La police a arrêté le chef d’un groupe extrémiste juif dans la matinée de dimanche, le soupçonnant d’avoir menacé des Arabes entretenant des relations amoureuses avec des femmes juives.

Le chef du mouvement Lehava Bentzi Gopstein et 14 autres membres du groupe anti-assimilation ont été arrêtés à leurs domiciles à travers tout Israël et la Cisjordanie, a dit la police.

Ils vont être interrogés et la police a fait savoir qu’elle déciderait quels suspects seraient ultérieurement présentés devant le tribunal pour être placés en détention préventive.

La police a annoncé que ces arrestations ont eu lieu après « une enquête sous-couverture et complexe » au sein du groupe, enquête diligentée après un certain nombre d’exemples récents d’agression et de harcèlement d’hommes arabes à Jérusalem et les initiatives prises par le groupe pour « élargir ses activités ».

Une porte-parole de la police israélienne a indiqué que les arrestations de dimanche avaient pour objectif de « mettre un terme au phénomène » des agressions contre les Arabes et de « prévenir la radicalisation des membres du groupe pour empêcher ces derniers de nuire à autrui sur la base d’un nationalisme raciste ».

« La police israélienne agira partout où des criminels veulent faire justice eux-mêmes », a-t-elle ajouté.

L’avocat de Gopstein Itamar Ben Gvir a estimé que l’arrestation de son client était due à des « extrémistes de gauche » et à des « Juifs réformés » qui auraient fait pression sur les forces de l’ordre.

Benzi Gopstein, au centre, Michael Ben-Ari, à gauche, et Itamar Ben Gvir devant le mont du Temple de la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 octobre 2014. (CRédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Benzi Gopstein, au centre, Michael Ben-Ari, à gauche, et Itamar Ben Gvir devant le mont du Temple de la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 octobre 2014. (CRédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il est inconcevable que dans le cadre de ces pressions exercées par les extrémistes de gauche, la police agisse sur leur commandement en s’alignant et en appréhendant des activistes de Lehava lors d’une arrestation ostentatoire et sans même s’inquiéter de les convoquer préalablement pour un interrogatoire », a dit Ben Gvir.

Il a également noté que l’arrestation de ses clients survenait deux semaines avant que la police ne doive répondre à une requête appelant à ce que Gopstein soit traduit en justice pour répondre d’incitations au racisme et à la violence et qui demandait également à ce que Lehava soit considérée comme une organisation criminelle.

Gopstein a déjà été arrêté à plusieurs reprises. Des enquêtes avaient été lancées sur des déclarations qu’il avait faites sur les non-Juifs, notamment dans un article où il avait qualifié de « suceurs de sang » les chrétiens vivant en Israël.

Il avait été également arrêté dans le passé après que des membres de son groupe ont tenté d’incendier une école juive arabe à Jérusalem au mois de novembre 2016. Gopstein n’avait finalement pas été inculpé dans ce dossier mais trois membres de Lehava avaient été condamnés.

Des jeunes de l'association Lehava avec des pancartes sur lesquelles on peut lire "L'assimilation est un Holocauste" devant un mariage judéo-musulman près de Tel Aviv, le 17 août 2014. (Crédit : Flash90)

Des jeunes de l’association Lehava avec des pancartes sur lesquelles on peut lire « L’assimilation est un Holocauste » devant un mariage judéo-musulman près de Tel Aviv, le 17 août 2014. (Crédit : Flash90)

Son organisation s’oppose aux mariages mixtes et à l’assimilation des Juifs et s’efforce d’étouffer toute activité publique menée par des non-Juifs en Israël.

Lehava, que certains députés ont tenté de faire entrer dans la catégorie des organisations terroristes, a fréquemment appelé à passer à l’action contre les non-Juifs et les homosexuels pour « sauver les filles d’Israël », comme l’avait dit Gopstein.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.