Après avoir déclenché la colère d’Israël, l’UNESCO appelle au “respect et au dialogue”
Rechercher

Après avoir déclenché la colère d’Israël, l’UNESCO appelle au “respect et au dialogue”

La chef de l’institution culturelle de l’ONU dit que Jérusalem est sacrée pour les trois religions après l’adoption d’une résolution ignorant les liens juifs au mont du Temple

Des Palestiniennes devant le Dôme du Rocher dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem avant la prière du vendredi, le 23 octobre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)
Des Palestiniennes devant le Dôme du Rocher dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem avant la prière du vendredi, le 23 octobre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)

L’institution culturelle de l’ONU a cherché lundi à apaiser la colère après une résolution sur l’explosif lieu saint de Jérusalem, où Israël a accusé l’UNESCO de chercher à « réécrire l’Histoire » après son omission de tout lien historique juif à la zone.

La chef de l’UNESCO, Irina Bokova, a appelé au « respect et au dialogue » en ce qui concerne le complexe de la mosquée Al-Aqsa, ou mont du Temple, révéré à la fois par les juifs et les musulmans.

« Jérusalem est une Terre Sainte des trois religions monothéistes, un endroit de dialogue pour tous les peuples – juif, chrétien et musulman. Rien de devrait être entrepris pour altérer son intégrité et son authenticité », a déclaré Bokova dans un communiqué.

« Seul le respect et le dialogue peuvent construire la confiance dont nous avons besoin pour avancer. »

Le conseil exécutif de l’UNESCO a adopté jeudi une résolution sur la « Palestine occupée » présentée par plusieurs pays arabes.

La résolution a scandalisé Israël, à qui il est fait plusieurs fois référence sous le terme de « puissance occupante », tout en indiquant le lieu saint uniquement par son nom arabe. Le texte utilise le terme de mur Occidental mais entre guillemets, après son équivalent arabe Al-Buraq.

Prière des Kohanim au mur Occidental à Jérusalem, le 30 septembre 2015 (Crédit : Flash 90)
Prière des Kohanim au mur Occidental à Jérusalem, le 30 septembre 2015 (Crédit : Flash 90)

La résolution critique Israël pour les « fouilles et travaux » entrepris à Jérusalem Est, et l’exhorte à cesser les « agressions et les mesures illégales contre la liberté de culte et l’accès des musulmans » à leur lieu saint.

La résolution accuse également Israël d’« implanter de fausses tombes juives dans des cimetières musulmans » et de « la conversion incessante de beaucoup de ruines islamiques et byzantines en soi-disant bains rituels juifs ou lieux de prières juifs ».

Elle critique également le projet récemment approuvé de construire une zone de prière égalitaire près de l’arche de Robinson, au mur Occidental.

« C’est encore une autre décision absurde de l’ONU », a déclaré samedi le Premier ministre Benjamin Netanyahu. « L’UNESCO ignore la connexion historique unique du judaïsme au mont du Temple, où les deux Temples se sont élevés pendant mille ans et pour qui chaque juif dans le monde a prié pendant des milliers d’années. L’ONU réécrit un morceau fondamental de l’histoire humaine et a encore une fois montré qu’elle n’avait pas de limite à son abaissement. »

Les juifs considèrent le complexe, autrefois l’emplacement des Temples, comme le site le plus saint du judaïsme. Les musulmans le voient comme le troisième site saint de l’islam, qui accueille aujourd’hui la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher.

Bien que les visiteurs juifs soient autorisés à entrer sur le site, la prière juive y est interdite dans le cadre des accords institués par Israël quand il a conquis la zone à la Jordanie pendant la guerre de 1967.

Le site a été le pont central des violences entre Israël et les territoires palestiniens – dont des douzaines d’attaques au couteau de Palestiniens contre des Israéliens – ces derniers mois, pendant des affirmations par les dirigeants palestiniens qu’Israël prévoyait de changer le statu quo sur le mont du Temple. Israël a catégoriquement démenti ces accusations.

D’autres condamnations d’Israël ont été proposées dans la résolution, notamment sur le blocus de la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, par l’Etat juif, qui a eu lieu après l’éviction du pouvoir dans l’enclave par l’organisation terroriste de l’Autorité palestinienne ; ainsi que sur le contrôle d’Israël du Tombeau des Patriarches à Hébron et de la Tombe de Rachel à Bethléem.

La résolution de l’UNESCO, autorisée par le conseil exécutif de la commission des relations extérieures, a été soumise par l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan.

La résolution a été approuvée par 33 états, dont la France, la Russie, l’Espagne et la Suède. Dix-sept pays se sont abstenus et six ont voté contre : les Etats-Unis, l’Estonie, l’Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Le Ghana et le Turkménistan étaient tous deux absents du vote du conseil de 58 membres.

En octobre dernier, l’UNESCO avait abandonné une tentative palestinienne largement critiquée de déclarer que le mur Occidental est un lieu saint musulman mais avait voté une résolution condamnant les fouilles archéologiques israéliennes près du mont du Temple et dans le reste de la Vieille Ville.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...