Zandberg: Le rapport de l’ONU montre qu’Israël doit lancer l’urgence climatique
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Zandberg: Le rapport de l’ONU montre qu’Israël doit lancer l’urgence climatique

Les conclusions du rapport sur le réchauffement climatique doivent servir de "signal d'alarme" pour tout le monde, affirme la ministre de l'Environnement

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Tamar Zandberg, nouvellement nommée ministre de la Protection de l'environnement, lors d'une cérémonie de passation de pouvoirs au ministère de la Protection de l'environnement à Jérusalem, le 15 juin 2021.(Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Tamar Zandberg, nouvellement nommée ministre de la Protection de l'environnement, lors d'une cérémonie de passation de pouvoirs au ministère de la Protection de l'environnement à Jérusalem, le 15 juin 2021.(Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La ministre de la Protection de l’environnement Tamar Zandberg a déclaré lundi que le nouveau rapport de l’ONU sur le réchauffement climatique, qui comprend des avertissements catastrophiques sur l’état de la planète, a démontré qu’Israël doit déclarer le changement climatique comme une « menace stratégique » afin de se préparer correctement aux défis qu’il pose au pays.

« Les principaux points du rapport prouvent sans l’ombre d’un doute que l’intensité et l’urgence de la crise climatique ne peuvent plus être niées et, plus important encore, que le lien entre les actions humaines et le changement climatique ne peut être nié ou remis en question », a déclaré Mme Zandberg dans une déclaration publiée peu après la sortie du rapport.

« Ce lien peut désormais être mesuré à l’aide d’outils scientifiques de pointe, et cela devrait constituer un signal d’alarme pour le monde entier », a-t-elle ajouté.

Selon le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies, le climat de la Terre se réchauffe tellement que, dans une dizaine d’années, les températures dépasseront probablement le niveau de réchauffement que les dirigeants mondiaux ont cherché à empêcher.

Le rapport de plus de 3 000 pages rédigé par 234 scientifiques indique que le réchauffement accélère déjà l’élévation du niveau de la mer, la diminution des glaces et l’aggravation des phénomènes extrêmes tels que les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations et les tempêtes. Les cyclones tropicaux deviennent plus forts et plus humides, tandis que la glace de la mer arctique diminue en été et que le permafrost dégèle. Toutes ces tendances vont s’aggraver, selon le rapport.

Mme Zandberg a déclaré qu’Israël, depuis que le gouvernement a prêté serment il y a deux mois, « a commencé à prendre des mesures indispensables, mais nous devons considérablement accélérer notre rythme d’action et de préparation. »

« À cette fin, il est nécessaire de déclarer une urgence climatique et de définir la crise climatique comme une menace stratégique et d’en déduire les actions préparatoires nécessaires », a-t-elle déclaré.

Le mois dernier, dans une lettre adressée au Premier ministre Naftali Bennett, Mme Zandberg avait déjà exhorté le gouvernement à déclarer la crise climatique comme une menace stratégique et avait prévenu que les températures en Israël étaient en passe d’augmenter de quatre degrés d’ici 2050 par rapport à 1950.

Des Israéliens participent à une marche de protestation pour exiger une action immédiate sur le changement climatique, à Tel Aviv, 29 mars 2019. La pancarte indique : ‘Quel vert voyez-vous ?’ (Crédits : Adam Shuldman/Flash90)

Le ministère de la Protection de l’environnement a déclaré lundi que le rapport doit être un « signal d’alarme » pour le gouvernement israélien.

« Il est temps d’agir et vite – pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’une part et pour mieux se préparer aux effets inévitables du changement climatique d’autre part », a déclaré le ministère dans un communiqué à côté des commentaires de Mme Zandberg.

Le budget d’État de deux ans approuvé par les ministres la semaine dernière comprend pour la première fois une allocation spéciale de 625 millions de shekels (près de 195 millions de dollars) pour lutter contre le changement climatique.

L’argent, qui sera alloué sur deux ans pour aider à financer un programme quinquennal, permettra au ministère de la protection de l’environnement de faire progresser les initiatives en matière d’énergies renouvelables, de transport vert et d’air pur, d’aider les autorités locales à créer des programmes pour faire face au changement climatique et d’investir dans la recherche environnementale et les nouvelles technologies, entre autres choses, selon un communiqué du ministère.

Des villages bédouins non reconnus autour de la zone industrielle de Ramat Hovav, dans le sud d’Israël, souffrent d’un niveau élevé de pollution atmosphérique provenant des bassins d’évaporation chéniques voisins et d’une centrale électrique d’Israel Electric Corporation. Le 28 décembre 2017. (Crédits : Yaniv Nadav/FLASH90)

D’autres ministères, tels que ceux de l’énergie, des transports, de l’économie et de l’éducation, ainsi que l’Autorité foncière israélienne, recevront également des sommes non encore divulguées pour les aider à mettre en œuvre un plan gouvernemental pluriannuel de réduction des émissions liées au réchauffement climatique qui sera présenté dans les semaines à venir.

L’ensemble de ce financement sera utilisé pour atteindre les objectifs actualisés de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’Israël soumis la semaine dernière à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Ces objectifs engagent l’État à réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) de 27 % d’ici à 2030 et de 85 % d’ici à 2050, par rapport à 2015.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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