Des Israéliens-Ethiopiens, et leurs partisans, ont organisé un grand rassemblement à Tel Aviv ce dimanche après-midi, pour protester contre le racisme institutionnel présumé et la brutalité policière raciste, et en bloquant une autoroute dans le centre de la ville.

Cette manifestation a été organisée trois jours après un rassemblement similaire à Jérusalem.

La large diffusion dans la presse israélienne d’une vidéo montrant deux policiers en train de frapper un soldat d’origine éthiopienne en uniforme militaire a suscité la colère de cette communauté.

Le rassemblement de Jérusalem avait dégénéré en affrontements entre manifestants et force de l’ordre, au cours desquels 3 policiers et 10 manifestants avaient été blessés.

Le rassemblement de dimanche a débuté depuis l’emblématique Centre Azrieli de Tel Aviv, à 15 heures. Il a été suivi par une marche vers l’autoroute très empruntée d’Ayalon, où les manifestants ont bloqué l’artère principale nord-sud de la ville.

Le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, a déclaré que la manifestation de dimanche était dans sa grande partie pacifique, même si la police a procédé à quelques arrestations, comme l’ont rapporté les médias. Les manifestants ont scandé « La place des policiers violents est en prison ».

Des pancartes etaient brandies sur lesquelles on pouvait lire « Un policier violent devrait être en prison » ou « Nous demandons l’égalité des droits ».

Certains des manifestants ont défilé les mains levées, poignets croisés, simulant des menottes

Les médias ont évoqué le chiffre de plusieurs milliers de participants.

Les manifestants étaient attendus place Rabin.

La députée Stav Shaffir, de l’Union Sioniste et l’ancienne députée de Yesh Atid, Pnina Tamano-Shata, (la première femme née en Ethiopie élue à la Knesset) étaient présents au rassemblement.

« La jeune génération qui a grandi en Israël est exigeante sur l’égalité des chances, et à juste titre, » a déclaré Tamano-Shata sur les ondes de la radio de l’armée. « Elle en a assez d’être l’objet de discriminations depuis son plus jeune âge ».

« Nous voulons montrer aux gens que le racisme, ce n’est pas la routine. Voilà pourquoi nous allons perturber leurs routines, pour leur faire comprendre cela, » a affirmé l’activiste Inbar Bolgleh sur la Deuxième chaîne peu avant l’événement.

« Nous sommes des Israéliens, comme les autres. Une grande partie des immigrants éthiopiens sont des gens qui sont nés ici et ils méritent leurs droits » a déclaré un autre militant, Spiano Malko, repris sur le site d’actualités Ynet.

Alors que le rassemblement commençait, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publié un communiqué affirmant qu’il rencontrerait lundi Damas Pakada, le soldat d’origine éthiopienne battu dans la vidéo, ainsi que d’autres représentants de la communauté éthiopienne.

Plus de 120 000 juifs d’origine éthiopienne vivent en Israël. Ils descendent de communautés restées coupées des autres Juifs pendant des siècles, que les autorités religieuses d’Israël ont tardivement reconnues comme membres de la foi juive.

Cette décision a entraîné l’organisation de deux ponts aériens, en 1984 et 1991, et l’émigration de 80 000 d’entre eux vers Israël.

Ils ont dû franchir un énorme fossé culturel et ont connu une intégration difficile dans la société israélienne.