Affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes ; au moins 1 mort et 250 blessés
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Affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes ; au moins 1 mort et 250 blessés

Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés autour de la mosquée Al-Aqsa, en Cisjordanie, et à Gaza ; Un général israélien appelle les Palestiniens à ne pas écouter les incitations à la violence des extrémistes

  • Un manifestant masqué palestinien lors d'affrontements avec les troupes israéliennes près d'un point de contrôle israélien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
    Un manifestant masqué palestinien lors d'affrontements avec les troupes israéliennes près d'un point de contrôle israélien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
  • Un manifestant masqué palestinien lors d'affrontements avec les troupes israéliennes près d'un point de contrôle israélien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
    Un manifestant masqué palestinien lors d'affrontements avec les troupes israéliennes près d'un point de contrôle israélien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
  • Des émeutiers palestiniens jettent des pierres sur les troupes israéliennes à un point de contrôle israélien près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
    Des émeutiers palestiniens jettent des pierres sur les troupes israéliennes à un point de contrôle israélien près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
  • Les fidèles musulmans palestiniens scandent des slogans pendant la prière du vendredi devant le Dôme du Rocher à proximité du complexe de la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 8 décembre 2017 (Crédit :  AFP PHOTO / Ahmad GHARABLI)
    Les fidèles musulmans palestiniens scandent des slogans pendant la prière du vendredi devant le Dôme du Rocher à proximité du complexe de la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Ahmad GHARABLI)

Ce sont 3 000 Palestiniens, selon les estimations, qui ont manifesté et affronté vendredi les forces de sécurité israéliennes sur environ 30 sites différents en Cisjordanie et dans la bande de Gaza après les prières du milieu de la journée, dans une démonstration de colère suite à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Le ministère de la Santé palestinien a indiqué vendredi qu’un deuxième Gazaoui était mort dans les échauffourées qui ont éclaté entre les forces israéliennes et des manifestants le long de la frontière du territoire avec Israël – avant de se rétracter, bien que son état soit grave.

Le ministère de la Santé a alors indiqué que l’homme, atteint d’une balle dans la tête, était toujours en vie, bien que dans un état désespéré. Son porte-parole Ashraf al-Qudra a expliqué que le jeune Palestinien, dont le coeur avait cessé de battre, avait été déclaré mort mais que les médecins étaient parvenus à le ranimer à l’hôpital.

Cet incident serait survenu durant des affrontements à l’est de Khan Younis.

Le ministère n’a pas fait part de son identité.

Un peu avant, le ministère avait indiqué que Mohammed al-Masri, 30 ans, avait été tué, touché par une balle réelle au même endroit.

A Gaza, des milliers de personnes sont descendues dans les rues et ont défilé pour dénoncer la proclamation du président américain Donald Trump, à Jabalia et à Beit Lahia. Le ministère de la Santé palestinien a signalé que le premier mort, Mohammad al-Masri a été tué lors des affrontements à la frontière, à l’est de Khan Younis.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, deux ont été grièvement touchés, l’un par une balle en caoutchouc et l’autre par une balle réelle. Le Comité international de la Croix-Rouge a pris en charge quinze blessés, touchés par des balles en caoutchouc ou des gaz lacrymogènes.

L’armée a indiqué dans un communiqué que durant la confrontation le long de la clôture frontalière, les soldats « ont ouvert le feu de manière sélective sur deux des meneurs principaux », confirmant les avoir touchés.

Une intense et brève empoignade a par ailleurs impliqué plusieurs dizaines d’émeutiers palestiniens et une cinquantaine de policiers israéliens dans les rues de la Vieille Ville de Jérusalem, faisant voler en éclats des vitrines alentour, a constaté un photographe de l’AFP. Les policiers ont battu et matraqué les manifestants pour les repousser dans les rues adjacentes.

A Jérusalem et en Cisjordanie, les confrontations étaient limitées en milieu de journée.

A Hébron, Bethléem, Jéricho et près de Naplouse, les forces israéliennes ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes aux jets de pierres de jeunes émeutiers palestiniens, le visage dissimulé par un foulard pour nombre d’entre eux, selon des journalistes de l’AFP et des témoins.

A Hébron, des centaines de manifestants disséminés en plusieurs points de la ville ont lancé des pierres sur des soldats.

Des milliers de fidèles palestiniens se sont également rassemblés autour de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, un lieu saint sensible de la ville.

Selon le Croissant rouge, 245 personnes ontt été blessés au cours d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem. Onze d’entre eux ont été touchés par des tirs réels, 45 autres par des balles en caoutchouc. 162 personnes souffrent d’inhalation de gaz lacrymogène, et 3 ont été battus.

Par ailleurs, des milliers d’Arabes israéliens de la ville septentrionale d’Umm al-Fahm se sont mobilisés pour protester contre la décision de Trump de faire de Jérusalem la capitale officielle d’Israël.

Lors d’un évènement organisé par The Higher Arab Monitoring Committee, des manifestants ont brandi des panneaux sur lesquels on pouvait lire « al-Quds est la capitale de la Palestine », et « À bas Trump ».

Le député Yousef Jabareen a déclaré que la position adoptée par les États-Unis sur Jérusalem était un crachat au visage de la communauté internationale : « Nous n’avons jamais rien attendu des États-Unis, mais cette semaine, Trump a classé son pays parmi ceux qui travaillent contre les efforts de paix, contre le monde entier. »

La journée de vendredi, marquée par la grande prière hebdomadaire des musulmans, s’annonce comme un baromètre de la colère palestinienne contre la décision annoncée mercredi par Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Un général israélien appelle les Palestiniens à ne pas écouter les incitations à la violence des extrémistes

Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), le major-général Yoav (Poly) Mordechai, a vivement recommandé vendredi aux Palestiniens d’empêcher les extrémistes d’inciter à la violence en Cisjordanie et à Gaza.

Dans un post publié sur Facebook, le général de l’armée israélienne a demandé : « N’écoutez pas les extrémistes qui, dans leur appel à la violence, ne font rien d’autre que vous nuire ».

« Les extrémistes veulent inciter à descendre dans la rue avec des mensonges et des distorsions parce qu’ils disent qu’il s’agit d’une guerre religieuse », a écrit Mordechai. « En fin de compte, une réalité violente ne fera que nuire au peuple palestinien auquel on ment sur la nature religieuse du conflit et la préservation des lieux saints ».

Mordechai a souligné que le changement de la politique américaine sur Jérusalem ne modifie pas le statu-quo mis en vigueur dans les lieux saints et que tous les passages frontaliers en Cisjordanie et à Gaza sont ouverts comme d’habitude.

Le coordinateur du ministère de la Défense aux activités gouvernementales dans les territoires, le général de division Yoav Mordechai, avertit le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien de ne pas attaquer Israël dans une vidéo du 11 novembre 2017 (Capture d’écran : /YouTube)

Le président russe Vladimir Poutine se rendra lundi à Ankara pour des entretiens avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan axés sur Jérusalem et la Syrie, a annoncé vendredi la présidence turque.

Cette visite surviendra d’une part alors que l’armée russe a affirmé jeudi que le territoire syrien avait été « totalement libéré » du groupe Etat islamique, d’autre part dans un contexte de vives tensions dans la région après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump.

Les Etats-Unis ne déménageront « probablement » pas leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem avant au moins deux ans, a déclaré vendredi le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson.

« Ce n’est pas quelque chose qui va arriver cette année ni même probablement l’année prochaine, mais le président (Donald Trump) veut que nous avancions de façon très concrète et très résolue », a-t-il déclaré à l’issue d’une rencontre avec son homologue français Jean-Yves Le Drian à Paris.

Un rendez-vous diplomatique important est attendu à New York avec une réunion en urgence du conseil de sécurité de l’ONU au cours de laquelle les Etats-Unis risquent d’être confrontés à la réprobation du reste de la communauté internationale.

A Istanbul, plusieurs milliers de personnes ont défilé après la prière en brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes proclamant « Jérusalem est notre honneur » ou « A bas l’Amérique, à bas Israël », a constaté une journaliste de l’AFP.

Plus d’un millier de personnes se sont réunies devant la principale mosquée de Kaboul, munies d’affiches clamant « Jérusalem est Palestinienne », selon un photographe de l’AFP.

La communauté internationale craint que M. Trump n’ait ouvert la boîte de Pandore tant Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, constitue un sujet passionnel.

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s’est alarmée d’un retour « à des temps encore plus sombres ». Même le grand allié saoudien des Etats-Unis a parlé d’acte « irresponsable ».

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