Le rabbin Michel Serfaty et l’imam Mohammed Azizi circulent depuis une décennie dans un bus très coloré : celui de l’Amitié judéo-musulmane de France (AJMF).

Sur le véhicule, on peut lire les inscriptions : « On se ressemble plus qu’il ne semble » ; « juifs et musulmans, nous préférons le mouton à la voiture bélier ».

« L’idée est de montrer ce qui nous rapproche plus que ce qui nous sépare », affirment les deux hommes qui vont ensemble à la rencontre des passants, des commerçants mais aussi des représentants religieux, rapporte LCI.

En plus du porte à porte, l’association organise des ateliers, des expositions ou encore des débats au sein des écoles publiques.

Si on aborde des sujets politiques comme le conflit israélo-palestinien, Michel Serfaty, même s’il botte un peu en touche, préfère répandre des messages positifs.

« Qu’est-ce que t’en as à foutre de ce qui se passe là-bas ? Faisons l’humour et vivons ensemble au lieu de faire la guerre. »

Après les attentats de janvier, le rabbin s’est même rendu dans les mosquées dites « radicales » de Sainte-Geneviève-des-Bois, de Corbeil-Essonnes et de Vigneux-sur Seine, dans l’Essonne.

Pour Michel Serfaty « les esprits ont été secoués, mais l’événement est oublié. Il n’est resté présent que dans la mémoire des Juifs qui, eux, sont sensibles à la catastrophe ».

L’imam Mohammed Azizi préfère rester prudent sur ce sujet. « Les choses ont changé depuis Charlie Hebdo. Il y a une certaine compréhension des uns et une méfiance des autres. Ces attentats ont mis en exergue l’ensemble de la communauté musulmane. »

Mais dans ce duo pourfendeur des préjugés et du pessimisme, Mohammed Azizi confie se sentir très proche de la communauté juive.

« Je suis le plus juif des musulmans. Notre principale préoccupation, c’est le bien vivre ensemble. Le bien vivre ensemble des cultures, des communautés et des religions. Nous voulons apporter notre pierre à cet édifice. »