumis les résidents du sud d’Israël aux caprices du Hamas. Il est temps de dire la vérité. Les accords Liberman-Hamas sont caducs. Ce n’est pas une façon de s’occuper des politiques de Défense, tout cela ressemble plutôt à un échec politique ».

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté le long de la frontière avec Gaza. Ils ont lancé des grenades à main, des bombes, des pierres et brûlé des pneus au cours d’affrontements avec Tsahal pendant le week-end. L’armée israélienne a répondu avec du gaz lacrymogène, avec des balles réelles et par des frappes aériennes.

Samedi, Tsahal a déclaré que les manifestations de la veille étaient les pires depuis deux mois. Plus des 100 bombes et grenades artisanales ont été lancées sur les troupes israéliennes lors des émeutes, selon l’armée. Celle-ci a diffusé des images des violentes manifestations qui montrent les multiples tentatives destinées à saboter et à forcer la barrière de sécurité.

Sept Palestiniens ont été tués, dont deux enfants de 12 et 14 ans, et au moins 210 Palestiniens ont été blessés, dont un enfant de 11 ans, qui est dans un état grave, selon le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Selon ce ministère, 90 blessés ont été touchés par une balle réelle.

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett dirige une réunion du parti HaBayit HaYehudi à la Knesset le 18 juin 2018. (Miriam Alster/Flash90)

La manifestation s’inscrit dans le contexte de la rupture des négociations indirectes avec Israël au sujet d’un cessez-le-feu. En outre, il y a eu des avertissements que le groupe terroriste du Hamas se préparait à un autre conflit.

Bennett a promis de demander un réexamen de la politique du gouvernement envers Gaza lors de la prochaine rencontre du cabinet de sécurité, dont il est membre avec Liberman.

Dimanche, le parti Yisrael Beitenu de Liberman a rapidement répondu en ridiculisant « l’hystérie » et la « jalousie » de Bennett.

« Les attaques constantes du ministre de l’Education contre le ministre de la Défense semblent témoigner de son hystérie et de sa jalousie. Que Bennett se concentre sur ses échecs dans le système éducatif, et qu’il ne se mêle pas de sujets qui demandent de l’expérience, de la responsabilité et du bon sens », a déclaré son parti.

Samedi, les funérailles de sept Palestiniens tués dans les manifestations de la veille ont eu lieu à Gaza.

Le ministère de la Santé de Gaza a identifié trois des morts comme étant Nasser Mosabih, âgé de 12 ans, Mohammed al-Houm, âgé de 14 ans, et Iyad Al-Shaar, âgé de 18 ans, qui ont été tués par balles, toujours selon le ministère. Les quatre autres étaient âgés d’une vingtaine d’années.

Selon Tsahal, environ 20 000 Palestiniens ont participé aux violentes manifestations. Ils s’étaient répartis sur plusieurs endroits le long de la barrière de sécurité à Gaza.

L’aviation israélienne a mené des frappes, à deux reprises, contre des lanceurs de grenades, selon l’armée. Cette dernière a noté qu’il n’y avait pas de blessés parmi les forces israéliennes.

Des personnes endeuillées transportent le corps de Mohammed al-Houm, 14 ans, tué durant une manifestation violente à la frontière entre Israël et Gaza, au cours de ses funérailles dans le camp de réfugiés de Bureij , dans le centre de Gaza, le 29 septembre 2019 (Crédit : AFP PHOTO / Anas BABA)

L’une des frappes visait une position du Hamas, a toujours selon l’armée.

Les troupes israéliennes ont répondu avec du gaz lacrymogène et d’autres moyens de dispersion non mortels mais aussi des munitions réelles « en respect des règles de combat », selon l’armée.

Des Palestiniens ont lancé plusieurs ballons incendiaires en Israël, déclenchant au moins 16 incendies à proximité de villes israéliennes non loin de la bande de Gaza, a déclaré un porte-parole du Service des Pompiers et de Secours. Les pompiers luttaient pour éteindre les flammes.

Samedi, les Nations unies ont appelé Israël et le Hamas à limiter les violences.

« Je suis profondément attristé par les informations que sept Palestiniens, dont deux enfants, ont été tués, et des centaines d’autres blessés, par les forces israéliennes lors de manifestations dans la bande de Gaza hier (vendredi) », a déclaré le coordinateur humanitaire des Nations unies pour les territoires palestiniens, Jamie McGoldrick, dans un communiqué.

« J’en appelle à Israël, au Hamas et à tous les autres acteurs en capacité d’influencer la situation, à prendre des mesures pour éviter une aggravation de la situation et d’autres pertes de vie ».

Les émeutes ont pris de l’ampleur au cours des dernières semaines, passant d’un événement hebdomadaire à des manifestations presque chaque soir depuis que le Hamas a mis un terme aux négociations indirectes avec Israël pour obtenir un cessez-le-feu. La crise humanitaire à Gaza s’est également aggravée et les pourparlers de réconciliation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne ont rompu.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et appelle clairement à la destruction d’Israël, a augmenté le rythme des émeutes et des manifestations contre Israël. Il a même mis en place des nouvelles unités qui entretiennent, jour et nuit, les tensions le long de la frontière.

Presque chaque soir, des milliers de Gazaouis se rassemblent pour organiser des manifesations violentes au point de passage d’Eretz et ailleurs. Il s’agit d’un moyen du Hamas pour faire comprendre à Israël qu’il veut des solutions économiques aux difficultés qui frappent la bande de Gaza.

Les efforts égyptiens censés faire réconcilier le Hamas et le Fatah n’ont pas porté leurs fruits jusqu’à présent, et la possibilité d’un cessez-le feu à long temps avec Israël est point mort, a expliqué Avi Issacharoff dans son analyse de jeudi pour le Times of Israël. La situation économique a encore atteint un niveau sans précédent, alimentant la colère des Gazaouis qui se dirige vers Israël, l’AP, le Hamas et même l’Egypte.

Vendredi, le quotidien Haaretz a cité des sources sécuritaires israéliennes qui ont déclaré que le Hamas se préparait à la guerre. En effet, le groupe terroriste aurait sensiblement consolidé ses forces au cours des dernières semaines.

Cette information n’est pas nouvelle, a déclaré la source de Tsahal à Haaretz. Elle a d’ailleurs prévenu, à de nombreuses reprises, que l’on se dirigeait probablement plus vers une escalade que vers un apaisement de la situation. Pourtant, l’armée a récemment indiqué que le groupe terroriste semblait se préparer activement à un conflit limité avec Israël. C’est seulement une question de temps pour savoir quand le Hamas décidera de sa lancer dans la guerre, expliquait l’article.

Des officiels israéliens voient deux raisons principales qui conduisent le Hamas vers l’escalade militaire, a expliqué le journal. La première raison est à chercher dans l’échec des pourparlers de réconciliation avec le parti du Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui contrôle la Cisjordanie et étouffe les finances de Gaza, pour tenter de faire pression sur le Hamas pour qu’il cède le contrôle du territoire.

La deuxième raison est la crise humanitaire actuelle qui affecte l’enclave sous blocus israélo-égyptien. Cette crise humanitaire a été aggravée au cours des derniers mois par les coupes américaines des aides versées à l’AP et son financement à l’UNRWA, l’organisme onusien responsable de l’assistance aux réfugiés palestiniens, qui finance des écoles et des projets d’aide dans la bande de Gaza.

Une Palestinienne marche à côté d’un centre de santé fermé de l’UNRWA, l’agence chargée de l’aide aux réfugiés palestiniens de l’ONU, au cours d’une grève des institutions de l’URWA à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

La flambée des violences à Gaza a commencé en mars avec une série de violentes manifestations le long de la frontière qui ont été surnommées la « Marche du Retour ».

Lors des affrontements, les manifestants ont régulièrement lancé des pierres et des cocktails Molotov aux soldats israéliens. Ils ont aussi tiré à balles réelles et mené des attaques avec des bombes artisanales contre des soldats de Tsahal. Les terroristes ont aussi tenté, à de nombreuses reprises, de franchir la frontière avec Israël.

Des manifestants de Gaza ont aussi lancé des cerfs-volants et des ballons incendiaires en Israël, déclenchant des feux qui ont détruit des forêts, brûlé des récoltes et tué du bétail. De larges étendues de terre ont été brûlées, entraînant des dégâts estimés à des millions de shekels, selon des officiels israéliens. Quelques ballons ont même transporté des engins explosifs improvisés.

Les tirs israéliens ont tué au moins 140 Palestiniens lors de manifestations depuis la fin mars, selon des chiffres de l’AP. Le Hamas a reconnu que de dizaines des victimes étaient des membres de l’organisation terroriste.

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